Steeve Guy a été coordonnateur de la CAVP pendant quatre ans.

Steeve Guy quitte la CAVP

Le coordonnateur de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Steeve Guy, a quitté ses fonctions il y a quelques jours, afin de relever de nouveaux défis professionnels.
Depuis quatre ans, M. Guy assurait la liaison entre les victimes de la pyrrhotite et la CAVP et répondait à leurs besoins en lien avec ce problème.
«C'est triste», confie le vice-président de la CAVP, Michel Lemay. «C'était un bon employé et un bon ami. Son humanisme et son professionnalisme ont fait de lui un collaborateur de premier plan pour les victimes de la pyrrhotite et un employé fort apprécié par la Coalition», ajoute-t-il.
Malgré le départ d'un employé aussi dévoué au sein de son équipe, la CAVP continue ses activités et les coordonnées pour rejoindre l'organisme demeurent les mêmes, soit le 819 448-0500 ou par courriel à coalition@cavp.info. Un membre du conseil d'administration assure la transition temporairement.
Le conseil d'administration s'est réuni la semaine dernière afin d'analyser quel sera le mandat du futur coordonnateur, si elle en embauche un. M. Guy était présent. «Il faut réévaluer les enjeux», explique M. Lemay.
C'est que les besoins ne sont plus tout à fait les mêmes qu'il y a huit ans et les urgences ont changé, explique-t-il. Le CA entend donc réévaluer les meilleures façons de continuer à aider les victimes.
Le travail de coordonnateur de Steeve Guy était à la mesure du problème de la pyrrhotite dans la région .
En 2015, deux ans après son arrivée en poste, alors que les heures supplémentaires se multipliaient pour M. Guy, ce dernier avait confié au Nouvelliste que ce n'était pas l'ampleur du travail qui l'affectait autant que l'aide psychologique qu'il devait dispenser bien malgré lui aux victimes puisque ces dernières lui faisaient souvent part des lourds problèmes qui découlaient de la pyrrhotite. Dans certains cas, le coordonnateur avait même senti l'obligation morale de laisser son numéro de téléphone à certaines victimes pour qu'elles puissent le joindre en tout temps. C'est tout dire.
C'est donc à une crise humanitaire unique en son genre qu'a dû faire face M. Guy au cours des quatre années de son mandat, crise à laquelle ont aussi été confrontés les bénévoles comme Yvon Boivin, l'ancien président de la CAVP, qui avait éclaté en sanglots devant les médias alors que l'aide aux victimes n'arrivait pas malgré les nombreux efforts déployés.
Le président actuel, Alain Gélinas, et son vice-président, Michel Lemay, ne sont pas en reste eux non plus, puisque pour ces travailleurs à plein temps, les heures de bénévolat sont longues aussi. Il reste en effet plusieurs défis à relever, un des plus importants étant de faire changer au plus vite la norme canadienne sur la teneur en pyrrhotite dans les ouvrages de béton. À ce chapitre, malgré les demandes insistantes de la Coalition, le train semble figé à la gare.
Le travail auprès des victimes de la pyrrhotite peut aussi être frustrant, par moment. Au printemps, par exemple, la Coalition a contacté un grand nombre de victimes afin de leur demander de simples échantillons du béton défectueux de leurs fondations, et ce, sans frais et sans démarches pour eux, afin de procéder à certaines analyses qui auraient pu permettre de faire avancer la science. La Coalition s'est heurtée à des refus systématiques, peut-être par écoeurantite aiguë de la part des victimes face à leur situation. «C'est décevant. On ne nous retourne pas l'ascenseur», fait valoir M. Lemay.
Plusieurs personnes refusent aussi de faire le test de pyrrhotite même si leur maison a été construite entre 1996 et 2008. Or, il est important pour la CAVP de connaître le nombre précis de victimes pour être en mesure de demander une aide financière suffisante au gouvernement. On parle généralement de 4000 victimes, mais la Coalition a récemment trouvé des informations selon lesquelles pas moins de 8000 maisons ont été construites pendant cette période dans la région. C'est potentiellement peut-être deux fois plus de victimes.
En 2015, c'est la campagne des carrés gris qui n'avait pas levé. La Coalition s'attendait à une solidarité régionale et que de nombreux citoyens portent le carré gris sur leur chemise, à la fois pour financer la CAVP, mais surtout en soutien aux victimes. Or, le désintérêt flagrant du public avait failli planter un clou dans le cercueil de l'organisme. C'est la marche de solidarité qui aura sauvé la mise, quelque temps plus tard.
De son côté, Steeve Guy redevient agent de livraison pour les programmes de la Société d'habitation du Québec, un travail qu'il occupait avant la CAVP.