Une odeur de fumée se dégageait toujours des décombres de l’incendie de la Station plein-air Val-Mauricie samedi. C’est maintenant la Sûreté du Québec qui est responsable de l’enquête.

Station Val-Mauricie: un incendie criminel?

SHAWINIGAN — «Des éléments nous laissent douter que cet incendie pourrait ne pas être de nature accidentelle ou électrique», affirme François Lelièvre, directeur du service incendie.

Vendredi en soirée, les pompiers de Shawinigan ont procédé aux premières analyses du site et du foyer d’incendie qui a ravagé la Station plein air Val-Mauricie. Ils ont constaté des éléments qui laissent présager que le feu pourrait être d’origine criminelle.

Le feu a débuté à l’arrière de l’édifice, s’est propagé de manière fulgurante en embrasant rapidement le second étage. De plus, la probabilité que cela soit lié aux installations électriques a été écartée.

François St-Onge, directeur des communications de la ville de Shawinigan, explique que le dossier a été transféré à la Sûreté du Québec. «Normalement, si nous trouvons rapidement la cause d’un incendie, nous réglons le dossier. Par contre, dans la présente situation nous avons des doutes et c’est pourquoi nous avons référé l’enquête à la Sûreté du Québec», confit M. St-Onge.

D’ailleurs, il s’agit du second incendie touchant un édifice appartenant à la ville à se produire sur le territoire de Shawinigan dans un délai de deux semaines. Le 3 mai dernier, l’entrepôt du garage municipal situé sur la rue Jean-Duchesne a été complètement détruit par les flammes. M. St-Onge assure cependant que les causes de ce premier incendie n’étaient aucunement criminelles.

Des décisions à prendre
«Nous allons faire le bilan et l’inventaire des pertes dès lundi. Nous allons analyser la situation et prendre des décisions, assure M. St-Onge.

Est-ce que la Station plein air Val-Mauricie sera reconstruite? Il est encore trop tôt pour le savoir. Cependant, Marie-Louise Tardif, présidente-directrice générale du Parc de l’île Melville et responsable de la Station plein air Val-Mauricie, l’espère bien. «En tant qu’organisme à but non lucratif responsable de la gestion du site, nous espérons fortement que la Ville va arriver à la même conclusion que nous, c’est-à-dire qu’il est important de reconstruire. Je leur ai envoyé un message samedi matin pour leur offrir mes services pour superviser les travaux de reconstruction. Au Parc de l’île Melville, c’est nous qui assurons les améliorations et les travaux sur les différents bâtiments», souligne Mme Tardif.

La saison 2018-2019 compromise?
«J’ose rêver que peut-être nous aurons une nouvelle station pour le début de la saison hivernale. Je sais cependant que sur le plan municipal, les travaux qui dépassent les 100 000 $ nécessitent beaucoup d’étapes et d’approbations. J’espère simplement que nous arriverons à ouvrir cet hiver», confit Mme Tardif. Elle ajoute que plusieurs dizaines d’écoles ont déjà réservé leur place pour la prochaine saison. «Ce serait vraiment dommage de ne pas pouvoir répondre à la demande et offrir ces activités aux jeunes. Nous sommes un endroit très prisé en raison des coûts peu élevés de nos services», précise-t-elle.

Le camp de jour
Pour ce qui est du camp de jour, plusieurs options s’offrent à la Ville. Il y a notamment la possibilité de relocaliser les jeunes dans les autres camps de jour qui ont lieu sur le territoire de Shawinigan ou encore au Parc de l’île Melville.

«Une chose est certaine, les administrateurs de la ville de Shawinigan auront plusieurs décisions à prendre au cours des prochains jours», conclut Mme Tardif.