Près d’une centaine de personnes faisaient la file, jeudi avant-midi, dans les minutes qui ont précédé l’ouverture de la SQDC de Trois-Rivières.

SQDC: toujours un engouement malgré le froid

TROIS-RIVIÈRES — Malgré le temps glacial, ils étaient une centaine de courageux à faire la file, un peu avant 10 heures jeudi, afin d’entrer dans la succursale de la Société québécoise du cannabis de Trois-Rivières.

Comme c’est le cas depuis quelques semaines, les magasins de la société d’État étaient fermés lundi, mardi et mercredi en raison des problèmes d’approvisionnement. C’est d’ailleurs pour s’assurer de mettre la main sur les produits qu’ils désirent que certains clients n’ont pas hésité à attendre de longues minutes à l’extérieur du commerce situé à l’intersection des boulevards des Récollets et des Forges. C’est notamment le cas de Marc-André Avon, qui a profité de sa journée de congé pour s’y rendre tôt.

«Je ne travaille pas aujourd’hui alors j’en profite. Il ne restera plus rien ce soir. Il y a une sorte, le Pink Kush, que je n’ai jamais pu essayer car il n’en restait plus quand je suis venu les autres fois», a-t-il confié alors qu’il attendait patiemment avec deux autres hommes, qui espéraient aussi mettre la main sur du Pink Kush. Ce produit semble d’ailleurs avoir la cote auprès des connaisseurs, en raison de son goût et de sa haute teneur en THC.

À leur sortie de la succursale, une dizaine de minutes après son ouverture, les trois hommes étaient très heureux d’avoir pu mettre la main sur le convoité produit.

«On a vidé ce qu’ils avaient», ont-ils lancé fièrement avant de monter dans leur voiture.

La rareté de certains produits n’est pas la seule lacune que notent ces clients réguliers de la Société québécoise du cannabis du Québec (SQDC), en activité depuis maintenant un mois. Ils déplorent également les prix élevés, le fait que certains produits soient un peu trop secs et qu’il peut arriver que la quantité qui se trouve dans les contenants soit inférieure à ce qui est indiqué sur l’étiquette apposée sur ce dernier.

«Il m’est arrivé d’avoir seulement 3,1 grammes alors que j’avais acheté un contenant de 3,5 grammes», a raconté un des compagnons de M. Avon.

En réponse à ces critiques, la SQDC reconnaît qu’elle devra apporter des ajustements à courts, moyens et longs termes. Pour ce qui est des problèmes d’approvisionnement, qui a poussé la société d’État à limiter ses heures d’ouverture du jeudi au dimanche, ils ne devraient pas être réglés avant la fin du premier trimestre d’opération.

«On avait mentionné dès le départ que l’approvisionnement allait être compliqué. C’est la même dans les autres provinces, peu importe le modèle et le nombre de fournisseurs. Tout le monde vit avec ces enjeux-là. [...] Les producteurs travaillent afin de rapprocher l’offre de la demande. Mais il ne faut pas s’attendre que ça se règle rapidement. Le cannabis, c’est une plante. On a beau mettre cinq employés autour, elle ne poussera pas plus vite», lance Mathieu Gaudreault, porte-parole de la Société des alcools du Québec, qui, rappelons-le, chapeaute la SQDC.

En ce qui concerne la problématique relativement à l’exactitude des quantités vendues, le porte-parole confirme que plusieurs clients ont émis des commentaires à cet égard. Il rappelle par contre que les contenants sont déjà scellés lorsqu’ils sont livrés par les fournisseurs. Des représentations ont donc été faites auprès de ces derniers afin qu’ils portent une attention particulière à ce détail.

«En vertu des règles de Santé Canada, les produits sont pesés à deux reprises pendant l’empaquetage avec des appareils très précis. Santé Canada permet qu’il y ait une différence pouvant aller jusqu’à 5 %. Par ailleurs, nous avons fait de l’échantillonnage et nous n’en avons pas trouvé. Mais on est conscient que ça peut créer un mécontentement chez le consommateur», explique M. Gaudreault.

Marché Noir

En raison de ces problématiques, les consommateurs rencontrés ne croient pas que la SQDC atteindra son objectif d’enrayer la vente sur le marché noir si elle ne procède pas rapidement à des changements dans son modèle d’affaires.

«Mon ‘‘pusher’’ m’a dit qu’il n’a pas ressenti d’effets depuis l’ouverture il y a un mois. Il dit que ça ne va pas changer avant deux ou trois ans selon lui», a mentionné un autre consommateur alors qu’il était en file.