De gauche à droite: Caroline Doucet, architecte, Marco Champagne, directeur général de la SPAM, Daniel Cournoyer, président de la SPAM, Marc Jankiewicz, chargé de projet chez Pluritec et Normand Grondin, directeur de SM Construction.

SPA de la Mauricie: un investissement de 4,7 M$

Trois-Rivières — Le bruit de la machinerie lourde se fera entendre, cet été, sur les terrains de la Société protectrice de animaux de la Mauricie, à Trois-Rivières. L’organisme construira en effet un important agrandissement de 17 000 pieds carrés qui viendront s’ajouter aux 8500 pieds carrés déjà existants. Bref, on triple la superficie. Il s’agit d’un investissement de 4,7 millions $.

«Nous aurons les plus beaux locaux du Québec», souligne le directeur général de la SPAM, Marco Champagne, en précisant que le refuge animalier est beaucoup trop à l’étroit depuis quelques années. Le nouvel agrandissement permettra d’apporter plus de calme aux animaux et de les mettre davantage en valeur dans le but de favoriser leur adoption.

L’agrandissement représente une structure de deux étages. Le rez-de-chaussée, qui sera entièrement consacré à une aire d’adoption, sera aménagé à la fine pointe des connaissances en matière de bien-être animal. M. Champagne, de même qu’une des membres du conseil d’administration, ont en effet effectué des visites aux États-Unis dans des centres d’adoption modernes où ils ont pu aller puiser les meilleures idées pour le futur agrandissement du refuge de Trois-Rivières.

Cette innovation fera de la SPA de la Mauricie le plus gros et le plus moderne des refuges animaliers au Québec.

Cet investissement sera réalisé sans aucune subvention. La SPA de la Mauricie a obtenu un financement sur 20 ans pour ce projet. L’organisme sans but lucratif est en effet devenu autosuffisant sur le plan financier et ne reçoit aucune aide de l’État ou de la Ville. M. Champagne, comptable de formation, était d’ailleurs le conférencier invité de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, mercredi, où il a expliqué comment gérer comme une entreprise un OSBL en croissance.

C’est que les services de la SPA de la Mauricie sont sollicités par un nombre croissant de municipalités de la région. On vient même de partout au Québec pour y adopter un animal. En plus de Trois-Rivières, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Boniface et Shawinigan qui sont desservis depuis plusieurs années, «on a ajouté Bécancour, Louiseville, Yamachiche, Saint-Édouard-de-Maskinongé et dans les prochaines semaines, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Mathieu-du-Parc», indique M. Champagne.

La vente annuelle des licences (environ 40 000), la vente des animaux du refuge à des familles d’adoption de même que des activités de financement et des dons permettent à la SPAM d’être autonome.

Il est clair qu’en desservant plus de municipalités, le nombre d’animaux va inévitablement croître dans le refuge, indique-t-il. «On prévoit une dizaine d’années de croissance pour rentabiliser et faire rouler ce building-là», indique le directeur.

L’innovation permettra de diminuer, peut-être même d’éliminer le nombre d’euthanasies par surpopulation qui sont occasionnées chaque année par l’entrée trop importante d’animaux en refuge entre mai et septembre.

Au deuxième étage de l’agrandissement, on trouvera des bureaux administratifs ainsi qu’une salle de formation.

Les travaux s’amorceront le 30 avril jusqu’en novembre. L’architecture a été confiée à la firme Doucet + Turcotte Architectes. Les firmes Pluritec, pour l’ingénierie et SM Construction, entrepreneur général, ont aussi été retenues.

L’architecte Joanie Turcotte indique que le projet vise à mettre les animaux en valeur et les espaces leur étant dédiés devaient être calmes et reposants tout en favorisant un bon contact avec la clientèle. Sa collègue, Caroline Doucet, indique que «dès leur arrivée, les usagers vont pouvoir profiter d’un espace vaste, lumineux et chaleureux, où les petits animaux, derrière leur vitrine, vont pouvoir les accueillir».

Il sera aussi possible d’observer de l’intérieur les chiens dans leurs enclos extérieurs. Les enclos et les condos ont été pensés non seulement pour les animaux, mais aussi pour faciliter le travail des employés. Une partie de l’agrandissement contiendra de petites lumières tamisées au plafond aménagées comme des étoiles qui brilleront le soir «en guise d’espoir pour tous ces animaux», explique Mme Doucet. Cafétéria, vestiaires et salle de réunion s’ajouteront à ces espaces.