Georges et Gisèle Biron ont tout perdu lors du glissement de terrain, en plus d’avoir craint pour la vie de leur garçon.

Souvenirs d’une tragédie à Nicolet

Nicolet — Le 12 novembre 1955, vers 11 h 45, un glissement de terrain est venu bouleverser non seulement le paysage de Nicolet, mais aussi la vie de plusieurs citoyens. Soixante-trois ans plus tard, les souvenirs remontent à la surface avec l’exposition de photos qui est présentée tout le week-end au Havre du Faubourg.

C’est d’ailleurs l’un des résidents, Claude Girard, qui a eu à cœur de rassembler plusieurs photos et documents pour les rendre disponibles non seulement à l’interne, mais aussi, au plus grand nombre de personnes à l’extérieur. L’ancien maire de Grand Saint-Esprit avait eu l’occasion de se rendre sur les lieux du désastre alors qu’il avait 21 ans.

Lors du vernissage tenu vendredi, plusieurs citoyens ayant vécu cet événement tragique étaient à la résidence de Nicolet, dont Georges et Gisèle Biron qui, outre la perte de leur maison et commerce, ont failli perdre leur petit garçon d’un an dans l’éboulis qui aura fait trois morts. D’ailleurs, Lise Auger, la fille de celui qui avait retrouvé le bambin dans la boue, Arthur Auger, a tenu à assister au dévoilement de l’exposition.

«Il fut hospitalisé deux mois à Montréal», racontent les parents, qui parlent encore de leur fils Gilles comme du «petit miraculé». Malgré la disparition de leur station-service Texaco et de leur domicile, le couple aura su se retrousser les manches.

L’instigateur de cette exposition de photos au Havre du Faubourg, Claude Girard.

Or, comme employé au poste d’essence, Léopold Lauzière aura été aux premières loges de la catastrophe, tout comme André Lupien qui, étudiant, plaçait des chaises avec un religieux au moment du drame. Il faut dire que l’Académie commerciale des Frères des Écoles Chrétiennes fut l’une des bâtisses emportées dans la rivière.

Employée à la Banque Canadienne Nationale, Jacqueline Bergeron est sortie rapidement de son lieu de travail alors que le cratère s’est arrêté au solage de l’institution financière. Un autre témoin, Guy Rousseau, du salon funéraire, aura évacué près de 200 personnes au Foyer des Sœurs Grises.

«Cette triste journée du 12 novembre 1955 restera gravée dans le cœur et la mémoire de plusieurs personnes», a déclaré Claude Girard, qui a salué la «grande collaboration» de la direction du Havre du Faubourg de Nicolet pour la tenue de l’exposition qui a lieu samedi et dimanche.

Au cours de ces deux journées, à 13 h 30, les gens pourront assister dans la salle de cinéma à la présentation d’un documentaire sur le glissement de terrain réalisé par Décibel. D’ailleurs, deux complices de l’époque, Rita Dolan-Caron et Louise Paradis, assistaient au vernissage.

«Il y a aussi une série de grandes photos sur l’historique de la Ville de Nicolet avant 1955», a fait savoir l’instigateur, qui a fait carrière au ministère de l’Agriculture.