Soutien scolaire: du personnel surchargé et agressé

TROIS-RIVIÈRES — Surcharge de travail, diminution des conditions et augmentation du nombre de cas de violence à l’endroit d’intervenants, voilà autant de dossiers dénoncés par les employés de soutien scolaire qui demandent au gouvernement Legault de réinvestir massivement dans l’éducation afin d’améliorer la situation.

Ces employés du réseau de l’éducation sont en train de se préparer pour la prochaine ronde de négociations qui sera amorcée en 2019. Les unités syndicales qui représentent les éducatrices spécialisées, les secrétaires, les concierges et les ouvriers spécialisés estiment que les coupes budgétaires sont à l’origine de cette liste de problèmes, à commencer par les cas de violence qui seraient en progression. 

Selon des données fournies mardi, quelque 37 % des événements déclarés en 2017-2018 par les employés de soutien de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy font référence à des actes de violence. Morsures, coups, crachats et bris de vêtements sont répertoriés dans ces déclarations. Il faut noter que plus de 58 % de tous ces événements de violence ont été observés à l’école Marie-Leneuf de Trois-Rivières, une institution qui accueille des enfants ayant notamment une déficience profonde ou un trouble du spectre de l’autisme.

«Les gens ne veulent plus aller travailler, car il manque de bras et il manque de financement pour avoir des groupes qui ont de l’allure. On a besoin de plus de financement pour avoir de meilleurs ratios et offrir un meilleur service», déclare Gabrielle Messier, présidente du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy, une unité qui regroupe 1100 travailleurs de cette commission scolaire.

Annie Charland, Paul Lavergne, Debra-Ann Bailey, Louis Langlois et Gabrielle Messier demandent au gouvernement Legault de mieux financer le secteur de l'éducation.

D’après Mme Messier, les organisations ont de la difficulté à trouver des remplaçants lorsque des employés doivent s’absenter.

«Le temps est tellement calculé, les gens ont tellement de travail et le temps manque pour travailler en concertation de bien prévoir les interventions aux élèves. Ça bénéficierait à tout le monde pour diminuer les actes de violence. Où est la limite à se faire taper dessus dans une journée? Quand c’est rendu quotidien, c’est préoccupant», raconte Mme Messier, qui croit que le réseau a besoin d’au moins 10 % de plus de personnel.

«C’est illusoire de penser qu’une technicienne en éducation spécialisée, précaire et à temps partiel, pourra pleinement accomplir son rôle de prévention et d’accompagnement auprès de jeunes qui ont de plus en plus besoin de l’appui de ressources stables», ajoute Debra-Ann Bailey, présidente du Syndicat de la Commission scolaire des Chênes, qui précise que les actes de violence représentent 41 % des déclarations d’accidents en 2017-2018.

Le taux de personnel à temps partiel est décrié par les instances syndicales. D’après Mme Bailey, 19 % des postes en adaptation scolaire sont à temps plein. Selon Gabrielle Messier, des éducatrices en service de garde travaillent aussi peu que trois heures par jour. Les conditions de travail auraient poussé certains employés permanents à changer de milieu de travail.

La CSN avait interpellé le gouvernement Legault quelques jours après son arrivée au pouvoir en octobre afin de lui demander d’agir. En faisant le tour de ses membres afin de connaître les sujets qui doivent être abordés durant la prochaine ronde de négociations, la CSN garde le cap sur un rehaussement de la participation financière de l’État.

«Les gouvernements répètent sans cesse que l’éducation est prioritaire. Il faut réinvestir en éducation. Le gouvernement a les moyens de le faire. Il faut que les bottines suivent les babines», image le président du conseil central du Cœur du Québec de la CSN, Paul Lavergne.