Soutenir la maison de l’espoir

Manon Beaumier est bien connue dans la région pour ses implications bénévoles. Dans les années 1990, cette avocate de formation et membre de l’Ordre des Administrateurs agréés du Québec fut la première femme à joindre le conseil d’administration de la Caisse populaire de Trois-Rivières. Ce fut pour elle la première d’une longue liste d’implications bénévoles au sein d’une multitude d’organisations comme le Fonds Laprade Trois-Rivières, dont elle fut la présidente, la Régie régionale des services de santé et des services sociaux et la Galerie d’art du Parc. Elle a même contribué à la mise sur pied du CPE Champlain, une garderie de 60 places.

Elle s’impliquera un peu plus tard dans le milieu juridique où elle fut élue par ses pairs Bâtonnière de la Mauricie, de 2011 à 2015. Depuis 2012, elle fait partie du Comité des équivalences du Barreau du Québec. Elle a également contribué à la mise en place d’un programme de développement des habiletés de gestion pour juristes en collaboration avec le Barreau.

Si Manon Beaumier a accepté d’être notre Tête d’affiche cette semaine, toutefois, c’est uniquement pour mettre en lumière l’œuvre et les besoins criants de la Maison Le Far qui héberge les femmes ayant des difficultés personnelles, familiales, conjugales ou qui sont victimes de violence conjugale. La Maison accueille également les enfants qui les accompagnent.

C’est cette implication qui lui tient le plus à cœur. Jeune professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, à la fin des années 1980, elle avait participé à la création du conseil d’administration de cet organisme dont elle deviendra la présidente en 2015. «J’étais rattachée au cabinet d’avocats Beaumier Richard et les avocats de la région étaient toujours très sollicités pour siéger au sein de tels conseils d’administration», se souvient-elle.

Bien humblement, elle explique que mettre ses forces et ses compétences bénévolement au service de diverses organisations est sa façon privilégiée de faire du bénévolat. «Je ne suis pas la personne qui fait la popote roulante ou la personne dans la rue à ramasser les 2 $ et les 5 $, mais je fais bénévolement toute la gestion et la structure des organisations sans but lucratif et l’on donne des orientations», dit-elle en précisant qu’elle suit en ce sens le modèle de son oncle et mentor, Me Marcel Beaumier.

Le défi qui l’attend à la Maison Le Far, cette année, est de taille. C’est qu’il faut reconstruire.

Au printemps 2017, en effet, de nouvelles infiltrations d’eau dans le sous-sol de la maison ont causé une contamination majeure de moisissures. La détérioration significative de la toiture avait engendré elle aussi un problème similaire. Un rapport d’expert a révélé que le taux de vétusté de la maison était de 81 %.

Il a donc fallu déménager en novembre 2017 pour protéger la santé des occupantes et du personnel.

«Mon objectif, c’est de créer la Maison le Far du XXIe siècle», indique Manon Beaumier, soit «une bonne maison construite dans les règles de l’art, avec des gicleurs, de la climatisation, avec une cuisine industrielle, avec des salles de bain où l’on peut laver nos enfants, dans un lieu qui a la capacité de se développer pour la seconde étape», explique-t-elle, c’est-à-dire un endroit où l’on peut héberger aussi les femmes qui ont déjà séjourné à la maison, mais qui ont besoin d’un suivi externe pendant deux ans. Ces logements, appelés Maisons seconde étape, sont subventionnées par le gouvernement du Québec.

La construction d’une future Maison Le Far n’est pas le seul objectif qu’envisage Manon Beaumier. L’organisation veut trouver aussi le moyen d’entretenir cette maison et d’y faire les réparations qui s’imposeront éventuellement dans le temps.

Présentement, la plus grande difficulté consiste à trouver un terrain pouvant accommoder ce projet, explique la présidente de la Maison Le Far.

«Quand ce sera structuré selon les meilleures pratiques de la gestion d’immeubles communautaires, pour moi, ce sera mission accomplie», résume notre Tête d’affiche.