Pascal Béliveau, responsable des relations avec les médias est ici en compagnie de Patrice Bourassa de l’organisme SOS Inondation Mauricie.

SOS Inondation reprend du service

Trois-Rivières — Avec la quantité de neige accumulée sur la région cet hiver, bien malin celui qui pourrait prédire à quoi ressemblera le printemps et surtout à quel genre de crue printanière on pourra s’attendre. L’équipe de SOS Inondation Mauricie, toutefois, ne prend aucun risque et relance déjà ses activités afin d’inciter les gens à se tenir prêts à tout et à faire connaître ses services.

Cette équipe de bénévoles avait vu le jour un peu en catastrophe au printemps 2017, lors des inondations qui ont lourdement frappé la région. Une poignée de bénévoles ayant sous la main plusieurs véhicules et de la machinerie s’était mise au service des citoyens ayant de grands besoins durant ces sinistres.

«Pour le moment, rien ne nous indique qu’on va revivre un printemps aussi intense, et on souhaite sérieusement que tout se passe bien et que personne n’ait de problème. Mais on voit aussi toute la quantité de neige qui est tombée et il est plus prudent de se préparer», croit le fondateur de SOS Inondation Mauricie, Patrice Bourassa.

Au cours des derniers jours, la page Facebook de SOS Inondation Mauricie a donc été réactivée, et le recrutement de bénévoles est de plus en plus efficace. «En ce moment, nous avons pas moins de 18 camions et au moins 26 bénévoles qui sont prêts à se mobiliser pour aider si jamais on devait avoir besoin de nos services», constate Patrice Bourassa, qui a pour l’occasion obtenu l’aide de Pascal Béliveau, déjà impliqué lors des inondations de 2017, ainsi que du candidat à la mairie de Trois-Rivières Jean-François Aubin qui, en 2017, alors conseiller municipal, avait lui aussi mis la main à la pâte.

Confiant de voir le recrutement de bénévoles se faire de façon efficace, Patrice Bourassa espère davantage aujourd’hui faire connaître les services du groupe de bénévoles et d’inciter les gens à se renseigner par le biais de Facebook. «C’est beaucoup plus large que juste transporter des sacs de sable. On a des gens qui peuvent déménager des sinistrés qui devraient sortir rapidement des résidences, on a des services de sauvetage, il y a aussi des bénévoles qui s’occupent de fournir de la nourriture aux sinistrés. C’est vraiment complet», mentionne celui qui lance un appel aux entreprises qui souhaiteraient s’impliquer dans cette mission, par le prêt temporaire d’équipement par exemple.

«Plus on en parle d’avance, plus les gens seront prêts et sauront qu’ils peuvent nous appeler si jamais ils avaient besoin», constate M. Bourassa.

Printemps critique?

Peut-on faire une corrélation directe entre la quantité de neige tombée durant un hiver et l’intensité de la crue printanière? Non, répond le directeur de la Sécurité civile en Mauricie, Sébastien Doire. Le couvert de neige est évidemment un ingrédient important, mais il doit être accompagné d’autres ingrédients pour donner une crue comme celle connue en 2017.

«Nous avons connu des années avec d’importantes quantités de neige sans que ça ne se traduise en un printemps comme celui connu en 2017», fait-il remarquer. Notons en effet qu’en 2017, la région avait reçu environ 220 centimètres de neige, comparativement à près de 400 cm en 2008, année où la crue printanière fut beaucoup moins importante. En date de mercredi, la région avait reçu plus ou moins 300 centimètres de neige.

Ce qui sera déterminant dans l’importance de la crue, note M. Doire, ce sont également les précipitations de pluie abondantes de même que des hausses de température tant le jour que la nuit. «C’est impossible de le dire pour le moment, on le sait quelques jours avant seulement. Mais de grandes quantités de pluie de même que des journées et des nuits plus chaudes, ça n’aide pas, c’est évident. En 2017, tous les ingrédients étaient réunis», se rappelle-t-il.

Néanmoins, Sébastien Doire est d’avis que la prévention est de mise, et ce, tant avec la crue printanière que pour n’importe quelle situation d’urgence. «Pour n’importe quelle crise, le premier responsable de la sécurité civile, ça demeure le citoyen. On essaie de toujours prévoir une autonomie de 72 heures avec quelques réserves de nourriture, prévoir des réserves d’eau, une trousse d’urgence et se tenir prêt à évacuer rapidement à tout moment», note-t-il.