Les rodéos de Saint-Tite s'exporteront à Montréal dès jeudi et jusqu'à dimanche dans le cadre du NomadFest.

Sortir Montréal de sa zone de confort avec le NomadFest Rodéo Urbain

Une bulle country et western s'installera dès jeudi et pour quatre jours au quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal. En collaboration avec le Festival western de Saint-Tite, le NomadFest Rodéo Urbain prend son envol dans le cadre des Fêtes du 375e anniversaire de Montréal, avec notamment à son programme la tenue de quatre rodéos urbains, tous organisés par l'équipe du Festival western.
De l'aveu même du directeur des rodéos à Saint-Tite, Sylvain Bourgeois, l'organisation du côté de Montréal n'a présentement rien à voir avec ce qui peut se faire ailleurs au Québec. Celui qui coordonne l'organisation des quatre rodéos urbains estime que les participants vivront quelque chose de rarement vu dans la métropole.
«C'est un gros set-up. On parle de 1650 tonnes de sable qui ont été emmenées au quai Jacques-Cartier. On a des tentes pour les estrades, des tentes pour les animaux. Nos cowboys ont déjà commencé à arriver depuis le début de la semaine. On va sortir Montréal de sa zone de confort», lance Sylvain Bourgeois. 
Au coeur même de l'organisation de rodéos urbains s'inscrit cette année une étape de qualification pour les compétiteurs afin de pouvoir prendre part aux rodéos de la deuxième fin de semaine à Saint-Tite, ceux de l'International professionnal rodeo association (IPRA). Jeudi soir, ce sont les 25 meilleurs compétiteurs de monte de taureaux sauvages en Amérique du Nord qui seront présents pour un rodéo hors circuit. Les trois autres jours, six disciplines seront présentées, soit la monte des chevaux sans selle et avec selle, la course de baril femmes, la course de sauvetage et l'échange de cavalier en plus de la monte des taureaux sauvages.
Le producteur de l'événement NomadFest, le groupe TKNL, voit en cette activité l'opportunité de bâtir des ponts entre Montréal et les régions. «Le country et le western, ça fait aussi partie de notre culture québécoise. D'ailleurs, Montréal est une grande mosaïque de gens provenant des régions et qui ont choisi de vivre ici. Et Saint-Tite, avec le temps, est devenue la Mecque du rodéo à travers le monde. Je pense que les gens ici à Montréal ne sont pas pleinement conscients de ça. Je trouve ça cool de pouvoir célébrer à la fois notre culture équine et musicale à l'intérieur d'un même événement», déclare Maxime Lefebvre de TKNL, producteur du NomadFest.
Injonction 
Difficile pour l'équipe du Festival western de passer sous silence les procédures judiciaires qui sont venues, au début de la saison, porter ombrage à l'organisation de cet événement. Une demande d'injonction, finalement retirée, demandait au départ l'annulation de l'activité, invoquant que le rodéo ne respectait pas certaines dispositions de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal. L'exercice juridique aura tout de même mené à la formation d'un comité d'experts par la partie adverse qui visitera les installations et produira un rapport sur le traitement des animaux au terme de l'exercice. Le directeur général du Festival western, Pascal Lafrenière, entend pleinement collaborer dans ce processus, lui qui a répété depuis le début n'avoir rien à cacher et encourager des pratiques exemplaires dans l'industrie.
«Pour nous, c'est une opportunité de faire découvrir le sport de rodéo, une discipline avec laquelle ces gens sont peut-être moins familiers. Au Québec, il y a 84 festivals country. À Saint-Tite, on reçoit annuellement 600 000 personnes. C'est bien la preuve que le rodéo fait partie de notre culture au Québec», martèle Pascal Lafrenière, qui ajoute que le NomadFest s'avère une formidable visibilité pour le Festival western en cette année de 50e anniversaire dans un marché parfois plus difficile à percer que les autres régions du Québec.
C'est d'ailleurs à Montréal, en 1967 pour les festivités entourant l'Expo, que s'est tenu le plus gros rodéo de l'histoire de l'Amérique du Nord, rappelle Sylvain Bourgeois. «C'est à partir du rodéo de 1967 que tout a commencé, que ça a attisé notre volonté au Québec de faire du sport de rodéo. On a réalisé qu'on avait ça dans le sang et qu'on pouvait nous aussi en faire aussi bien», note M. Bourgeois.
Musique et gastronomie
Outre les rodéos urbains, de nombreux spectacles musicaux s'ajoutent à la programmation, dont les spectacles de Cindy Bédard, Irvin Blais, Brett Kissel et Kiefer Sutherland, ainsi qu'un hommage à Dédé Fortin à saveur country, regroupant sur scène Normand Brathwaite, Paul Daraîche, Laurence Jalbert, Martin Larocque, Yves Lambert, Martin Deschamps, Véronique Labbé et William Deslauriers. Côté gastronomie, le chef Ian Perreault dirigera plusieurs stations gourmandes avec l'aide de chefs invités. Finalement, des activités de danse en ligne et de nombreuses activités familiales seront aussi au programme jusqu'à dimanche.