Sonia LeBel

Sonia LeBel: trouver son équilibre dans le comté

Trois-Rivières — Ce n’est pas parce que la session parlementaire est maintenant terminée, et que le mercure a dépassé les 30 degrés, que la ministre Sonia LeBel a ralenti le rythme. Tout en multipliant ses présences dans le comté ces jours-ci, la députée de Champlain a pris quelques minutes, vendredi, pour faire le bilan de cette session qui s’est avérée des plus mouvementées pour elle. Une session qui, toutefois, la convainc désormais que ses fonctions ministérielles n’ont pas empêché son efficacité et sa présence auprès des citoyens qu’elle représente.

«C’était ma grande crainte. Il y a un avantage au comté d’avoir un ministre, mais le prix à payer que je craignais était peut-être l’absence, ce qui n’est pas arrivé parce que j’ai pu bâtir une équipe extraordinaire. Partout où je n’ai pas l’occasion de me présenter, mon équipe me représente, et je n’ai que des compliments. Il y a un équilibre qui a été trouvé», indique Mme LeBel, rappelant également qu’elle s’est fait un devoir d’être au bureau de comté tous les vendredis, de même que de prendre part aux activités du comté de Champlain au moins une journée par fin de semaine, si ce n’est toute la fin de semaine.

Au total, pas moins de 120 dossiers citoyens et une cinquantaine de dossiers municipaux ont pu être réglés depuis l’entrée en poste de Mme LeBel dans Champlain. De grands dossiers demeurent toutefois comme étant prioritaires, dont la décontamination du site de l’ancienne usine Aleris. Les conclusions de l’étude de caractérisation en cours sont attendues à l’hiver 2020, et la députée envisage que le site soit entièrement réhabilité dans un horizon de trois à cinq ans. «Ça permet de travailler en parallèle avec le comité de revitalisation du bas du Cap pour savoir ce qu’on va faire avec ce site qui est extraordinaire», note-t-elle.

Observatoire et Festival western

Sonia LeBel ne peut encore promettre que l’Observatoire du Cégep de Trois-Rivières, situé à Champlain, sera remis en état, mais dit tout faire pour que ça puisse se faire. «C’est dans un état lamentable. Je suis tombée par terre. Ce building-là a été carrément abandonné dans les dix dernières années. Le message que j’ai donné, c’est que je veux qu’on fasse tout ce qui est possible pour le récupérer. L’évaluation se fait de façon extrêmement sérieuse», souligne-t-elle, indiquant vouloir aussi agir de façon pragmatique, et que le rapport coût-bénéfice d’éventuels travaux devra être intéressant pour les contribuables.

Elle garde également un œil intéressé sur le très attendu rapport du comité consultatif sur le bien-être animal, qui pourrait avoir une incidence sur les activités entourant le Festival western de Saint-Tite. Attendu au printemps dernier, le dépôt de ce rapport n’a toujours pas été fait, ce qui n’inquiète toutefois pas la députée de Champlain, dont le comté s’étend maintenant jusqu’à Saint-Tite.

«L’objectif (de la Loi sur le bien-être animal) était de viser les usines à chiots. Ça n’a jamais été l’objectif de mettre fin aux festivals animaliers au Québec. Toutefois, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas rehausser les standards de pratiques de tout le monde. Je suis certaine que le comité va venir constater que les pratiques du Festival western sont déjà au plus haut niveau. Ce qu’il y a comme lacunes dans la loi, c’est de dire qu’il n’y a pas de critères. Probablement que les critères vont être calqués sur les bonnes pratiques du festival, c’est ce à quoi je m’attends», déclare-t-elle.

S’ajoutent à ces dossiers des réalisations dont elle se dit très fière, dont d’importants investissements à l’école Louis-de-France ainsi qu’au Domaine Tavibois, de même que l’ouverture d’un Centre de justice de proximité à Trois-Rivières et l’annonce de la construction prochaine d’un immeuble de 12 logements adaptés pour les personnes handicapées dans la MRC des Chenaux, grâce à une entente de services avec le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

Projets de loi

Au ministère de la Justice, Sonia LeBel avoue ne pas avoir eu le temps de s’ennuyer non plus. Un énorme morceau demeure toutefois à être présenté à l’automne, soit la réforme du mode de scrutin, dont elle s’est engagée à déposer un projet de loi avant le 1er octobre.

«J’espère être capable de faire comprendre aux gens l’importance sur le terrain. L’objectif est de faire en sorte que leur vote soit plus pertinent, plus représentatif. Nous avons travaillé de façon transpartisane avec Québec solidaire et le Parti québécois. Il y a des extrêmes dans tous les sens. Il y a des gens qui vont trouver que ce n’est pas assez, d’autres qui vont trouver que c’est trop. Dans ce temps-là, je pense que j’ai trouvé la zone consensuelle. J’essaie de trouver le sens où tout le monde est capable de se mettre d’accord et qui fait un changement significatif», mentionne-t-elle, signifiant devoir également répondre aux préoccupations des maires et des élus municipaux, inquiets de voir leur représentativité ou leur poids à l’Assemblée nationale être transformé par ce changement.

Sonia LeBel se dit également heureuse d’avoir pu faire avancer une multitude de petits projets de loi, qui ne trouvent peut-être pas toujours écho dans les médias mais qui ont assurément un impact dans la vie des gens. Parmi eux, on compte le projet de loi sur le transfert du registre des lobbyistes, celui sur l’efficacité de la justice pénale, des ajustements pour certains ordres professionnels dont les hygiénistes dentaires qui disposent maintenant de plus de latitude pour les soins de base et de prévention à domicile, sans compter évidemment les consultations provinciales sur la réforme du droit de la famille.

«Les recommandations du comité consultatif de 2015 ont pas mal été acceptées à la grande majorité. Ce qui est ressorti des consultations publiques souvent, c’est le calcul des pensions alimentaires, le droit des pères dans certaines choses où les pères se sentent un peu plus floués, les droits des beaux-parents. Il y a un consensus sur le fait que ça doit être fait, qu’il faut revoir la façon de penser, remettre l’intérêt des enfants au coeur de tout ça, et pas l’intérêt des parents», croit Sonia LeBel.