Sonia LeBel, candidate de la CAQ dans Champlain.

Sonia LeBel: «L’accueil est fantastique»

TROIS-RIVIÈRES — L’arrivée de Sonia LeBel dans la course électorale dans le comté de Champlain pour la Coalition avenir Québec aura certes été l’un des moments politiques marquants du printemps dans la région. La procureure vedette de la commission Charbonneau ne s’est toutefois pas assise sur son statut de candidate-vedette de la CAQ dans la région et a déjà bien amorcé le travail de terrain dans le comté, où on la sent de plus en plus présente. De passage au Nouvelliste vendredi, elle a d’ailleurs accepté de faire le point sur cette campagne amorcée depuis quelques mois et qui s’intensifie malgré la période des vacances.

Sonia LeBel le reconnaît d’emblée: elle n’a pas chômé depuis l’annonce de sa candidature, le 23 avril dernier. Déjà, tous les maires et toutes les mairesses des municipalités qui formeront le «Champlain du 1er octobre», comme elle se plaît à préciser en raison du redécoupage de la carte électorale, ont été rencontrés et ont pu lui faire part des enjeux chers à chaque localité. La tournée des différents organismes socio-économiques a également débuté pour elle, qui multiplie les rendez-vous pour se tenir au fait des dossiers chauds de la circonscription.

Mais c’est avant tout l’accueil chaleureux du public qui la marque. «L’accueil est fantastique. Le gens me reconnaissent très souvent en raison de la commission Charbonneau. J’ai constaté à quel point j’ai pu avoir un parcours inspirant pour les gens», déclare-t-elle, ajoutant du même souffle que l’intérêt grandit de jour en jour chez les militants caquistes, qui sont de plus en plus nombreux à avoir signé la carte du parti dans le comté, constate-t-elle.

Celle qui aura croisé le fer avec la ministre libérale Julie Boulet lors de la commission Charbonneau n’a depuis jamais eu l’occasion de la revoir, et ce, même si Mme Boulet s’était permis quelques commentaires à l’annonce de sa candidature, indiquant notamment qu’elle ne la trouvait «pas sympathique». Cette remarque, elle n’a pas non plus voulu la commenter encore aujourd’hui. «Je n’avais pas à me prononcer là-dessus, qu’est-ce que je pouvais dire? Ce que j’ai trouvé frappant, c’est que ce sont les gens qui sont venus s’excuser de ça, les citoyens qui ont trouvé sa remarque très difficile», raconte-t-elle.

Si les sondages encourageants pour son parti semblent aussi se refléter sur le terrain, selon ses dires, elle s’indigne de voir l’équipe libérale procéder actuellement à de nombreuses annonces partout dans la région, comme s’ils ressentaient une certaine urgence. Chiffres à l’appui, elle compte par dizaine de millions de dollars les annonces faites depuis le mois de janvier et qui toucheront le comté de Champlain.

«Mais qu’est-ce qu’on a fait pendant les quatre dernières années? Pourquoi il faut attendre que les sondages aillent mal pour faire autant d’annonces», se demande la candidate, qui croit que la stratégie ne fera que mousser le cynisme des électeurs, que l’on «prend pour des dupes», mentionne-t-elle.

«Tant mieux si ce sont de vraies annonces et si l’argent suit, le travail sera d’autant plus facile quand nous arriverons au pouvoir. Une annonce qui se concrétise et se réalise, à mon sens, ce n’est pas électoraliste», signale celle qui dit vouloir prendre un engagement auprès des électeurs, celui de toujours donner l’heure juste.

À commencer par le fait qu’elle ne compte pas s’établir dans le comté à court terme si elle est élue. Réalité familiale oblige, avec deux adolescents en garde partagée à la maison, Sonia LeBel estime qu’il s’agit d’une mauvaise idée que de déraciner sa famille. Les allers-retours entre Montréal et le comté de Champlain ne l’effraient toutefois pas, elle qui affirme qu’il lui prend souvent moins de temps pour se rendre dans le secteur Cap-de-la-Madeleine qu’à son conjoint de traverser un pont vers la rive sud de Montréal et se rendre à Mont-Saint-Hilaire.

«Dans mon métier de procureure, j’ai fait ça toute ma vie: être franche et dire la vérité aux gens. Je ne ferai pas cette promesse si je n’ai pas l’intention de la tenir. Je le dis aux gens qu’avec moi, vous aurez au minimum l’heure juste. Quand on prend une décision, les gens peuvent nous aimer ou ne pas nous aimer, mais au moins ils nous respectent. Ce qui crée la déception, c’est l’impression de ne pas avoir l’heure juste», croit-elle.