Sonia LeBel appelle les citoyens à ne pas baisser la garde.
Sonia LeBel appelle les citoyens à ne pas baisser la garde.

Sonia LeBel: «C'est important de ne pas baisser notre garde»

SAINT-NARCISSE — «Félicitation pour votre nomination!», lance une citoyenne à Sonia LeBel, nouvellement nommée à la présidence du Conseil du Trésor. La députée de Champlain est campée au centre du Marché champêtre de Saint-Narcisse, à l'occasion de son ouverture, dimanche, pour distribuer gratuitement des masques confectionnés par le Cercle de fermières les Genevoises. «C'est important de ne pas baisser notre garde», rappelle l'élue à ses commettants.

Le masque est cependant peu arboré par les visiteurs du marché champêtre. Quelques exceptions, tout au plus. La ministre LeBel en convient, l'impression que la première vague est derrière nous est tenace. «Le masque demeure essentiel à notre stratégie», soutient-elle toutefois. Une position qui reprend celle de son gouvernement. Une position qui aura par ailleurs beaucoup évolué depuis quelques mois. On se souviendra en effet que les autorités de la Santé publique, sous l'égide du Dr Arruda, décourageaient pratiquement l'utilisation du masque au début la pandémie, craignant que son usage induise un faux sentiment de sécurité.

Une minorité arborait le masque, dimanche, au Marché champêtre de Saint-Narcisse.

Sur le dossier de Prestation canadienne d'urgence (PCU), qui aura occupé beaucoup de place dans l'actualité dans la dernière semaine, Mme LeBel s'inscrit aussi dans la lignée de son collègue Jean Boulet. Dans sa forme actuelle, le député de Trois-Rivières et ministre du Travail dit voir dans la PCU un frein à la relance. «Le secteur culturel, touristique et la restauration sont encore très touchés par la pandémie», convient Sonia LeBel. Or, pour les autres secteurs, elle dit que des discussions sont en cours avec le fédéral pour une diminution progressive des prestations. Celle qui compte les relations intergouvernementales sont au nombre de ses responsabilités ministérielles estime que la PCU pour les étudiants constitue un handicap à la relance. «On ne peut pas faire en sorte que la PCU nous coûte une main-d’œuvre qui est fort utile», maintient la députée.

De l'animation au village

Le cœur villageois de Saint-Narcisse avait des allures pré-pandémiques, dimanche matin. C'est une véritable petite foule qui y convergeait à l'occasion de la messe dominicale et de l'ouverture du premier marché champêtre de la saison. L'occasion était un peu celle de retrouvailles pour les Narcissois, qui n'auront par ailleurs pas beaucoup d'événements à saveur culturelle ou sociale à se mettre sous la dent cet été, plusieurs activités ayant été annulées.

Ce premier de sept marchés champêtres, Annabelle, Josiane et Éliane Veillette – deux sœurs et leur cousine – étaient particulièrement heureuses de le voir ouvrir. Les trois membres du comité organisateur planchaient sur cette cinquième édition depuis plusieurs mois en composant avec l'incertitude de voir leurs efforts se concrétiser. Ce n'est qu'à la fin avril que le gouvernement a donné le feu vert à ces rassemblements extérieurs, symbole ultime la production et l'achat local. Or, les organisatrices travaillaient depuis février à mettre en place le Marché champêtre de Saint-Narcisse. «On ne savait pas sur quel pied danser», relatent-elles.

Éliane, Josiane et Annabelle Veillette, du comité organisateur du Marché champêtre de Saint-Narcisse, étaient contentes de voir l'événement finalement prendre son envol, dimanche.

«Aujourd'hui, on est contente de l'avoir fait, surtout qu'il ne se passera pas grand-chose à au village cet été. Il n'y aura pas de Mercredis de l'agora ni de Rendez-vous des arts, et le camp de jour a été annulé», souligne Annabelle Veillette, coordonnatrice de l'événement.

Ce sont donc 15 exposants, soit 10 producteurs agroalimentaires et 5 artisans, certains en alternance, qui proposeront le fruit de leur travail au public jusqu'au 6 septembre, aux deux semaines, avec un rappel le 4 octobre. C'est habituellement lors de cette dernière fin de semaine qu'a lieu la fête des récoltes. Celle-ci est en suspens, son caractère ne correspondant pas aux mesures de distanciation sociale en cours. Il en va de même pour l'animation, assurée par un musicien, qui est absente du marché pour l'instant. Les organisatrices disent se croiser les doigts pour un assouplissement éventuel des mesures sanitaires. Même la dégustation des produits, caractéristique d'une visite au marché et outil de vente privilégiée des exposants, n'était pas acquise. Elle n'a finalement été autorisée que tout dernièrement, soulignent les organisatrices.

Un maire occupé

Comme la plupart des visiteurs du marché, le maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, affichait un large sourire, dimanche. «Les gens avaient hâte qu'il se passe quelque chose de public», observe-t-il. Au plan personnel, celui qui cumule, en plus de ses fonctions de maire, les postes de directeur du Carrefour emploi Mékinac et de président du comité de développement du territoire à la MRC de Mékinac confie ne jamais avoir autant travaillé que durant la pandémie. «Cette crise-là nous a sortis de notre zone de confort et nous a poussés à revoir notre façon de gérer nos organisations», remarque-t-il.

Guy Veillette, maire de Saint-Narcisse, confie avoir «beaucoup travaillé» durant la pandémie.

Si la Municipalité a dû déclarer forfait pour les camps de jour, les coûts s'avérant exorbitants, dans les circonstances, le maire dit qu'il demeure encore possible de voir renaître les Mercredis de l'agora. «Si on autorise les rassemblements, on se garde la porte ouverte», indique-t-il. Bien que l'événement soit habituellement programmé de longs mois à l'avance, le contexte actuel fait en sorte que les artistes sont tous disponibles et qu'il serait envisageable de mettre un calendrier en place au pied levé, soutient-il.