L’épandage pour le contrôle biologique des insectes piqueurs ne fait pas l’unanimité à Trois-Rivières.

Sondage sur l’épandage et les insectes piqueurs: des résultats remis en question

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières a récemment publié, sur son site Internet, les résultats d’un sondage mené au mois d’août et portant sur le contrôle des insectes piqueurs. Alors qu’on y apprend que 70 % des répondants se disent en accord ou totalement en accord avec le service de contrôle biologique des insectes piqueurs, des citoyens opposés à l’épandage du produit utilisé, le B.T.I., remettent fortement en question les résultats de ce sondage.

L’exercice, mené durant 15 jours au mois d’août par voie téléphonique auprès de 797 répondants, visait d’abord à évaluer les perceptions des gens face à ce service rendu par la Ville de Trois-Rivières depuis 2008, et dont les coûts sont défrayés par une taxe chargée aux citoyens qui résident dans les zones traitées.

Selon les résultats publiés sur le site de la Ville, on comprend que 28 % des répondants estiment que le produit est sans aucun danger pour l’environnement et que 39 % des répondants croient qu’il peut représenter un certain danger pour l’environnement. À ce même titre, 32 % des répondants croient que le produit ne représente aucun danger pour la santé alors que 39 % disent qu’il représente un certain danger pour la santé.

Malgré tout, 70 % se disent favorables à ce service, et 67 % croient que le service représente un très bon rapport qualité/prix.

Des résultats qui sont toutefois remis en doute par des citoyens, dont Christiane Bernier, qui interpellent depuis plusieurs mois le conseil municipal à cet effet et qui souhaiteraient que la Ville cesse l’épandage de ce produit qui, selon certaines études qu’ils avancent, nuit à l’écosystème en raison de son effet sur la chaîne alimentaire des insectivores. Ces citoyens réclament du même coup une consultation publique sur le sujet, consultation au cours de laquelle les citoyens pourront entendre les experts se prononcer sur la question afin de pouvoir se faire une idée.

«Le sondage nous révèle que 46 % des répondants n’étaient pas au courant du service de contrôle biologique d’insectes piqueurs. C’est ce que je déplore le plus, parce qu’en bout de ligne, ça nous dit que 46 % des répondants n’ont aucune idée du sujet sur lequel ils sont appelés à répondre», indique Mme Bernier.

Par ailleurs, Christiane Bernier dénonce que les différences de perception entre les zones traitées et non traitées soient minimes. D’ailleurs, 81 % des répondants en zone non traitée se disent peu ou pas du tout incommodés par les insectes piqueurs. «À quoi ça sert de faire l’épandage si les personnes qui ne bénéficient pas de ce service se disent elles-mêmes non dérangées par les insectes», fait-elle remarquer.

Une lecture des chiffres que ne partage pas en totalité la conseillère municipale Mariannick Mercure, présidente de la Commission du développement durable et de l’environnement, qui remarque notamment que les personnes en zone non traitées habitent généralement des zones urbaines très peuplées où les moustiques n’ont que très peu d’endroits où se reproduire.

«Le sondage visait à mesurer la perception des gens par rapport à ce qu’on avait mesuré il y a plusieurs années. Maintenant, je base toujours mes décisions sur la science et le bien commun. Or, la science et plusieurs études, d’ailleurs publiées sur le site de la Ville, nous démontrent que nous avons une information juste», rappelle Mme Mercure, qui ajoute que le groupe de citoyen se base sur des études qui viennent contredire ce que la majorité des scientifiques disent. «Il ne faut pas s’en désintéresser et garder un œil là-dessus», reconnaît-elle, rappelant toutefois que les études qui ont fait que le B.T.I. a été homologué par Santé Canada et reconnu par le ministère de l’Environnement sont aussi les études sur lesquelles se basent la Ville pour prendre ses décisions.

Toutefois, la conseillère municipale n’exclut pas l’idée de demander une consultation publique sur le sujet.

«C’est mon point de vue et ça n’engage pas les autres membres de la Commission sur le développement durable et l’environnement. Mais personnellement, je crois qu’on pourrait tenir une consultation publique, oui, avec un panel réunissant les spécialistes de la question, pour que chacun puisse se faire une tête», croit-elle.