Joseph Chiasson souhaite réaliser son rêve d’obtenir son diplôme de chef cuisinier.
Joseph Chiasson souhaite réaliser son rêve d’obtenir son diplôme de chef cuisinier.

Son rêve de devenir chef cuisinier sur pause en raison de la COVID-19

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Joseph Chiasson est cuisinier depuis une trentaine d’années. L’homme de 54 ans effectue un retour à l’école afin d’obtenir la certification qui ferait de lui un chef en bonne et due forme. Toutefois, la COVID-19 et une condition médicale particulière l’empêchent de réaliser son rêve.

M. Chiasson, qui étudie à l’École d’hôtellerie de Trois-Rivières, a survécu à un cancer du poumon dans le passé, mais souffre aujourd’hui d’emphysème, une condition qui complique considérablement le port du masque pour lui pendant la pandémie.

Sa conjointe, Roxanne Roux, est témoin des difficultés de M. Chiasson à porter le masque, une condition exigée par le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy.

«Il n’est pas capable de respirer avec ça. Il voudrait bien le faire, mais il a de la misère à souffler», souligne-t-elle.

Le couple déplore l’exclusion de l’étudiant du cheminement d’études professionnelles.

«Ils m’ont carrément mis dehors et m’ont dit que tant que je ne porterais pas le masque, je ne pourrais pas réintégrer le cours. Où est passée l’empathie pour les gens?» se questionne M. Chiasson.

Au CSS du Chemin-du-Roy, on nie avoir exclu le quinquagénaire des cours, précisant qu’on lui a plutôt demandé de porter le masque à défaut de pouvoir présenter une preuve médicale de sa condition.

«Ça nous prend absolument une preuve médicale, ce que monsieur n’est pas en mesure de nous fournir pour le moment. On essaie toujours d’accommoder nos élèves, mais on se doit de se plier aux consignes de la santé publique. Les conditions ne sont pas remplies présentement et ça fait qu’il ne cadre pas dans les mesures obligatoires, malheureusement», explique Anne-Marie Bellerose, conseillère en communication pour le Centre de services scolaire.

Malgré de nombreuses tentatives auprès de son médecin de famille et d’autres médecins généralistes dans des supercliniques, on a refusé de lui signer un papier attestant sa condition de santé.

«On m’a précisé que les médecins n’avaient pas le droit de produire ce genre de papiers», déplore M. Chiasson.

À l’Association pulmonaire du Québec, on croit que la solution pourrait se trouver chez un pneumologue où une telle évaluation pourrait alors être effectuée.

«Il y a plusieurs choses qui doivent être clarifiées. Sa situation a peut-être empiré depuis son dernier diagnostic, il a peut-être besoin de pompes, etc. Les personnes dans ce genre de situation devraient voir un pneumologue chaque année. Ce dernier pourra certainement aider dans la situation actuelle, bien qu’il s’agisse de cas par cas», tempère Dominique Massie, directrice générale de l’organisme.

Des conséquences importantes

En plus de ne pas pouvoir compléter sa formation en raison de l’inconfort que lui génère le port obligatoire du masque, Joseph Chiasson estime que les pertes financières qui y sont associées commencent à peser lourd dans la balance.

«Outre l’accomplissement, le fait d’avoir mon certificat veut aussi dire un meilleur salaire, des possibilités d’avancement. Toutes des choses qui me sont impossibles présentement», se désole-t-il.

Le futur chef à dû se résoudre à travailler en Haute-Mauricie en attendant la reconnaissance de ses acquis. Une autre dépense qui lui génère des maux de tête.

«J’ai l’impression que tant que la COVID sera là, mes acquis vont attendre. Ça fait tellement longtemps que je me bats pour ce diplôme-là. Il me semble que je le mérite», conclut celui qui a entrepris des démarches avec un pneumologue dans l’objectif de faire progresser son dossier.