Deux semaines et demie près avoir été adopté, un chien s’est sauvé de sa famille d’accueil, a fait irruption dans une cour et a tué un yorkshire qui s’y trouvait.
Deux semaines et demie près avoir été adopté, un chien s’est sauvé de sa famille d’accueil, a fait irruption dans une cour et a tué un yorkshire qui s’y trouvait.

Son chien en tue un autre moins d’un mois après son adoption à la SPA Mauricie

Trois-Rivières — Le cas de Sylvie Tremblay qui s’est fait mordre par un chien qui avait été adopté à la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM) deux ans plus tôt a rappelé de douloureux souvenirs à un Trifluvien même si son histoire remonte à 2015. Lui-même a adopté une chienne à la SPAM. Deux semaines et demie plus tard, son animal s’est sauvé, a fait irruption dans une cour et a tué un yorkshire qui s’y trouvait.

La propriétaire du petit chien tué l’a poursuivi pour un montant de 2000 $ et la SPA lui a remis deux billets d’infraction d’une valeur totale d’environ 400 $, soit 76 $ et 320 $.

Il a toutefois contesté les amendes. Il a notamment fait valoir qu’il n’aurait jamais adopté cet animal s’il avait su qu’il pouvait être aussi agressif. Le juge de la cour municipale a accepté d’annuler le constat de 320 $ qu’il avait reçu parce que son chien en avait mordu un autre.

«Quand ma chienne s’est sauvée, elle est allée déchiqueter un petit yorkshire. Elle l’a mis en trois mille morceaux», déplore le Trifluvien, qui a demandé à garder l’anonymat.

Le tout débute au début du mois de novembre 2015 lorsqu’il adopte un border collie âgé d’environ un an. Ses filles de 3 ans et 6 ans désirent avoir un chien. Le choix ne se fait pas à la légère. Ils se rendent plusieurs fois à la SPA. Ils la promènent, s’amusent avec elle. Elle est calme et affectueuse avec les enfants. Finalement, la petite famille décide de l’adopter et lui donne le nom de Louna.

Moins de trois semaines plus tard, alors qu’il est justement en train d’installer une clôture, la chienne se sauve de la cour. Il la retrouve non loin de son domicile environ une dizaine de minutes après sa fuite. Il ignore alors qu’elle vient tout juste de tuer un autre chien. Le lendemain, elle s’échappe à nouveau en se faufilant entre la clôture et le cabanon d’un voisin. Il la rattrape tout de suite, mais alors qu’il la ramène à la maison, une voiture s’arrête et quatre personnes en descendent.

«La dame a reconnu ma chienne. Ils cherchaient dans tout le quartier. Elle s’est mise au travers de la route. Elle a descendu de la voiture avec ses trois amis. Elle s’est mise à me filmer avec son cellulaire et elle hurlait au milieu de la rue que mon chien avait tué le sien. Moi, je ne comprenais rien du tout», raconte-t-il.

Il l’invite alors à son domicile pour que tout le monde s’explique. Il apprend alors ce qui s’est passé. «Ma chienne est entrée dans la cour, elle a pris le petit yorkshire dans sa gueule. Les gens sur place paniquaient. Quand elle a vu que les gens lui couraient derrière, elle a réussi à entrer dans leur maison. Elle a couru à travers la cuisine. Tout le monde lui criait après. Finalement, ils ont réussi à récupérer le petit yorkshire et elle s’est sauvée. C’est comme ça que je l’ai récupérée, mais moi, je ne savais pas ce qui s’était passé. Ils ont appelé l’hôpital vétérinaire et la petite chienne est morte dans la voiture.»

Pendant ce récit, les fillettes du Trifluvien sont présentes, elles ont vite compris qu’elles ne pourraient pas garder leur chien. «La propriétaire du yorkshire était en pleurs. Mes filles étaient là. Nous, on commence à comprendre. Tout le monde pleurait dans la maison. C’était un traumatisme pour tout le monde.»

À la SPA, on a accepté de reprendre son chien et on lui a offert un crédit pour une prochaine adoption. Il leur a demandé si un responsable pouvait entrer en communication avec la propriétaire du yorkshire pour savoir ce qu’il pouvait faire pour elle. Comme il n’a pas de nouvelles au cours de la journée, il s’y rend à nouveau. «Au lieu d’avoir des informations comme je le souhaitais, on m’a remis deux constats d’infraction», déplore-t-il.

Il y est retourné à d’autres reprises où on lui a indiqué que l’organisme n’avait aucune responsabilité dans toute cette affaire.

«Je suis allé plusieurs fois à la SPA. Je me suis même fâché avec eux parce qu’ils ne voulaient rien savoir. Ils me disaient que ce n’était pas leur responsabilité. Ils m’ont dit: ‘‘C’est peut-être de votre faute si le chien est devenu comme ça’’. Mais ça faisait deux semaines que j’avais ce chien. Il n’est pas devenu féroce comme ça en deux semaines. Je leur ai dit qu’il l’avait mal évalué. Ç’a été un dialogue de sourds. Ils n’ont jamais rien voulu savoir.»

Pour lui, il est clair qu’il y a eu un manquement de la part de la SPAM. Sur la fiche de la chienne, il était indiqué qu’elle faisait de la prédation, mais on ne lui a pas expliqué ce que cela signifiait. «Le jour de l’adoption, on arrive, on est content. La technicienne nous sort le papier de la chienne et elle nous lit ce qui est marqué. Elle nous lit que le chien fait de la prédation comme si elle nous disait qu’il fait pipi à côté, elle nous lit ça comme si c’était trois fois rien. Sur le coup, quand on n’est pas renseigné, on se dit qu’elle va peut-être japper. Elle ne nous dit pas que c’est une tueuse de chiens. Vous pensez bien que si elle nous avait dit ça, on en aurait pris un autre.»

Il ne comprend pas que la SPAM ait laissé sa famille adopter cet animal. «On n’aurait jamais dû à la base avoir cette chienne. Vous imaginez si ma fille l’avait promenée et qu’elles auraient croisé un petit chien? On n’avait pas le profil pour cette chienne. C’est sûr et certain, mais ils nous l’ont donnée quand même. On ne la connaissait pas, on aurait pu en prendre une autre. Avec deux filles en bas âge, c’est sûr qu’on ne l’aurait pas adoptée. Je leur ai dit: ‘‘Vous avez fait une erreur, ça peut arriver, vous avez mal évalué le chien, mais au moins reconnaissez-le, et faites quelque chose pour ne pas que ça recommence’’. Jamais ils n’ont reconnu quoi que ce soit.»

À la suite de la mise en demeure qu’il a reçue de la propriétaire du yorkshire, ses assurances lui ont remis 2000 $.

Il a de l’empathie pour la dame. «Je sais que ça a été un traumatisme pour elle. Ça a été l’enfer.»

Il a contesté les constats d’infraction. Il affirme qu’aucun responsable de la SPAM ne s’est déplacé en cour municipale, mais l’organisme a convoqué la propriétaire du yorkshire pour qu’elle témoigne contre lui.

Il avait reçu un constat de 76 $ parce que son chien s’était échappé et un autre de 320 $ parce qu’il avait mordu un autre animal. Le juge a annulé celui de 320 $.

Il n’a jamais utilisé le crédit offert par la SPAM. «Pensez-vous que je suis retourné à la SPA en prendre un autre?»

Il a su que son chien avait été abandonné par le passé. «Je leur ai demandé pourquoi elle avait été abandonnée. On m’a répondu que c’était confidentiel. Est-ce qu’elle avait déjà agressé un autre chien? Je ne le saurai jamais.» Il ne sait pas si la SPAM l’a euthanasiée ou remise en adoption après l’avoir reprise.

Il a pensé poursuivre la SPAM mais il ne voulait pas revivre ce qu’il qualifie de traumatisme. «Ça a été très lourd à gérer. On ne l’a pas eue longtemps, mais la famille était attachée à elle. Les filles demandaient: ‘‘Qu’est-ce qu’on va faire de Louna?’’.»

La SPAM a préféré ne pas commenter ce dossier.