Le migration interrégionale est un des facteurs qui influencent la population d’une région, comme l’accroissement naturel, la migration interprovinciale et l’immigration internationale.

Solde migratoire: meilleurs résultats depuis 20 ans pour la région

Trois-Rivières — La Mauricie et le Centre-du-Québec affichent en 2016-2017 leurs meilleurs résultats en terme de solde migratoire interrégional au Québec depuis au moins 20 ans. Et ce bilan favorable joue un rôle de premier plan dans la croissance démographique: sans ce solde positif, la population de la Mauricie serait en décroissance.

Le coup d’oeil sociodémographique dévoilé mardi par l’Institut de la statistique du Québec révèle que la Mauricie a un gain net de 1127 personnes provenant de la migration interrégionale. Ce résultat surpasse largement celui de 2015-2016, avec un solde positif de 710 personnes.

Les statistiques de 2016-2017 démontrent que 6729 personnes vivant ailleurs au Québec sont devenues des citoyennes de la Mauricie, alors que 5602 résidents de la région se sont installés dans d’autres secteurs du Québec

Le Centre-du-Québec affiche la même tendance. En 2016-2017, le solde est de 1247 personnes (7000 qui ont adopté la région, 5753 qui l’ont quittée). Un an auparavant, le bilan migratoire était de 913 personnes.

La bonne mine affichée par le bilan migratoire interrégional en 2016-2017 est une première depuis au moins 20 ans, soit depuis 1998-1999.

«C’est une tendance qu’on voit depuis quelques années. Mais si on retourne à 1998-1999, les deux régions étaient en situation déficitaire», explique Martine St-Amour, démographe à l’Institut de la statistique du Québec.

Ces données ont leur poids dans la population de la région. La population totale de la Mauricie a augmenté de 1028 personnes entre 2016 et 2017, une hausse inférieure à la performance de 1127 personnes provenant du bilan migratoire interrégional.

«C’est en raison de l’accroissement naturel qui est négatif, mentionne Mme St-Amour. La Mauricie est une des seules régions où l’accroissement naturel est négatif. La population est âgée, il y a eu 530 décès de plus que le total des naissances. Le solde migratoire interrégional est le plus gros facteur de croissance.»

Du côté du Centre-du-Québec, la population a augmenté de 1880 personnes entre 2016 et 2017. Même si l’accroissement naturel est positif dans cette région, le solde migratoire interrégional, avec ses 1247 personnes, est le facteur ayant le plus contribué à cette croissance.

«C’est le cas pour plusieurs régions», ajoute Mme St-Amour.

Emploi et éducation postsecondaire
Si l’Institut de la statistique du Québec ne peut identifier avec précision les raisons qui expliquent ce portrait, les facteurs généraux peuvent être à l’origine de cette tendance. Et les deux premiers facteurs sont la présence de maisons d’enseignement offrant de la formation postsecondaire et la vigueur de l’économie.

«Pour les jeunes dans la vingtaine, la propension à migrer est la plus élevée pour la poursuite d’études postsecondaires. Donc, il y a tout ce qui peut inciter des jeunes à demeurer dans leur région et ce qui peut aller chercher des jeunes d’autres régions. Le solde migratoire est relié à la performance économique. Le marché de l’emploi peut jouer: la disponibilité d’emplois peut inciter des gens à rester en région et en attirer. Ce qu’on constate dans les deux régions, c’est que le nombre de personnes qui ont quitté n’a pas bougé. C’est le nombre de personnes qui entrent. Donc, la force d’attraction s’est améliorée dans les deux régions», estime Mme St-Amour.

Autre facteur intéressant dans ce portrait dévoilé par l’Institut de la statistique du Québec, le solde positif pour les deux régions s’observe dans la majorité des tranches d’âge.

La Mauricie affiche un tel bilan dans toutes les classes d’âge. Au Centre-du-Québec, seule la catégorie des 15-24 ans montre un bilan négatif.