Annette Beaulieu en a long à dire sur sa mésaventure.

Soirée d'enfer pour une septuagénaire au terminus d'autobus de Trois-Rivières

En raison du zèle qu'elle qualifie d'excessif d'un chauffeur d'autobus de la compagnie Orléans Express, une dame de 76 ans originaire de Québec a eu peur de devoir passer une nuit entière au terminus d'autobus de Trois-Rivières en début de semaine.
N'eut été l'intervention d'une jeune femme inconnue, Annette Beaulieu croit qu'elle n'aurait jamais pu monter à bord, lundi dernier, de l'autobus de 23 h 45 en direction de Québec. Ayant en main un billet émis pour le départ du lendemain à 13 h 20 - elle avait décidé de quitter Trois-Rivières une journée plus tôt - elle s'est butée à un chauffeur qui ne voulait, selon ses dires, sous aucun prétexte la laisser monter à bord car son billet n'indiquait pas la date du jour, et ce, même si une seule autre passagère était présente. Après plusieurs minutes de discussions, au cours desquelles le chauffeur aurait été méchant et grossier selon Mme Beaulieu, l'autre passagère a finalement acheté un billet valide pour ce trajet en se rendant sur le site du transporteur avec son téléphone portable. La septuagénaire a finalement pu monter à bord et rentrer chez elle.
«Il m'a dit que j'aurais dû appeler pour faire changer mon billet. Mais comme je ne prends pas l'autobus souvent, je n'ai pas pensé à ça. J'étais désespérée. C'est la première fois que je supplie quelqu'un. Il ne voulait rien faire pour m'aider. Il a même menacé d'appeler la police. C'est moi qui aurais dû faire appel à la police. J'ai voyagé à travers le monde et je n'ai jamais eu peur comme ça. Il appartient à ces entreprises d'assurer la sécurité de leurs clients», raconte Mme Beaulieu.
Du côté de la direction d'Orléans Express, on indique que le chauffeur en question est un employé sans histoire et qu'il a été interrogé par ses supérieurs relativement à cet incident. Selon Maurice Vaillancourt, directeur marketing et relations clients de Keolis Canada - Orléans Express, le chauffeur a indiqué qu'il se souvenait de cet événement et se rappelait que la dame en question lui avait indiqué qu'elle était fâchée contre lui à son arrivée à Québec. Il a par contre assuré à ses supérieurs qu'il n'avait en rien insulté la dame et qu'il avait suivi la marche à suivre lorsqu'une telle situation survient.
M. Vaillancourt se dit très malheureux d'apprendre qu'une cliente ait eu une mauvaise expérience en ayant recours aux services de son entreprise. Il tient d'ailleurs à indiquer que la dame n'aurait jamais été laissée seule au terminus trifluvien en pleine nuit, et ce, même si les chauffeurs ont comme mot d'ordre d'appliquer rigoureusement la politique de l'entreprise à l'effet que tous les passagers doivent détenir un billet valide et émis pour le départ qu'ils veulent prendre.
«Le chauffeur a accompagné la dame pour trouver une solution selon nos politiques. Jamais il n'aurait laissé une dame âgée seule dans la nuit. Cette dernière s'est finalement tournée vers l'autre cliente qui lui a acheté un billet et elle a embarqué dans l'autobus. Mais elle serait montée quand même car le mot d'ordre est de ne jamais jouer avec la sécurité d'une personne et si elle est en position vulnérable, il faut l'aider», explique-t-il, avant d'ajouter que le billet que détenait la dame pour le départ de 13 h 20 mardi lui avait été remboursé.
Comme le transporteur semble croire la version de son employé, Mme Beaulieu compte poursuivre ses démarches afin que des sanctions soient prises contre celui qu'elle n'hésite pas à qualifier «d'homme très méchant». Elle sommera donc prochainement Orléans Express de retrouver la jeune femme qui lui a acheté son billet afin de lui demander sa version de l'histoire. «Ils verront bien ce qu'elle a à dire.»
Meilleur service
Ça fait environ un an et demi que les billets délivrés par Orléans Express sont assignés à des départs précis. Auparavant, ils pouvaient être utilisés pour tous les départs à l'horaire entre les deux villes inscrites, et ce, pendant une période de temps assez longue. Selon M. Vaillancourt, cette nouvelle façon de faire a été mise en place afin de garantir une place aux détenteurs de billet ainsi que pour offrir des prix réduits pour les départs moins populaires.