Le ministère de la Santé et des Services sociaux s'intéressera de plus près à la qualité des soins dispensés dans les CHSLD de la région, dont le Centre Saint-Joseph.

Soins dans les CHSLD: le Ministère va s'en mêler

Les demandes de Johanne Frigon et Yves Donaldson, les deux préposés aux bénéficiaires à l'origine de la pétition qui circule présentement dans les établissements du CSSS de Trois-Rivières, commencent à porter fruit.
Le cabinet de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a été mis au courant du dossier. «On est au fait de cette pétition. On attend de la recevoir», a affirmé Florent Tanlet, attaché de presse de Mme Vien.
Des démarches sont présentement en cours pour une éventuelle rencontre entre les deux préposés et un représentant du ministère de la Santé et des Services sociaux. Toutefois, le moment de la rencontre demeure encore inconnu.
Johanne Frigon, qui travaille au Centre Saint-Joseph, se réjouit du développement de la situation. «Bien sûr! J'en suis heureuse! C'était le but de notre démarche», a-t-elle indiqué au Nouvelliste en entrevue téléphonique.
Elle profitera de l'occasion pour faire le point sur les conditions de travail qu'elle et M. Donaldson déplorent dans leur pétition.
«Je vais leur dire la vérité sur le fonctionnement qu'on nous oblige, entre guillemets, à faire.» Mme Frigon fait ainsi référence à la méthode de travail «en vrac», qui s'apparente plus à du travail à la chaîne qu'à des soins aux patients.
Elle espère faire réagir le gouvernement quant à l'embauche de personnel supplémentaire.
«Je m'attends à ce que le ministère voit vraiment ce qui se passe et qu'il débloque des argents pour engager du personnel régulier afin qu'on n'en manque pas et que les personnes âgées avec lesquelles on travaille puissent avoir les services auxquels elles ont droit», a-t-elle déclaré.
Son collège, Yves Donaldson, n'était pas disponible hier pour nous donner ses commentaires.
La députée de Trois-Rivières Danielle St-Amand, qui a servi d'intermédiaire entre M. Donaldson et le ministère de la Santé et des Services sociaux, n'a pas l'intention de participer à la rencontre.
«Nous, on a assuré qu'une rencontre puisse avoir lieu entre les intervenants concernés. Comme tel, il n'y a pas de présence de député qui est nécessaire dans ce contexte-là. Par ailleurs, ce qui est important pour nous, c'est que la rencontre ait bien lieu», a fait valoir la conseillère politique Marianne Méthot, au nom de Mme St-Amand.
Appui du syndicat
Le représentant syndical des préposés aux bénéficiaires du CSSS de Trois-Rivières, André Fleury, offre son appui aux signataires de la pétition.
«C'est bien évident que le syndicat est prêt à rencontrer le ministère, il n'y a pas de problème. On va les supporter, ces gens-là», a-t-il commenté.
Absent du bureau depuis trois semaines, M. Fleury a quand même pris connaissance du dossier et dit comprendre l'insatisfaction des employés.
«Selon les normes du ministère, il y a une pénurie d'infirmières mais pas de préposés aux bénéficiaires, mais tout le monde sur le terrain sait que ce n'est pas évident pour les préposés, qu'il y a beaucoup d'absences, a-t-il résumé. Les gens qui finissent leur quart de travail, en particulier ceux de jour, sont insatisfaits de leur journée par rapport aux conditions de travail qu'ils ont.»
Il partage l'avis de Mme Frigon et M. Donaldson quand ils considèrent que le manque de personnel serait responsable de la détérioration des soins.
«Il y aurait besoin de personnel supplémentaire. Le gouvernement dit qu'il n'a pas de budget, mais la clientèle s'alourdit tout le temps et je vous dirais que ça n'ira pas en s'améliorant.»
M. Fleury est d'avis que ce manque de personnel affecte les services offerts aux patients.
«C'est les résidents qui souffrent de tout ça. Si on peut mettre de la pression sur le ministère, je suis bien à l'aise avec ça», a-t-il conclu.