Le docteur Samuel Blain du CIUSSS-MCQ et le coordonnateur de l’organisme Refuge la Piaule de Drummondville, Francis Lacharité.

Soigner les gens là où ils sont

DRUMMONDVILLE — Des initiatives régionales pour améliorer les interventions auprès des personnes en situation d’itinérance il s’en fait à tous les jours en Mauricie et au Centre-du-Québec. C’est là un des constats rassurants qui ressort du Forum régional en itinérance, tenu mardi à Drummondville. Un constat rassurant, mais qui rappelle encore et toujours l’importance d’innover pour continuer de répondre aux besoins très importants.

Équipes de proximité en itinérance, fiducie volontaire, programme de transition de la détention vers la communauté et programme d’accompagnement justice-santé mentale ne sont que quelques exemples de ce qui a été présenté lors de ce forum.

L’une de ces initiatives, proposant des soins de proximité en santé mentale, permet depuis 2014 de rejoindre les clientèles en itinérance là où elles sont plutôt que d’attendre, souvent en vain, que ces personnes réclament par elles-mêmes des soins de santé auprès des différents intervenants. Ainsi, infirmières, intervenants pivots, médecins omnipraticiens et psychiatres sont en contact constant avec les intervenants du milieu communautaire pour détecter des clientèles vulnérables et aller à leur rencontre aux quatre coins de la région.

L’objectif sera d’abord de proposer des solutions adaptées pour ces personnes, explique le docteur Samuel Blain, médecin-conseil en Santé publique et chef de service du volet médecine de proximité au CIUSSS-MCQ. «Si, par exemple, on a une personne qui a une problématique en santé mentale, en toxicomanie, qui est judiciarisée et qu’en plus c’est une personne autochtone, si elle va cogner à un endroit et obtient un suivi en santé mentale sans qu’on prenne en considération toutes les autres facettes de sa vie, elle va être désincarnée là-dedans», constate le docteur Blain, ajoutant que la philosophie de la médecine de proximité est davantage basée sur la relation d’être. «On traite une position plus qu’un seul problème», ajoute-t-il.

Écoles de rue

À Victoriaville, puis à Drummondville, des initiatives d’«écoles de rue» ont vu le jour dans les dernières années. Ces écoles dites alternatives permettent à des clientèles de jeunes de 18 à 30 ans, pour qui le milieu scolaire traditionnel s’est avéré un échec, de raccrocher à leur rythme, sans avoir nécessairement un objectif de diplomation mais surtout un objectif de motiver les jeunes vers un projet, un objectif, leur évitant de basculer vers une rupture sociale.

«L’école n’a pas de critères d’exclusion. Si un élève entreprend un parcours et décide de quitter, il peut revenir quand il veut. On obtient des résultats intéressants. Il y en a qui vont raccrocher et se diriger par exemple vers un diplôme d’études professionnelles, mais il y en a pour qui la réussite va simplement se traduire par l’adoption de meilleures habitudes de vie. C’est aussi une victoire en soi», constate Francis Lacharité de l’organisme Refuge la Piaule de Drummondville, qui coordonne le programme d’école de rue dans cette ville. Tout près d’une soixantaine de jeunes peuvent y transiter chaque année.