Daniel Rioux, directeur de Tourisme Trois-Rivières, a été le premier patient connu dans la région à être infecté au coronavirus. Du même coup, il a dû se retrousser les manches pour l’industrie touristique qui a gravement souffert de la pandémie.
Daniel Rioux, directeur de Tourisme Trois-Rivières, a été le premier patient connu dans la région à être infecté au coronavirus. Du même coup, il a dû se retrousser les manches pour l’industrie touristique qui a gravement souffert de la pandémie.

Six mois de pandémie...et de défis

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’était le 11 mars 2020, il y a exactement six mois. Le premier cas de coronavirus allait se déclarer dans la région. Daniel Rioux, directeur de Tourisme Trois-Rivières, fraîchement rentré d’un voyage d’affaires à Paris, devenait le premier cas déclaré sur le territoire, et allait bien malgré lui infecter d’autres collègues, forçant la fermeture immédiate de tous les bureaux liés à Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières.

Si à l’époque, M. Rioux préférait ne pas être identifié publiquement parce qu’il vivait une forme de chasse aux sorcières, il ne se gêne plus pour en parler aujourd’hui. «Avec près de 65 000 cas au Québec maintenant, si tu ne connais pas quelqu’un qui l’a eu, tu as un problème», lance-t-il en riant, ajoutant qu’on connaît davantage la maladie aujourd’hui et qu’on en sait plus sur ses répercussions.

Une vision qui rejoint celle de Carol Fillion, président et directeur général du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec. «La différence entre il y a six mois et maintenant, c’est qu’avant, on ne connaissait pas le virus, et il nous faisait peur. Maintenant, on a affaire à quelque chose qu’on connaît mieux, on a appris comment vivre avec la COVID dans notre environnement», considère-t-il, précisant l’importance toujours de ne pas baisser la garde face au virus.

Pour Daniel Rioux, les symptômes n’auront pas été très importants, sinon que dérangeants. Par contre, jamais il ne voudra baisser cette garde, si importante selon lui. «Je n’aime pas parler de moi comme pouvant être un cas type. Il y a des gens de 70 ans qui s’en sortent très bien, comme il y a des gens de 40 ans qui ont été très affectés. Je vais continuer de respecter les mesures, je prends ça très au sérieux», mentionne-t-il.

Tourisme

«Ça fait seulement six mois, mais on dirait que dans ma tête, ça fait trois ans. Il s’est passé tellement de choses depuis», raconte celui qui, dès les premières heures de la pandémie, a voulu continuer de travailler fort pour cette industrie touristique qui allait visiblement changer complètement de visage.

«Normalement, nous on agit sur l’offre. Maintenant, le problème est sur la demande. Si les gens n’ont pas confiance, ne veulent pas faire d’activités, c’est plus difficile. On n’a jamais connu ce problème-là en tourisme et ça devient un important défi», considère le directeur de Tourisme Trois-Rivières, qui dit tout de même plancher sur plusieurs projets, mais qui ne cache pas que l’industrie ne traverse évidemment pas une période facile.

«On ne peut pas avoir pire que ce qu’on a passé là. Même si ça devait durer encore un an. On est prêt à ça, on ajuste les budgets en conséquence. Le tourisme en général, c’est toujours une industrie qui s’adapte, qui se retourne sur un dix cents, qui résiste et qui résiste», mentionne-t-il, soulignant plusieurs bons coups réalisés cet été, dont les projets de terrasses, des restaurateurs de même que plusieurs entreprises de plein air qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu à coup de nouvelles idées et de créativité.

Épicentre

L’organisme Innovation et développement économique Trois-Rivières (IDE) s’est donc retrouvé bien malgré lui au cœur de la crise du coronavirus, en devenant du jour au lendemain à la fois le premier foyer d’éclosion de la région avec cinq employés infectés, mais également l’épicentre de la relance économique qui est rapidement apparue comme vitale dans cette crise.

«Ça nous a demandé beaucoup de résilience, mais aussi de réagir très rapidement. On a offert du soutien psychologique, on a essayé autant que possible d’être là pour notre monde. Ça n’a pas été facile», raconte le directeur général Mario De Tilly. Ce dernier, en même temps qu’il voyait au bien-être de son personnel, devait s’assurer de mettre en branle rapidement le télétravail. Une crise économique majeure se pointait à l’horizon, et IDE allait forcément être interpellé.

«Il fallait être prêt et agir, et je crois que c’est ce que nous avons fait. L’ensemble de l’équipe a travaillé des heures incalculables depuis ce temps, on n’a pas compté notre temps», signale-t-il, rappelant que depuis six mois, ce sont près de 500 interventions qui ont été faites en entreprise, dont un bon nombre ont pu compter sur de l’aide financière et de l’accompagnement.

La perspective d’une deuxième vague soulève évidemment des questionnements, même si plusieurs initiatives prises depuis mars demeureront en place de façon permanente. «Mais si une autre crise devait nous frapper de façon aussi importante, on manquera de sous. On ne connaît pas pour le moment l’ampleur des dégâts, mais il y aura des choix à faire pour lesquels le gouvernement devra répondre», croit M. De Tilly.