François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères.
François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères.

Site de l'ancienne Belgo:  un carrefour des technologies vertes du 21e siècle?

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que la démolition de l’ancienne usine Belgo de Shawinigan vient de s’amorcer, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, lance l’idée d’un carrefour des technologies vertes du 21e siècle comme future vocation du site industriel.

«Je souhaiterais qu’on utilise ce site-là. On pourrait faire un centre innovant sur les énergies de demain. Pourquoi pas?», a-t-il suggéré vendredi en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

Même s’il précise que «c’est évidemment aux citoyens et à la Ville de décider», le député de Saint-Maurice-Champlain croit néanmoins qu’on pourrait y consolider toutes les PME qui évoluent dans les technologies vertes.

«J’ai souvent voulu dire: pourquoi on ne parle pas de la Vallée de l’énergie verte? Déjà, on a beaucoup d’entreprises qui sont dans des domaines de haute pointe», fait-il remarquer tout en évoquant le plan vert du président élu des États-Unis, Joe Biden.


« Je souhaiterais qu’on utilise ce site-là. On pourrait faire un centre innovant sur les énergies de demain. Pourquoi pas? »
François-Philippe Champagne

À son avis, il faut se demander «comment on peut repartir de nos origines qui étaient l’hydroélectricité et penser vers l’avenir». «Il y a quand même un caractère historique. On est juste à côté du barrage. Si tu penses à l’électricité aujourd’hui, c’est l’énergie verte de demain. Si ça a été une grande partie de notre croissance économique au Québec, c’est parce qu’il y a eu un choix qui a été fait à un moment donné», a ajouté le ministre Champagne.

Interrogé à savoir si le gouvernement fédéral pouvait donner un coup de pouce dans la décontamination du site, celui-ci dit se rappeler de l’existence d’un fonds à cet effet alors qu’il était ministre de l’Infrastructure. «Je n’ai pas encore été sollicité. Il faut voir s’il y a matière à s’impliquer. C’est sûr qu’on va regarder», a-t-il fait savoir.

Train à grande fréquence

Dans le dossier du train à grande fréquence (TGF), celui-ci lance un cri du cœur pour que ça devienne une priorité non seulement pour Trois-Rivières et la Mauricie, mais aussi pour le Québec et l’Ontario.

«Je souhaite une plus grande mobilisation. On en parle plus ici que partout sur toute la ligne. J’ose croire que ce ne soit pas seulement Trois-Rivières qui le veut. Ce que j’essaie de faire, c’est de consolider les appuis sur le long de la ligne», a-t-il affirmé.

TGF: «Je souhaite une plus grande mobilisation»

Du même souffle, le ministre fédéral applaudit la Chambre de commerce, les intervenants et la communauté pour leur implication.

«Toutes les annonces sont faites à Trois-Rivières, ce qui fait sourire mes collègues qui me demandent toujours la raison alors qu’il s’agit d’un train de Québec à Toronto», a-t-il ajouté.

Ce dernier rappelle que «ça touche les grands centres du Québec et de l’Ontario». «Il faut que les ministres et premiers ministres provinciaux en parlent, que tout le monde mette ça sur le même pied que nous autres on l’a mis. J’ai été ministre de l’Infrastructure et je ne peux pas dire que quand je m’asseyais avec les autorités, que c’était la priorité que les gens m’amenaient», avoue M. Champagne.

Le ministre soutient toutefois que sa volonté est inébranlable. «J’ai créé le bureau de projet, j’y crois fermement», a-t-il insisté tout en faisant allusion aux démarches entreprises tant par la Chambre de commerce trifluvienne que l’hôtel de ville pour tenter d’élargir la mobilisation auprès des organisations municipales et économiques.

Par ailleurs, dans le dossier de l’aérogare de Trois-Rivières, la députée du Bloc québécois, Louise Charbonneau, lui demande de respecter sa promesse électorale de 2019 et verser les quatre millions de dollars annoncés.

«Quand on a déposé ce projet-là pour l’aéroport de Trois-Rivières, c’était dans un programme et ce programme-là a pris fin. Il y a eu une question d’échéance. Quand on m’en avait parlé et je l’ai dit haut et fort, c’était réglé parce que c’est ce qu’on m’a dit. Mais maintenant, force est de constater qu’il manquait quelques éléments qui étaient de nature plus bureaucratique qu’autre chose», a-t-il expliqué.

Pour lui, ça demeure un projet prioritaire dans la relance. «La pertinence du projet est là ainsi que la volonté de le réaliser et le faire. Il faut trouver le programme qui va nous permettre de le concrétiser. On n’est plus dans le pourquoi, on est dans le comment. Le projet est analysé et connu de tout le monde, maintenant il s’agit d’avoir la bonne enveloppe budgétaire», a précisé le ministre.

Finalement, François-Philippe Champagne dit avoir davantage la tête à la COVID-19 qu’aux prochaines élections fédérales qui pourraient avoir lieu plus tôt que tard en raison du statut minoritaire de son gouvernement.

Aérogare: «Il faut trouver le programme»

«J’espère que les gens vont voir avec le temps le travail accompli. Les actions parlent plus que les mots. Je rêve toujours d’avoir plus de collègues en Mauricie-Centre-du-Québec parce que ça nous permet d’avoir plus de voix pour faire avancer les priorités régionales», a-t-il conclu.