La présence du mur de l’ancienne usine Belgo aux abords du boulevard Pie-XII agace grandement le maire de Shawinigan, Michel Angers.
La présence du mur de l’ancienne usine Belgo aux abords du boulevard Pie-XII agace grandement le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Site de l'ancienne Belgo: le maire Angers demande un échéancier clair

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Shawinigan — Exaspéré que le mur de l’ancienne usine Belgo soit encore et toujours debout, le maire de Shawinigan, Michel Angers, demande au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de présenter un échéancier clair des prochaines étapes du processus qui permettra de faire disparaître ce vestige d’une usine qui est fermée depuis maintenant près de 13 ans.

Ayant récemment indiqué qu’il avait peu d’espoir de voir la structure qu’il qualifie de ruine être démolie avant la fin de 2020, il en a récemment eu la quasi-confirmation en apprenant que le contrat pour la caractérisation environnementale du site, qui inclut une analyse des matériaux et matières présents dans les bâtiments, n’avait pas encore été octroyé par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). L’appel d’offres visant à trouver l’entreprise qui effectuera ces travaux s’est en effet conclu la semaine dernière et le Ministère confirme avoir reçu six soumissions. Tant que la caractérisation environnementale n’est pas terminée, le Ministère ne peut donc pas encore s’avancer sur une possible date de démolition.

«Je m’attendais à ce qui ne se passe pas grand-chose cet été et ça se confirme encore une fois. Des travaux de caractérisation, je crois que ça aurait probablement pu se faire bien avant. Ça ne date pas d’hier qu’on parle de ça. Je redis encore une fois ce que je dis depuis longtemps: ‘‘est-ce qu’on pourrait avoir une échéance?’’ […] S’ils nous disent qu’ils ne le savent pas, je vais en douter grandement», martèle-t-il, allant cette fois jusqu’à dire que le Ministère devrait être plus transparent dans ce dossier.

Du côté du MELCC, on indique que l’étude de caractérisation constitue une étape essentielle avant de pouvoir entreprendre la démolition de ce vestige du passé shawiniganais. «Les travaux et conclusions de l’étude de caractérisation en cours permettront de mieux définir les opérations requises relatives à la démolition des bâtiments présents sur le site en fonction de la nécessité de procéder à celle-ci pour assurer la réhabilitation environnementale du site», indique la conseillère en communication au MELCC, Sophie Gauthier.

En ce qui concerne le contrat faisant l’objet du dernier appel d’offres, il a été adjugé le 31 août dernier et devrait être ratifié, donc officialisé, au cours des prochaines semaines.

En plus d’enlaidir le paysage de l’une des principales entrées de Shawinigan, le «mur» a causé des désagréments à des automobilistes au cours des derniers mois. En mai dernier, deux automobilistes qui circulaient sur le boulevard Pie-XII ont vu leur pare-brise être endommagé par une brique provenant de la structure. Un événement semblable s’était également produit en juillet 2019. Les victimes des deux récents incidents ainsi que le maire Angers avaient pointé l’état de la structure comme cause de ces malheurs.

Or, la Sûreté du Québec (SQ) avait ouvert une enquête sur un lien possible entre la présence d’individus sur le site de l’ancienne papeterie et les dommages subis aux pare-brise de deux automobiles à quelques minutes d’intervalle, le 16 mai en matinée. L’enquête n’a cependant pas permis de soumettre un dossier de méfaits au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Les enquêteurs de la SQ n’ont pas été en mesure de retracer le couple de joggeurs qui étaient les témoins principaux dans ce dossier.

Rappelons que deux jeunes hommes, âgés respectivement de 17 et 20 ans, avaient été interpellés et expulsés du site le 16 mai en avant-midi. Ils avaient alors été vus sur le toit. Aucune plainte concernant des dommages sur des véhicules n’avait été prise à ce moment-là. En raison des informations rapportées dans les médias, une enquête avait par la suite été ouverte pour méfaits sur véhicules, une infraction se retrouvant dans le Code criminel. Fait à noter, les deux jeunes hommes avaient reçu des constats d’infraction.