Le chef de division au Service d’incendie de Bécancour et adjoint au directeur, Ronald Sauvé, et le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, posant devant la seule maison qui fera l’objet d’un exercice de feu le 21 septembre prochain.

Site contaminé à Bécancour: démolition... et exercice de feu

Bécancour — Symboles bien malgré elles de la saga du site contaminé à Bécancour qui a éclaté au grand jour à la fin de 2017, les quatre maisons environnantes et inhabitées disparaîtront finalement du paysage d’ici le 1er avril 2020. Si trois d’entre elles seront démolies par leur propriétaire, soit la Société du parc industriel et portuaire, la quatrième sera réduite en cendres lors d’un exercice de feu prévu le 21 septembre par le Service de sécurité incendie de la Ville.

D’ailleurs, le temps semble s’être arrêté sur le chemin Louis-Riel depuis que les lieux ont été laissés vacants en 2018. Même si les ouvertures placardées donnent au secteur une allure de zone sinistrée, les bâtiments ont vraisemblablement été épargnés par les occupants illégaux.

Les trois maisons tomberont sous le pic des démolisseurs d’ici le 1er avril 2020, comme le souhaite la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Selon le maire Jean-Guy Dubois, une seule des quatre se prêtait à une pratique de feu «parce que tu n’as pas besoin de la défaire avant de la faire brûler». Dans le cas des trois autres, «le coût de préparation n’en valait pas la chandelle et il aurait fallu quasiment déshabiller la maison avant de la brûler». «Les normes sont tellement complexes, il faut calculer des coûts énormes pour faire enlever le bardeau d’asphalte, les fenêtres de plastique, l’amiante», explique-t-il.

Les trois maisons tomberont sous le pic des démolisseurs d’ici le 1er avril 2020, comme le souhaite la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Du côté de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, la démolition des trois maisons en question est prévue au budget 2019-2020. Ce qui fait que d’ici au 1er avril 2020, «elles ne seront plus là selon notre planification», fait savoir le président-directeur général, Maurice Richard, d’où les appels d’offres qui seront lancés en ce sens cet automne. «Le but d’acheter ça, c’était de les démolir», rappelle-t-il par rapport à leur acquisition qui remonte au début de 2018.

D’ailleurs, le chef de division au Service d’incendie de Bécancour, Ronald Sauvé, confirme que «ça ne prend pratiquement que du bois à brûler». «On n’en avait seulement une qui est conforme sur les quatre à pouvoir brûler immédiatement avec le peu de préparation qui reste à faire», précise-t-il. Car, en arrière d’un tel exercice, il y a des normes très strictes à suivre «dont éviter les contaminants lors d’un brûlage pour une formation».

Ainsi, si la température est favorable, l’exercice de feu aura lieu le 21 septembre prochain. «S’il y a des trop grands vents, on ne pourra pas parce qu’il faut éviter aussi la propagation d’incendie alentour dans le quartier ou dans la forêt ou les bâtiments en arrière. Parce que nous, on va brûler que la maison, on ne brûlera pas les petites remises qu’il y a en arrière», tient à indiquer M. Sauvé.

Cette maison est la seule qui pourra servir de formation au Service d’incendie de Bécancour.

Et il avance une autre raison d’annulation possible. «Si malheureusement la veille ou la nuit avant, on a eu un appel majeur dans la Ville, on n’aura pas les pompiers nécessaires pour cette journée-là durant la pratique. Si jamais il y a des événements au préalable, on va reporter la date», prévient-il.

L’adjoint au directeur du Service d’incendie de Bécancour tient à faire savoir que le but premier d’une mise à feu, c’est de la formation.

«On ne brûle pas pour brûler une maison, les normes sont strictes là-dessus. C’est toujours en arrière de ça un but de formation. Au départ, ça va être des petites mises à feu à l’intérieur dans des pièces, toujours contrôlées, et dans le but de démontrer des phénomènes à nos pompiers. À la fin, quand on aura terminé le volet prévention et formation, on va la laisser aller pour qu’elle brûle et nous, on va protéger», décrit-il.

Les trois maisons tomberont sous le pic des démolisseurs d’ici le 1er avril 2020, comme le souhaite la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Pour ce qui est des fameuses terres contaminées, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques cherche toujours une solution permanente et définitive pour restaurer l’endroit et faire cesser les rejets de contaminants autour du site.

«Ça fait au-dessus de deux ans qu’on travaille là-dessus. Actuellement, le site est soumis à des analyses des échantillons d’eau de toutes les maisons même si elles ne sont plus habitées. Et il n’y a aucun effet», rapporte le premier magistrat.

Par ailleurs, dit-il, «plusieurs essais pilotes devaient être faits sur les eaux de surface et souterraines, mais ils ne sont pas prêts à les faire parce qu’il y a des problèmes techniques majeurs à régler avant».

Quant à la mise en place d’un écran gelé (cryogénisation) pour contenir les matières dangereuses résiduelles enfouies sur le site, l’étude de préfaisabilité a été produite et le rapport fut soumis en 2019, soutient le maire. «Où est-ce que ça va aller avec ça? Point d’interrogation», admet M. Dubois.

En ce qui concerne l’option d’un écran d’étanchéité, «une solution quasiment ultime avec un recouvrement du site», le maire affirme «qu’avant de se rendre là, ils sont encore à déterminer la réactivité des matières qui sont enfouies dedans, de quelle façon elles pourraient réagir à être emprisonnées complètement».

«C’est ça qu’ils sont en train de faire actuellement. Ils analysent les scénarios, on attend. Mais de toute façon, il semblerait qu’il n’y a aucun dommage notable à l’environnement à court terme, mais ils continuent toujours. Il y a du travail qui se fait tant au niveau des études de cryogénisation qu’au niveau de l’écran d’étanchéité», résume-t-il.

On se rappellera que l’entreprise RAQ avait exploité un site d’enfouissement de matières dangereuses résiduelles au 7505, chemin Louis-Riel, dans le parc industriel de Bécancour, de 1986 à 2003, laissant le site très contaminé.