Sit-in des infirmières: le CIUSSS-MCQ veut des solutions à court terme

La direction du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec a convoqué d’urgence, lundi, une réunion afin d’évaluer les événements qui se sont produits à l’urgence et aux soins intensifs du CHAUR de Trois-Rivières cette fin de semaine. Du coup, la direction dit vouloir plancher le plus vite possible sur des solutions à apporter à très court terme pour contrer autant que possible la pénurie de main-d’oeuvre en soins infirmiers.

Rappelons que samedi, lors de leur entrée au travail à 16h, les infirmières du quart de soir ont constaté qu’il manquait trois infirmières pour compléter l’équipe. Elles ont choisi de ne pas entreprendre leur quart de travail en effectuant un sit-in. L’équipe précédente a alors dû, selon son code de déontologie, demeurer en fonction jusqu’à 20 h, le temps que les infirmières supplémentaires arrivent.

La même situation s’est produite au changement de quart à minuit, puis une troisième fois à l’unité des soins intensifs le lendemain, car il manquait trois travailleurs sur les huit postes.

Malgré que la direction soit consciente de la difficulté de la situation actuelle, elle déplore que les infirmières en soit venues à de telles mesures. «On trouve ça déplorable et on aurait aimé qu’elle n’utilisent pas ce moyen, c’est bien évident. Maintenant, nous allons nous réunir à très court terme, dès ce jeudi afin de plancher sur des pistes de solutions rapides, et le syndicat a accepté de collaborer pleinement avec nous. Pour nous, ce sont de bonnes nouvelles», a déclaré Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS-MCQ.

M. Brunelle confirme que le CIUSSS est conscient de la situation et très préoccupé par les événements. «Nous savons que ce n’est pas facile et que le contexte actuel rend la chose encore plus difficile pour nos employés. Oui, il y a la situation dans les urgences, il y a aussi des cas d’influenza qui peuvent affecter le personnel, et nous sommes encore en période de vacances. Mais nous voulons trouver des solutions et c’est pourquoi nous nous sommes réunis d’urgence aujourd’hui (lundi) avec les gestionnaires cliniques et nos partenaires syndicaux. Le syndicat s’est montré ouvert à collaborer», mentionne-t-il.

Maintenant, la réunion de jeudi devra, souhaite M. Brunelle, débloquer sur des solutions concrètes à court terme. Il rappelle que des efforts sont mis à l’heure actuelle sur l’embauche massive de personnel et que 200 nouvelles infirmières devraient avoir été embauchées d’ici le printemps. Les initiatives sont déployées sur le terrain pour embaucher, même si la pénurie de main-d’oeuvre se fait sentir à la grandeur de la province.

Pour sa part, le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec rappelle que les sit-in ont été des mouvements spontanés des infirmières en place qui souhaitaient exprimer qu’elles étaient à bout de patience devant la situation qui prévaut. «On gère vraiment une situation de crise alors les membres sentaient qu’elles étaient rendues là. Ça fait des mois qu’on déplore la situation et là, c’est pire que pire alors les infirmières ont décidé que c’en était assez, qu’elles voulaient travailler avec le personnel requis pour le faire», indique Nathalie Perron, présidente du syndicat, qui rappelle que la pénurie de personnel a un impact direct sur les soins aux patients et même la sécurité tant du personnel que des usagers.

Même son de cloche pour le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers (CSN) en Mauricie et au Centre-du-Québec, Pascal Bastarache. «On le sait et on le sent que la pénurie a des répercussions sur le plancher. Nous avons beaucoup de membres, beaucoup de familles qui dénoncent la situation, la dure réalité pour les préposés aux bénéficiaires. Et le dernier rapport sur les accidents et les incidents le démontre. La population commence d’ailleurs à comprendre que tout ça est relié, que la pénurie a forcément un impact sur la santé et la sécurité des usagers. Pour nous, ce sont des situations qu’on vit à tous les jours», indique celui qui ajoute qu’il n’est pas rare non plus pour un préposé aux bénéficiaires d’entrer au travail et qu’il manque plusieurs effectifs sur l’équipe. 

En 2016-2017, le taux d’absentéisme pour les préposés aux bénéficiaires était de tout près de 23 %, metionne Pascal Bastarache, qui estime à environ 350 le nombres de préposés qui manquent sur le territoire du CIUSSS-MCQ pour répondre à la demande.

Lundi après-midi, les urgences de Trois-Rivières et Drummondville étaient encore en débordement avec des taux d’occupation sur civière de 120 % et 121 %. Les urgences de Louiseville et Fortierville affichaient complet alors que l’occupation sur civière était à 95 % du côté de Shawinigan.