Des infirmières et infirmières auxiliaires du CHSLD Louis-Denoncourt ont fait un sit-in, samedi matin, pour protester contre le manque de personnel qui les force à travailler en sous-effectifs et à faire des heures supplémentaires.
Des infirmières et infirmières auxiliaires du CHSLD Louis-Denoncourt ont fait un sit-in, samedi matin, pour protester contre le manque de personnel qui les force à travailler en sous-effectifs et à faire des heures supplémentaires.

Sit-in au CHSLD Louis-Denoncourt

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le manque de personnel a de nouveau poussé des employées de la santé dans la région à faire un sit-in, samedi matin. Cette fois, c'est au CHSLD Louis-Denoncourt, à Trois-Rivières, que des infirmières se sont présentées sur leur lieu de travail, mais ont refusé de commencer leur quart de travail tant que le personnel manquant n'était pas trouvé.

Selon une infirmière qui a contacté Le Nouvelliste pour faire état de la situation, celle-ci est critique depuis déjà un moment. 

«Il y a du temps supplémentaire obligatoire (TSO) chaque semaine, presque un jour sur deux. Une fois, j'ai été obligée de rester la nuit à temps et demi quand le coordonnateur offrait à une autre infirmière auxilliaire de rester à temps double, puisqu'elle travaille pour une agence. Et avec l'arrêté ministériel, c'est pire, on est obligé de travailler cinq jours par semaine, plus le TSO. Si on prenait les gens avec leur disponibilité, par exemple quatre jours par semaine, il y aurait moins de maladie. Les trois quarts du personnel sont en arrêt maladie et il y a eu deux démissions», dénonce cette infirmière, qui a préféré demeurer anonyme par crainte de représailles. 

Elle ajoute que bien que le syndicat recommande aux employés de remplir un formulaire pour déclarer que la situation est dangereuse, la plupart d'entre eux n'osent pas le faire, car leur nom se retrouverait au bas du formulaire. 

«En tant qu'infirmière, je ne veux pas perdre ma licence, avoir une tache à mon dossier. Même en faisant ce sit-in, nous avons peur des représailles aujourd'hui», poursuit-elle. 

Le sit-in s'est terminé peu après 9h, samedi, après qu'une infirmière auxiliaire ait été envoyée en renfort à l'équipe de travail. Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec qu'il manquait bel et bien deux employés au CHSLD Louis-Denoncourt samedi matin, et qu'une infirmière a été affectée en renfort. On indique également qu'un préposé aux bénéficiaires était présent «en surplus à la structure», ainsi que quatre aides de service. 

Le CIUSSS reconnaît également que la situation de la main-d'oeuvre, en particulier au niveau des infirmières et des infirmières auxiliaires, est difficile, non seulement au CHSLD Louis-Denoncourt, mais aussi dans plusieurs installations. Il y a deux semaines, le manque de personnel, au niveau des préposés aux bénéficiaires, avait été dénoncée au CHSLD Saint-Joseph. (https://www.lenouvelliste.ca/actualites/manque-criant-de-personnel-au-chsld-saint-joseph-e81ddc053f5c14b5be30975fc28006ab)

Rappelons que ce n'est pas la première fois cette année qu'une telle action est entreprise par des employés du CIUSSS. En août dernier, des infirmières du programme de médecine familiale à l'hôpital régional de Trois-Rivières (CHAUR) avaient fait un sit-in pour dénoncer le manque de personnel. Elles avaient fait la même chose en janvier. 

«C'est chronique»

Contactée par Le Nouvelliste, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPS-FIQ), Nathalie Perron, a dit être au courant de la situation. Elle comptait se rendre sur place pour constater la problématique.  

«C'est chronique, toutes les fin de semaine, on est en sous-effectif, même si on embauche des infirmières d'agence et même si des cadres viennent travailler. Il y a beaucoup d'endroits où c'est problématique. On manque de monde pour donner les soins et les pilules, il y a beaucoup d'arrêts-maladie», mentionne-t-elle. 

Mme Perron rappelle que l'arrêté adopté le printemps dernier par le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui permettait aux CIUSSS et CISSS du Québec d'obliger leurs employés à se rendre disponibles à temps plein et de réduire leurs vacances, a contribué à l'épuisement du personnel. 

«La CAQ a laissé en place l'arrêté ministériel alors qu'on n'avait aucun patient COVID. On s'en est servi parce qu'on manquait de monde», critique-t-elle. 

La présidente du SPS-FIQ affirme avoir interpellé le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, à plusieurs reprises au cours des deux dernières années. Elle n'a jamais été en mesure de le rencontrer pour lui parler des problèmes de personnel au CIUSSS. 

«C'est vraiment ordinaire de la CAQ et de notre député. Ils parlent, mais ne font rien, ils laissent des aptients sans soins complet et il n'y a personne d'imputable chez les cadres ici. Cela n'a aucun sens qu'un ministre de l'Emploi travaille pour ce secteur et ne fasse rien pour nous dans sa propre région. Nous sommes extrêmement déçus», critique-t-elle.