Les pompiers du service incendie de Bécancour ont participé samedi à une simulation d'incendie.

Simulation d’incendie à Bécancour: pompiers et policiers mettent leurs acquis à l’épreuve

BÉCANCOUR — Une trentaine de pompiers et policiers étaient sur les lieux d’un incendie qui a complètement détruit une maison du chemin Louis-Riel, à Bécancour, samedi. Si les flammes étaient bien réelles, il s’agissait cependant d’une simulation d’incendie, planifiée et sécuritaire.

Le service de sécurité incendie de la ville s’est servi de l’une des quatre propriétés situées près d’un site contaminé sur le chemin Louis-Riel. Ces résidences ont été acquises récemment par la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour. Cette dernière souhaite démolir ces bâtiments et a permis aux pompiers de se servir de l’un d’entre eux pour mener son exercice, qui visait à faire vivre aux pompiers différents scénarios d’incendie sur lesquels ils pourraient être appelés à intervenir un jour.

«On a fait différents scénarios, plus ou moins compliqués, explique le directeur du service incendie, Luc Desmarais. Ça permet d’amener tout le monde à un niveau plus élevé de formation.»

Parmi ces scénarios, les 28 pompiers présents ont vécu un feu de cuisinière, un feu électrique et un autre dans un divan. L’après-midi, cependant, puisque la Société du parc industriel souhaitait de toute façon détruire le bâtiment, on y a mis le feu de manière à reproduire un embrasement généralisé. Les pompiers n’avaient alors pas la mission d’éteindre le brasier, mais plutôt de protéger le reste du terrain contre les flammes, notamment des remises situées à l’arrière de la maison et plusieurs arbres.

Cinq membres de la division d’enquête sur les incendies de la Sûreté du Québec ont aussi pris part à l’exercice. Ils devaient, une fois l’intervention des pompiers terminée, tenter de découvrir les causes de chaque feu simulé.

Le tout s’est fait, bien évidemment, sous haute supervision et à certaines conditions. Les pompiers pouvaient contrôler l’intensité de chaque feu, ainsi que la température - sauf pour le dernier brasier, lors duquel le mercure déjà élevé en début d’après-midi a fortement grimpé à proximité de la maison. Quelques curieux sont venus voir la scène impressionnante, mais ont gardé leurs distances. Une scène qu’ils ne devraient d’ailleurs pas revoir de sitôt dans la région, du moins, pas dans le contexte d’un exercice.

«Ça faisait 20 ans qu’on n’avait pas fait de simulation, compte tenu de toute la préparation, qui est assez ardue. On a travaillé, au bas mot, trois semaines à préparer le bâtiment. On a mis beaucoup de temps là-dessus et là, on se rend compte qu’on en manque, de temps», résume M. Desmarais.

Le service incendie a en effet dû s’assurer qu’il ne restait aucun matériau dommageable pour l’environnement dans le bâtiment au moment d’y mettre le feu. Les trois autres bâtiments n’ont pas été utilisés pour cette raison: il aurait été trop coûteux d’en retirer le bardeau d’asphalte, les fenêtres de plastique et, dans certains cas, l’amiante servant d’isolant.

Les trois autres bâtiments devraient être démolis, par d’autres méthodes plus conventionnelles, d’ici le 1er avril 2020.