Daniel Landry, enseignant en sociologie, devant un groupe d’étudiants du Collège Laflèche.

Simulation de vote: Québec solidaire l’emporte!

Trois-Rivières — Si ce n’était que des 56 étudiants qui ont pris part à une simulation de vote, jeudi, au Collège Laflèche, c’est Québec solidaire qui dirigerait le Québec pour les quatre prochaines années, après le 1er octobre.

C’est une tradition maintenant dans cet établissement, à l’approche d’élections, d’offrir aux étudiants un cours 101 sur le système politique québécois ou canadien puis d’organiser une simulation de vote. Le résultat est parfois assez intéressant. Les étudiants avaient en effet reflété, dans leur vote, la montée spectaculaire du NPD de Jack Layton, en 2011, au palier fédéral. Leurs intentions de vote, cette fois-ci, contredisent les sondages.

Sur 56 bulletins de vote, trois ont été rejetés car, comme l’ont rappelé les trois enseignants qui ont offert la formation, jeudi, on ne peut pas mettre des gribouillis ou des coeurs dans la case où il faut mettre un X. Cela donne donc 1 vote pour le NPD-Québec, 3 pour le Parti québécois et tenez-vous bien, le Parti libéral et le Parti vert arrivent nez à nez avec 9 votes chacun. Précisons qu’un des bulletins rejetés allait au PLQ. La Coalition avenir Québec recueille 13 votes, mais c’est Québec solidaire qui remporte la part du lion avec 19 votes.

Suzanne Page, qui enseigne l’économie au Laflèche, a expliqué aux étudiants que «possiblement, si vous allez voter, si VOUS allez voter... Pas moi... Si votre tranche d’âge va voter, il va peut-être y avoir des changements.»

C’est que les électeurs, explique-t-elle, ont des priorités différentes en fonction de leur tranche d’âge et ce sont ceux qui votent qui font changer les choses à leur avantage. Daniel Landry, enseignant en sociologie, a rappelé que de nombreux comtés sont gagnés à l’avance. Dans certains autres, toutefois, libéraux et caquistes se disputent une chaude lutte. «Il y a peut-être 60 ou 70 circonscriptions au Québec (sur 125) où l’on connaît déjà pas mal le résultat», dit-il. Pour une vingtaine d’autres, l’issue du vote demeure un mystère et «ça va être là que va se jouer l’élection», explique-t-il.

Daniel Landry y est même allé de ses propres prédictions et elles sont extrêmement serrées: 55 pour la CAQ et 48 pour le PLQ, 16 pour le PQ et 6 pour QS. «Ce n’est pas basé sur une opinion politique», précise-t-il, mais plutôt sur certains sondages et des sites Web qui se spécialisent à faire des modèles statistiques.

Pour Alexandra Malenfant-Veilleux, qui enseigne la psychologie au Collège, il faut en prendre et en laisser, en matière de sondages.

On entend souvent parler que les sondages auraient des effets comme le vote stratégique (voter pour un parti pour éviter que l’autre entre), l’effet d’entraînement (les gens ont l’air de voter pour ce parti-là, alors moi aussi), l’effet boomerang (il y a un courant dominant qu’on va souhaiter remplacer), l’absence des électeurs aux urnes (notre parti est tellement en avance ou en retard que je n’irai pas voter parce que ça ne donne rien) et finalement, le désintérêt des électeurs face au programme des partis au profit de la course à la victoire des chefs.

«Pourtant, personne n’avait prédit l’ampleur de la vague adéquiste de 2007 au Québec, ni celle de la vague orange au fédéral en 2001, ni les élections provinciales de 2013, en Colombie-Britannique, de 2014 en Ontario, de 2015 en Alberta et de 2018 au Nouveau-Brunswick qui ont donné des résultats très inattendus», signale Mme Malenfant-Veilleux.

Cette dernière indique que des études sérieuses démontrent que «oui, il existe un risque que les sondages détournent l’attention du contenu, mais ce n’est pas trop préoccupant.» Les soi-disant effets pervers des sondages seraient négligeables, estiment des spécialistes «parce qu’on n’a jamais réussi à en démontrer les effets», explique-t-elle.

«Il y a d’autres chercheurs qui disent que ce n’est pas parce qu’on n’a pas démontré les effets qu’ils sont si négligeables que ça. Or, la seule raison pour laquelle ont ne réussit pas à les démontrer, c’est que c’est presque impossible d’isoler le seul effet des sondages sur l’influence sociale», dit-elle.

Bref, il faudra attendre le 1 er octobre pour voir si les étudiants du Laflèche auront encore fait une prédiction dans le mille.