Impossible pour le moment de savoir ce qu’il adviendra de l’avenir des Aigles Can-Am à Trois-Rivières.

Silence radio chez les Aigles

Trois-Rivières — Bien malin celui qui pourrait, à ce jour, deviner ce qu’il adviendra de l’avenir des Aigles Can-am de Trois-Rivières. Au lendemain de la décision du conseil municipal de reporter la décision d’octroyer une aide financière à l’équipe pour lui permettre d’assurer sa saison 2020, c’était silence radio jeudi du côté de l’organisation. Pendant ce temps, la Ville de Trois-Rivières confirme que la demande initiale du club était bel et bien de 150 000 $, mais qu’une bonne partie de cette aide concernait des dépenses récurrentes qui seraient désormais prises en charge par la Ville.

«La demande initiale était de 150 000 $», confirme le porte-parole de la Ville, Guillaume Cholette-Janson. Toutefois, après plusieurs négociations menées au cours des dernières semaines avec l’organisation, il a été convenu qu’une partie de cette aide relevait de frais encourus par les Aigles et que ces frais relevaient désormais de la Ville. De ces frais, notons 75 000 $ pour l’évolution des Aigles juniors, 15 000 $ pour des frais d’utilisation pour des équipes scolaires, par exemple celle du Collège Laflèche, et un autre 10 000 $ pour des frais d’entretien du terrain. Ainsi, outre l’aide de 275 000 $ octroyée annuellement aux Aigles, la Direction des loisirs absorberait des frais de 100 000 $ que la Ville accepterait désormais d’assumer.

«Dans son mandat, la Ville doit soutenir la pratique sportive, et également animer ses infrastructures sportives. Dans l’entente, la Ville prêtait le stade aux Aigles et en échange, les Aigles doivent gérer le stade et en assumer l’animation» relate Guillaume Cholette-Janson, qui explique donc que les négociations ont mené à cette proposition d’aide ponctuelle de 50 000 $, pour laquelle une majorité du conseil a voté en faveur d’un report de la décision une fois l’exercice budgétaire complété, en décembre prochain.

Or, le conseiller municipal François Bélisle, qui a voté en faveur de ce report, constate que ce délai aurait été probablement plus court que ça. Lui qui a pris part au processus de négociation avec l’organisation de l’équipe sportive estime que déjà en novembre, le conseil aurait eu une très bonne idée des orientations budgétaires de la Ville, des priorités à mettre de l’avant, en plus d’avoir eu en main des chiffres beaucoup plus précis quant au rapport financier de l’année 2019 pour les Aigles.

«Ça donne presque l’impression que l’on tente de faire passer sur le dos de la Ville une possible fermeture du club et ça, je ne l’accepte pas. Nous avons toujours été de bonne foi et de bonne volonté, et la porte n’est toujours pas fermée. On n’a pris aucune décision, la balle est dans leur camp», lance-t-il, faisant référence à la nécessité pour l’équipe de fournir les états financiers et des garanties que cet argent servira réellement à la pérennité de l’équipe, et non pas à sauver une seule saison.

Drôle de message

De son côté, le maire Jean Lamarche confirme s’être entretenu avec le président de l’équipe, Marc-André Bergeron, à la suite de la décision du report de cette résolution, un report auquel le premier magistrat s’est opposé mercredi après-midi, lui qui aurait voulu aller de l’avant avec une décision. «J’ai pu parler avec Marc-André Bergeron, et il est consterné. Il doit parler à ses partenaires, à la ligue aussi. Nous ne savons pas quelle sera la décision de l’équipe», mentionne M. Lamarche.

Ce dernier s’inquiète maintenant du message que le conseil municipal vient d’envoyer aux investisseurs de l’extérieur qui pourraient être tentés d’investir, par exemple, dans la venue d’une équipe de hockey au nouveau colisée. «Ça complique nos démarches, absolument! C’est un drôle de message qu’on vient d’envoyer et ça crée un déficit d’image à l’extérieur de la Ville pour quiconque aurait envie de venir investir dans un club sportif ici», relate-t-il.

Le maire se dit d’autant plus déçu que la présence des Aigles à Trois-Rivières génère non seulement des retombées économiques, mais représente également une activité familiale abordable pour les Trifluviens et les gens de la région. En outre, bien qu’il se dise sensible aux préoccupations de certains conseillers de devoir répondre à d’autres priorités fixées par la Ville, il estime que les dossiers n’ont pas à être tous en opposition, mais peuvent devenir complémentaires.