Le toponyme de Saint-Jean-des-Piles est disparu du panneau de la sortie 226 en 2017.

Signalisation des destinations sur l'autoroute 55: la proposition toujours à l’étude

SHAWINIGAN — Deux ans après avoir adopté une première résolution en ce sens, le conseil municipal de Shawinigan ne sait toujours pas ce que le ministère des Transports compte faire de sa demande sur l’affichage d’anciens villages fusionnés sur l’autoroute de l’Énergie.

«On insiste», mentionne le maire, Michel Angers. «Pendant mes vacances, j’ai pris l’autoroute 55 et j’ai bien vu les grosses inscriptions pour Sainte-Angèle. Pourquoi (la Ville de Bécancour) peut l’avoir et pas nous? On n’est pas capable de me donner d’explication et nous ne sommes pas les seuls. On ne lâchera pas le morceau.»

Lors de la séance régulière du 9 juillet, le conseil municipal a adopté une nouvelle résolution sur le sujet. La première avait été formulée le 22 août 2017.

Essentiellement, la Ville de Shawinigan réclame une signalisation directionnelle pour les secteurs Shawinigan-Sud (sortie 211), Saint-Gérard-des-Laurentides (sortie 217), Saint-Jean-des-Piles (sortie 226), le cœur villageois de Sainte-Flore (sortie 220), de même qu’une indication en bordure de la route 155, près de l’intersection de la route 153, pour le secteur Lac-à-la-Tortue.

Le MTQ a déjà expliqué qu’il privilégiait l’identification des rues transversales aux sorties lors des changements de panneaux. Il justifiait le cas particulier de Bécancour par le fait qu’il ne s’agissait pas d’une trame urbaine, mais d’une fusion de milieux ruraux. Une explication qui n’avait pas convaincu le conseil municipal de Shawinigan.

Les élus avaient été sensibilisés à la suite d’une pétition réalisée par un citoyen du secteur Saint-Jean-des-Piles, Michel Poirier, pendant l’été 2017. Il réclamait le retour du toponyme de son ancien village à la sortie 226. Depuis ce temps, le conseil municipal réclame un «traitement équitable» avec Bécancour.

«Nous avons fait des relances au MTQ et nous n’avons pas eu de réponse», déplore M. Angers. «Voilà pourquoi nous avons refait une nouvelle résolution. Nous relançons de façon systématique. Nous sommes toujours sur le dossier. Il faudra que le ministère nous donne des réponses.»

Proposition rejetée

Une semaine après que Le Nouvelliste eut demandé au MTQ où il était rendu dans sa réflexion, la porte-parole Émilie Lord a répondu en expliquant à quel point il s’agissait d’une affaire délicate, en raison notamment de ses impacts dans le reste de la province.

«La demande de la Ville de Shawinigan d’inscrire le nom des anciennes municipalités sur les panneaux de supersignalisation de sortie implique une analyse complexe du dossier et une possible révision de la norme», fait-elle remarquer. «Avant de se positionner, le Ministère veut s’assurer d’analyser l’ensemble des options et d’en évaluer les impacts sur l’ensemble de la signalisation de la province. Le Ministère fera part à la Ville de Shawinigan des résultats de cette démarche dès qu’ils seront connus.»

Visiblement, l’administration municipale connaissait les normes lorsqu’elle a entrepris son processus d’harmonisation. Mme Lord rappelle que sur les autoroutes en milieu urbain, le nom des routes transversales est utilisé pour guider les automobilistes.

«Le Ministère a collaboré avec la Ville de Shawinigan pour la sélection des mentions apparaissant dorénavant sur la signalisation de destination», rappelle la porte-parole. «Plusieurs rencontres et discussions ont eu lieu à ce sujet dès 2014.»

«Au début du processus d’harmonisation des noms de rues, le Ministère a présenté les normes de signalisation routière à la Ville de Shawinigan», poursuit Mme Lord. «Le Ministère a également proposé à la Ville de modifier le nom de certaines routes transversales afin d’y inclure le nom des anciennes municipalités, ce qui n’a pas été retenu par la Ville.»

Enfin, la porte-parole réitère que dans l’esprit de son ministère, la comparaison avec Bécancour ne tient pas la route.

«Puisque les agglomérations sont relativement éloignées les unes des autres et qu’il y avait très peu d’habitations entre chacune, la Ville de Bécancour est considérée comme un milieu rural», explique-t-elle.

«Les noms des secteurs situés de part et d’autre de l’autoroute sont alors inscrits sur les panneaux de destination, conformément aux orientations découlant des fusions municipales. Mais comme la majorité des secteurs sont rapprochés et concentrés autour de l’autoroute 55, la Ville de Shawinigan est considérée un milieu urbain.»

En pareil cas, le ministère opte pour l’identification des routes transversales sur les panneaux de supersignalisation, avec la possibilité d’identifier les noms des anciennes municipalités sur des panneaux de petite signalisation.