André «Rocky» Poulin

«Si je ne suis pas là, il n’y a plus de gala»

LA TUQUE — Le propriétaire du Club de boxe Les guerriers du ring de La Tuque, André «Rocky» Poulin, a été arrêté et accusé de harcèlement criminel en début de semaine. Il était de retour devant le Tribunal, mardi pour son enquête sur remise en liberté. La décision qui sera rendue par le juge, mercredi, pourrait avoir un impact sur le gala de boxe organisé le 11 mai à La Tuque dont il est le promoteur.

«C’est moi qui organise l’événement au complet monsieur le juge. C’est le 11 mai au Colisée Denis-Morel. J’ai plus de la moitié des billets de vendus. […] Si je ne suis pas là, il n’y a plus de gala. Je ne sais pas ce qu’il va arriver… », a fait savoir André Poulin lors de son témoignage au stade de l’enquête sur remise en liberté.

André Poulin a été accusé en début de semaine de deux chefs de harcèlement criminel et d’avoir omis de se conformer à l’ordonnance de probation à laquelle il était soumis.

L’accusé a nié en bloc les accusations de harcèlement vis-à-vis son ex-conjointe et le fils de cette dernière.

L’individu de 47 ans n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. D’ailleurs, le procureur de la Couronne a, entre autres, insisté sur ses nombreux antécédents judiciaires pour réclamer la détention de l’accusé pendant les procédures judiciaires. Il a fait remarquer 21 antécédents de bris de conditions ou de promesses.

«Il a beaucoup d’antécédents judiciaires et beaucoup en semblable matière. […] C’est toujours ou presque en matière de violence conjugale», a plaidé Me Éric Thériault.

«Les peines qu’il a eues dans le passé n’ont assurément pas fonctionné. Il n’a pas compris encore, il est encore dans le déni. Les peines bonbon n’ont pas répondu aux fins de la justice. La preuve, c’est qu’il est devant nous», a-t-il ajouté.

Le procureur de la Couronne a fait valoir que de libérer André Poulin minerait la confiance du public. Il a également indiqué que les infractions étaient graves et sur une assez longue période.

«Monsieur Poulin vit dans une bulle. Il essaie de faire du chantage avec son gala de boxe. Il essaie de manipuler le Tribunal comme il a tenté de manipuler son ex-conjointe. Ses antécédents parlent d’eux-mêmes», a noté Me Thériault.

Son avocate, pour sa part, a plaidé que les faits étaient interprétés dans l’optique de harcèlement alors que ça ressemblait plus à une histoire de chicane de couple pour des biens.

«Dans ces histoires-là, ce n’est jamais tout noir ou tout blanc […] Il y a des teintes de gris c’est certain et ce n’est pas vrai que mon client est dans le déni total. Ce qu’il nie c’est le harcèlement», a noté Me Mélanie Ricard.

Cette dernière a avoué que son client avait beaucoup d’antécédents judiciaires, mais a fait valoir qu’il avait complété une thérapie d’un an.

«Malgré ses antécédents, monsieur est présumé innocent», a-t-elle insisté.

«Il n’est pas venu faire du chantage, il vous a dit qu’il était fier et que des gens comptaient sur lui pour le gala de boxe. Il a besoin d’être là. […] Il n’y a pas eu de menaces directes. Je ne crois pas qu’on peut penser qu’il y a un danger pour madame».

Elle a demandé au juge de remettre André Poulin en liberté avec des conditions strictes et le dépôt d’un montant de 1000 $. André Poulin s’est dit prêt à respecter toutes les conditions.

«J’ai trop de choses à perdre», a-t-il fait valoir lors de son témoignage.

Le juge rendra sa décision mercredi.