Élyse Ménard, responsable de la division des permis, urbanisme et de l’environnement au Service d’aménagement et de développement du territoire; Michel Angers, maire de Shawinigan et Stéphanie Lajoie, urbaniste, ont présenté les grandes lignes du deuxième projet de schéma d’aménagement et de développement durable, mardi après-midi à l’hôtel de ville.

Vers une intégration complète du territoire

Shawinigan — Seize ans après la fusion municipale, la Ville de Shawinigan s’apprête à dévoiler son tout premier schéma d’aménagement et de développement durable. Le second projet a été adopté en assemblée publique mardi soir et les citoyens seront invités à une assemblée publique de consultation le 29 mai à 18 h, à l’Auberge Gouverneur.

Cette importante démarche vise à établir les axes prioritaires pour l’organisation du territoire, la conservation et la mise en valeur des ressources et la protection des milieux naturels d’ici 2030.

Depuis la fusion, le schéma d’aménagement de la Ville est basé sur celui de l’ex-MRC du Centre-de-la-Mauricie, qui remontait à... 1999.

Le premier projet de schéma révisé avait été adopté en juillet 2014. Il s’agit donc d’un très long processus, qui devrait aboutir vers une version finale en août. Par la suite, un nouveau plan d’urbanisme devra être adopté, ce qui provoquera des modifications aux règlements de zonage et de lotissement.

«C’est une démarche très importante, parce qu’elle nous permet de voir où on va», fait remarquer le maire, Michel Angers. «Un pas de géant a été fait sur l’orientation que nous avons décidée de nous donner. Il y a une vingtaine d’années, on se parlait de choses bien différentes.»

«Dans le contexte de l’ancien schéma, nous avions plusieurs municipalités indépendantes et plusieurs secteurs urbains différents», rappelle Stéphanie Lajoie, urbaniste à la Ville. «Comme nous refaisons le schéma d’aménagement dans une optique de territoire unifié, nous avons essayé de connecter nos territoires urbains pour avoir une zone unique, autant que possible.»

Le maire cite l’exemple du développement économique, dont les stratégies ont beaucoup changé depuis une vingtaine d’années. Les créneaux de diversification et le virage entrepreneurial imprègnent beaucoup plus les priorités d’aujourd’hui.

«Nous sommes passés d’une façon à une autre, d’une situation sociale à une autre», résume-t-il. «Notre document est aussi beaucoup plus concerté. Quand douze municipalités tentaient de s’entendre sur un schéma avec des réalités différentes de trois villes et neuf municipalités, j’imagine que ça ne devait pas être simple. De plus, au tournant des années 2000, le concept du développement durable était à géométrie variable. On se souciait un peu moins d’environnement qu’aujourd’hui.»

Grandes orientations
L’horizon 2018-2030 doit s’articuler autour de 22 projets stratégiques qui respecteront sept grandes orientations. Il s’agit de l’identité, des milieux de vie, de l’économie, de la mobilité, de la consommation, de l’environnement et de la sécurité.

Comme exemple de questionnement, M. Angers a spontanément cité le développement résidentiel autour du lac des Piles, une préoccupation exprimée maintes fois par des résidents au fil des années.

«Notre première préoccupation, c’est de conserver cette prise d’eau pour les 100 prochaines années», assure le maire. «Il n’y aura pas des choix sauvages de développement qui pourraient nous amener des taxes, mais qui, dans dix ou vingt ans, nous feraient regretter d’avoir fait un développement sans y avoir réfléchi. Le schéma d’aménagement vient préciser ces choses-là.»

Vers le 25 avril, les Shawiniganais recevront, par la poste, le résumé du second projet du schéma d’aménagement et de développement durable. Ils pourront ainsi se préparer à l’assemblée de consultation, qui sera présentée un mois plus tard. Ils pourront transmettre leurs commentaires avant le 5 juin.

La Ville avait déjà procédé à une consultation publique avant l’adoption du premier projet, en juillet 2014. Le document avait ensuite été transmis au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, dont les observations ont teinté la rédaction du deuxième projet.

«Nous avons fait quelques études supplémentaires, notamment des plans sectoriels, tel que le Plan de développement de la zone agricole», souligne Élyse Ménard, responsable de la division des permis, de l’urbanisme et de l’environnement au Service d’aménagement et de développement du territoire. «Nous avons retravaillé les grandes affectations à la suite des commentaires du ministère.»

Malgré l’avancement du processus, M. Angers assure que la consultation du 29 mai garde toute son importance, au-delà de l’obligation légale de l’organiser.

«Notre objectif sera de présenter le fruit du travail des quatre dernières années», convient-il. «On veut aussi entendre les commentaires. On ne fera pas une consultation bidon. On veut savoir si ça colle à la réalité des gens, à leur perception et si on est dans la bonne direction.»