La circulation de camions sur la 8e Rue et la 3e Avenue, dans le secteur Grand-Mère, alimente encore les discussions.

Vers un partage de la circulation?

Shawinigan — Le dossier de la circulation des véhicules lourds provenant de la carrière Maskimo commence à faire partie du paysage des assemblées publiques à Shawinigan. À nouveau le 18 décembre, quelques citoyens se sont déplacés pour connaître l’avancement de la réflexion des élus, qui n’ont toujours pris aucune décision pour le moment.

Pour s’assurer de bien se faire comprendre, Lyne Giguère-Savard avait dessiné un croquis de son environnement sur un carton blanc afin d’exhiber la situation aux élus. Elle observe que depuis quelques jours, les camionneurs empruntent plus souvent le chemin des Bois-Francs, en raison de travaux près de la voie ferrée.

Il s’agit de la seule alternative qui existe pour éviter le vacarme, les vibrations et les dangers de cette circulation aux résidents de la 8e Rue et de la 3e Avenue.

«Les gens s’en sont rendu compte et ça aide beaucoup», constate Mme Giguère-Savard. «Je me demande si les camionneurs aiment ce tracé!»

En tout cas, la conseillère du district du Rocher, Lucie DeBons, prendra des informations pour savoir si les résidents du chemin des Bois-Francs se plaignent d’une augmentation de la circulation des véhicules lourds.

Le maire, Michel Angers, répète qu’il n’est pas très chaud à l’idée de déplacer le problème d’un endroit à l’autre, même si la densité de population est plus faible dans ce secteur.

Au cours des dernières semaines, Mme Giguère-Savard a pris le temps de cogner aux portes pour recueillir des appuis. Elle a compté 91 maisons sur la 3e Avenue et 37 autres sur la 8e Rue, pour un total de 128 résidences qui subissent actuellement cette circulation selon le parcours habituel pour atteindre l’autoroute.

Or, sur le chemin des Bois-Francs, la citoyenne n’a recensé que 41 habitations.

«C’est facile de calculer combien il y a de contents et de mécontents!», résume-t-elle. «Ce n’est pas un calcul d’architecte ou d’ingénieur, mais de bon sens!»

Une démonstration qui n’a visiblement pas convaincu le maire.

«Personne ne veut avoir de camions qui passent devant chez eux», fait-il remarquer. «Il faut voir, avec Maskimo, la quantité de véhicules appréhendés. Il n’y a pas mille endroits pour sortir de là. Notre comité de circulation doit regarder ça.»

Évidemment, si les camionneurs empruntent de plus en plus le chemin des Bois-Francs, le conseil municipal craint que les résidents de ce secteur se présentent à leur tour en séance publique pour dénoncer cette cohabitation. La solution, réfléchit M. Angers, réside peut-être dans un partage de la circulation entre les deux issues, avec la collaboration de Maskimo.

«Ça fait partie des choses qui vont être regardées», glisse le maire. «Si on pouvait se partager les inconvénients du camionnage, ce serait une avenue très intéressante.»

Visite

Lors de la même assemblée publique, Jean Fugère s’est présenté au micro pour communiquer une observation. L’homme de 91 ans avait milité, entre 2006 et 2011, pour trouver une solution à l’intense circulation de camions sur la 3e Avenue. Il se désole de constater que le problème n’est toujours pas réglé.

M. Fugère raconte qu’il a récemment vendu sa maison, sur la 3e Avenue. Elle était évaluée à 138 000 $ et il l’a finalement cédée pour 95 000 $.

«C’est juste pour vous dire ce qui se passe», raconte-t-il. «J’ai vendu ma maison 45 000 $ sous l’évaluation municipale parce qu’il y avait du trafic lourd devant chez nous. On avait fait notre possible pour essayer d’avoir quelque chose, mais vous ne nous avez pas compris. Vous disiez que vous étiez pour vos citoyens et moi, j’ai eu ma réponse: j’ai mangé 45 000 piastres.»