Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Une première séance régulière à huis clos à Shawinigan

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le conseil municipal de Shawinigan a organisé sa toute première séance publique régulière à huis clos mardi soir, un exercice qui s’est déroulé rondement. En effet, il n’a fallu que 55 minutes aux élus pour liquider l’ordre du jour et répondre aux neuf questions adressées par le public par courriel.

Le maire, Michel Angers, a finalement dirigé cette séance seul dans la salle du conseil. Si le directeur général et la directrice du greffe et des affaires juridiques l’avaient accompagné comme prévu, une certaine résonnance aurait rendu l’exercice désagréable pour les citoyens qui assistaient à la retransmission de l’assemblée. Les deux hauts fonctionnaires étaient toutefois présents à l’hôtel de ville et ils apparaissaient à l’écran en compagnie des huit conseillers, tous confinés à leur domicile pour cet exercice.

À l’exception d’un petit pépin rencontré par le conseiller du district des Montagnes, Claude Grenier, au moment de l’adoption d’une résolution, tout s’est bien déroulé. La formule de la période des questions écrites a rendu l’exercice particulièrement expéditif.

Néanmoins, Michel Angers s’est visiblement ennuyé de ses citoyens.

«C’était tranquille!», a-t-il laissé tomber après la séance. «Ça a super bien été. Nous avions fait une petite pratique. Nous étions bien rodés.»

«Par contre, j’aime ça être avec le monde. J’aime quand il y a des gens dans la salle, quand il y a de l’interaction. Seul dans une salle, ça fait vide un peu. Depuis le début de la pandémie, je suis toujours devant un écran d’ordinateur, une caméra, une tablette. Moi, je suis habitué avec le monde.»

Le conseil a procédé à son habituel moment de recueillement malgré cette distanciation imposée. Le maire tenait à offrir ses condoléances aux familles éprouvées par la COVID-19 à Shawinigan. M. Angers a également profité de ce moment pour remercier le personnel soignant en cette période de crise.

Dans le même ordre d’idées, le maire a dû répondre à une question de Mathieu Tremblay, qui se demandait pourquoi la Ville avait autorisé le défilé organisé le 3 avril pour rendre hommage au personnel de l’Hôpital de Shawinigan, alors que le gouvernement du Québec venait de durcir le ton sur la nécessité d’éviter les rassemblements.

M. Angers a expliqué que la Ville avait été prise de court la semaine auparavant, lorsqu’une manifestation de solidarité organisée à l’endroit du CHSLD Laflèche avait provoqué des problèmes de circulation. Dans le secteur Shawinigan-Sud, il s’est donc assuré la collaboration de la Sûreté du Québec afin que ce défilé, déjà organisé, respecte les normes de distanciation physique. Plusieurs centaines de véhicules se sont alors rassemblés dans le stationnement de l’hôpital et la très grande majorité des participants sont demeurés à l’intérieur de leur véhicule.

«Ce n’est pas la Ville de Shawinigan qui a organisé cette activité», précise le maire. «Nous avons simplement voulu que ça se fasse de la meilleure façon possible.»

Conséquences

L’adoption de certaines résolutions et les réflexions des élus à venir sur de nombreux sujets donnent un aperçu de tout ce que la COVID-19 bouleverse depuis un mois.

En réponse à deux citoyennes qui se demandent quand le centre communautaire du secteur Beaurivage sera finalement construit, le maire a mentionné que ce projet était prévu en 2020 au programme triennal d’immobilisations, mais qu’en raison des circonstances actuelles, le conseil municipal procédera à une réévaluation des projets au cours des prochains jours.

«Il faut revoir tout ça en fonction de notre nouvelle réalité», indique-t-il. «Il faudra voir ce qu’on aura le temps de faire ou pas.»

Le conseil municipal s’attend à ce que le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation lui accorde une prolongation pour compléter l’aménagement de la Marina de Grand-Mère. Ces travaux devaient être terminés le 30 juin, mais mardi soir, les élus ont réclamé une nouvelle échéance, qui serait fixée au 30 novembre.

Le conseil municipal a également dû adopter un nouveau modèle de résolution pour désigner ses actes prioritaires. Ainsi, toute procédure qui implique le déplacement ou le rassemblement de citoyens, telle une demande d’approbation référendaire, est remplacée par une consultation écrite annoncée par avis public. Pas moins de huit règlements sont jugés prioritaires pour le moment, la majorité touchant des modifications de zonage.

«C’est une directive donnée à l’ensemble des municipalités», indique M. Angers. «À chaque séance du conseil, nous devrons déterminer les éléments prioritaires sur lesquels nous voudrons travailler.»

Cette directive demeurera en vigueur tant que le gouvernement maintiendra l’avis de distanciation sociale. Ce contexte a également incité le conseil municipal à adopter une résolution, en séance spéciale le 25 mars, qui accorde des pouvoirs exceptionnels au directeur général, Me Yves Vincent.

Cette résolution lui permet de «décréter toute mesure préventive, de contrôle et exceptionnelle en lien avec le maintien des services jugés essentiels et prioritaires, les conditions de travail des membres du personnel, ainsi que toute mesure compensatoire en vertu des ententes, la gestion contractuelle et toute autre mesure requise dans les circonstances».

«Ça permet de se retourner de bord rapidement pour tous les arrêtés ministériels», explique M. Angers. «Nous avons donc convenu de confier des pouvoirs spéciaux au directeur général, en consultation avec le maire.»