Le maire de Shawinigan, Michel Angers, au moment de prêter serment. À l’arrière-plan, les conseillers Josette Allard-Gignac, Martin Asselin, Jacinthe Campagna, Jean-Yves Tremblay, Claude Grenier, Nancy Déziel et Guy Arseneault.

Un tableau incomplet à Shawinigan

Shawinigan — La cérémonie d’assermentation du conseil municipal de Shawinigan s’est déroulée en fin d’après-midi, lundi, même si sa composition définitive ne sera pas connue avant encore quelques jours.

Défait par 17 petites voix dans le district du Rocher, René Fugère a finalement décidé de saisir la Cour du Québec d’une nouvelle demande de dépouillement, sur laquelle le juge devrait statuer dès mardi.

Depuis la fusion municipale, il s’agit d’une première. 

Le 5 novembre, Lucie DeBons, conseillère sortante du district du Rocher, avait obtenu 831 votes, contre 814 pour M. Fugère. Steeve Carrey avait terminé pas très loin derrière avec 698 voix. 

Jeudi, M. Fugère a déposé une demande pour un nouveau dépouillement. Elle s’est faite devant la Cour lundi matin et le juge a pris l’affaire en délibéré. Me Yves Vincent, greffier de la Ville de Shawinigan, s’attend à une décision dès mardi. Si la demande est jugée recevable, le nouveau dépouillement devrait s’effectuer assez rapidement. La première séance publique de ce nouveau conseil municipal est prévue le 21 novembre.

En attendant, les huit autres élus ont été assermentés selon la tradition, devant une soixantaine de parents, amis et directeurs de services dans la salle du conseil municipal. Pour le maire Michel Angers et cinq de ses conseillers, c’était du déjà-vu. Il s’agissait toutefois d’une première pour Jacinthe Campagna (de la Cité) et Claude Grenier (des Montagnes), qui ont battu les expérimentés Alain Lord et Serge Aubry le 5 novembre.

Les élus profitent généralement de cette cérémonie pour remercier leurs électeurs, mais aussi leur famille et leurs amis pour le travail abattu au cours de la dernière campagne électorale. Ils expriment aussi leur reconnaissance à leurs proches qui leur permettent d’assouvir leur passion pour le service public. 

Martin Asselin, conseiller du district des Boisés, s’est permis de remercier MM. Lord et Aubry pour leurs conseils lorsqu’il a été élu pour la première fois, en 2013. De son côté, Mme Campagna a tenu à souligner «l’accueil exceptionnel» qu’elle a senti auprès de ses collègues. «On prend toujours la place de quelqu’un, mais personne ne m’a fait sentir comme ça à mon arrivée», se réjouit-elle.

Quant à Michel Angers, il a d’abord rappelé quelques-unes des réalisations les plus importantes du conseil municipal au cours du dernier mandat. Communauté entrepreneuriale, réfection des infrastructures, mise aux normes du réseau d’eau potable, politique de réduction de la dette, processus d’administration continue des services, soutien au centre d’entrepreneuriat et au DigiHub lui sont venus à l’esprit.

«Au cours des quatre prochaines années, nous allons continuer à travailler à l’édification de notre maison», explique le maire. «Avec des murs solides, des fenêtres qui seront ouvertes sur le monde et une toiture qui résistera aux intempéries, parce qu’il y en aura sûrement. Nous devrons consolider nos acquis pour aller toujours plus loin.»

M. Angers s’est félicité de pouvoir compter sur une équipe de direction «extrêmement solide» pour guider le conseil municipal. Il a souligné également les nombreux partenariats économiques établis en Europe au cours des dernières années.

«La force de notre conseil et de toute notre communauté, c’est qu’à Shawinigan, personne ne travaille en vase clos», se réjouit-il. «Tous les organismes de la ville contribuent à l’effort collectif. Les gens d’affaires sont aussi au rendez-vous pour aller plus loin.»

Vendredi, une rencontre sur la fiscalité municipale est prévue. Lundi, autre séance de formation, cette fois sur les rôles et règlements, qui s’adresse particulièrement aux nouveaux élus. La première séance publique suivra mardi, avant d’amorcer un intense travail pour la préparation du budget 2018, qui sera adopté dans environ un mois.

«On va continuer notre programme de réduction de la dette, en nous tenant à un maximum de 16 millions $ en investissements», rappelle M. Angers. «Notre préoccupation sera de garder le compte de taxes le plus bas possible. Nous sommes conscients que les gens ont une capacité de payer et on va s’attarder à ça.»

Angers pas trop inquiet pour l’unité

Pour le moment, le conseil municipal de Shawinigan ne compte que deux nouveaux visages autour de la table. Le maire, Michel Angers, ne s’attend donc pas à colmater des fissures au cours des quatre prochaines années, insistant à nouveau sur l’importance de pouvoir miser sur une équipe unie et solidaire lors de son discours suivant son assermentation, lundi soir.

Entre 2013 et 2017, toutes les résolutions ont été adoptées à l’unanimité au conseil municipal de Shawinigan, une première depuis la fusion de 2002. Après sa victoire le 5 novembre, le nouveau conseiller du district des Montagnes, Claude Grenier, a profité de son allocution au Centre des arts pour rappeler que chaque élu était indépendant.

«Si dans l’avenir certaines décisions ne sont pas prises de façon unanime, cela ne veut pas dire qu’il y aura un manque d’harmonie au sein du conseil», a-t-il lancé, selon les propos rapportés par L’Hebdo du Saint-Maurice. «Ce sera plutôt l’expression sincère d’une variété d’opinions d’hommes et de femmes libres de s’exprimer.»

M. Grenier ne reniait pas ses propos lundi soir, après la cérémonie d’assermentation.

«Personnellement, je vais agir en fonction de mes valeurs», commente-t-il. «Si un sujet va à l’encontre de mes valeurs, je pense que je serai en mesure de m’affirmer. Nous avons un travail de fond à faire entre nous et ça, j’y crois. Je vais là pour travailler en équipe.»

«L’unité était palpable; on l’a bien vu», convient Jacinthe Campagna, nouvelle conseillère du district de la Cité, qui a assisté à plusieurs séances publiques au cours de la dernière année. «Je peux affirmer, après ma rencontre avec le maire, que ce sera toujours correct de dire ce que j’ai à dire. Je ne sens pas qu’il y a un modus operandi. Je sens que c’est très ouvert.»

Confiant en ses qualités de rassembleur, le maire de Shawinigan croit que le passé est garant de l’avenir. 

«Je suis arrivé en 2009 avec une équipe de huit personnes et ça a cliqué tout de suite», rappelle-t-il. «En 2013, j’ai vécu trois changements sur huit conseillers et ça a cliqué tout de suite. Je suis convaincu qu’en 2017, ça va cliquer tout de suite! Nous allons toujours travailler de la même façon, pour la communauté. J’entrevois quatre belles années devant moi.»