Le promoteur d'un nouveau projet domiciliaire au lac des Piles a reçu un accueil glacial de la part des citoyens.

Un projet domiciliaire fait des vagues au lac des Piles

Une fois de plus, un projet de développement domiciliaire au lac des Piles se transforme en patate chaude pour les élus de Shawinigan.
<p>Voici un exemple du type de maison pièce sur pièce en pin rouge qui sera construit au lac des Piles si la Ville autorise Carl Marchand à réaliser son développement domiciliaire.</p>
Le 10 mars, lors de l'assemblée de consultation sur la modification de zonage nécessaire pour la réalisation d'un projet d'habitation intégré de quatre millions $, une cinquantaine de résidents ont clairement manifesté leur opposition au projet, compliquant ainsi la réflexion du conseil municipal.
Carl Marchand, homme d'affaires bien connu de Shawinigan, souhaite construire et vendre neuf maisons sur un immense terrain de près de 55 000 mètres carrés. Ce lot appartient à Steve Fraser, un individu de 40 ans qui n'inspire pas confiance à plusieurs citoyens, tant en raison de ses frasques en speedboat que de son passé judiciaire. Les élus prétendent qu'ils ne tiendront pas compte de ces éléments dans leur évaluation.
Ce résident de Sainte-Flore avait été intercepté dans le cadre d'une opération policière, en novembre 2009. En juillet 2013, il avait toutefois été acquitté de tous les chefs d'accusation qui avaient été portés contre lui, notamment bris de condition, extorsion, menace, harcèlement et possession d'arme.
En 2007 et 2008, il avait plaidé coupable à des accusations de possession de haschich et de marijuana. Auparavant, ses antécédents criminels remontaient à 1992 et 1994, pour des délits liés aux stupéfiants et à des menaces notamment.
Sous cette trame, des citoyens ont aussi mentionné que M. Fraser n'incarnait pas le modèle du citoyen exemplaire par son comportement au lac des Piles, particulièrement avec son fameux speedboat. Il a toutefois profité de l'assemblée de consultation pour s'excuser de ses actes répréhensibles, tout en faisant remarquer qu'il avait vendu son bateau et qu'il naviguait maintenant de façon plus civilisée sur un ponton.
Cet acte de contrition n'a pas semblé attendrir les citoyens, visiblement très méfiants et même craintifs à l'endroit de Steve Fraser. Or, le promoteur, Carl Marchand, déplore qu'il doive payer le prix pour ce passé qui ne lui appartient pas.
«Il a fait des erreurs, mais ça vient faire quoi dans ce projet?», questionne-t-il. «J'ai su qu'il avait eu des accusations, mais je n'ai pas fait d'enquête sur lui. Il a des terrains et il me donne une opportunité de bâtir au lac des Piles.»
«Je ne veux me chicaner avec personne», ajoute M. Marchand. «J'aime travailler en harmonie et je veux garder ma crédibilité. Si les gens ne veulent pas me voir, j'irai travailler ailleurs! Je suis un constructeur et j'aime faire des choses constructives.»
M. Fraser reconnaît également avoir coupé des arbres sans permis au début du projet, une erreur qu'il met sur le compte de l'inexpérience. Il n'a toutefois écopé d'aucune condamnation pour avoir violé un règlement municipal, précise François St-Onge, directeur des communications à la Ville.
Partie remise?
Le projet chemine depuis deux ans et il a subi d'importantes modifications depuis sa première version afin de maximiser son acceptation sociale.
Au départ, le promoteur souhaitait construire une auberge, dix maisons et trois chalets locatifs sur le même emplacement, situé dans le secteur nord-est du lac des Piles. Le comité consultatif d'urbanisme a toutefois invité M. Marchand à réduire la densité de son projet, ce qui a mené au plan de neuf maisons présenté lundi dernier.
Visiblement exténué par la longueur du processus, Steve Fraser se réjouit toutefois du boulot abattu par la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, depuis son élection en novembre.
«Depuis qu'elle est là, ça bouge», s'encourage-t-il. «Après deux ans, il est temps que quelque chose se fasse!»
M. Fraser prévient qu'il n'a pas investi tout ce temps et cet argent pour regarder pousser les arbres sur son terrain. Si la Ville refuse le changement de zonage, il profitera simplement du règlement en vigueur pour construire une auberge, par exemple.
«J'accepte d'enlever un droit commercial pour avoir un droit résidentiel!», fait-il remarquer. «Il me semble que les citoyens devraient accepter ça! Plutôt que de dire qu'ils ne veulent pas du projet, ils devraient se dire que si je ne peux pas le faire, il y aura une auberge et je vais remettre un speedboat à l'eau. Là, ils auront une raison de me haïr!»