Des rencontres au sommet sont prévues aujourd'hui entre des représentants du gouvernement Marois et les acteurs socioéconomiques de la région de Shawinigan pour discuter de l'avenir du site de l'aluminerie Rio Tinto Alcan.

Un oeil sur la décontamination du site de Rio Tinto

Redoutant la vente du centre de coulée de Rio Tinto Alcan plus rapidement que prévu, Shawinigan citoyens avertis veut s'assurer que la multinationale acquittera ses obligations pour la décontamination du site industriel. Le nouveau regroupement ne veut surtout pas que la Ville se retrouve avec la facture.
Rio Tinto Alcan a toujours mentionné qu'elle souhaitait vendre son centre de coulée à Shawinigan, puisqu'elle quittera le boulevard Saint-Sacrement le 31 décembre 2014. La production d'aluminium a cessé à la fin novembre.
Dans un communiqué lancé la semaine dernière, SCA se demande qui héritera du dossier de la décontamination si RTA vend ses installations plus rapidement que prévu. Le groupe de citoyens pousse sa réflexion encore plus loin en appréhendant le pire si le nouveau propriétaire du site fait faillite quelques mois plus tard.
Porte-parole de SCA, Diane Borgia mentionne que ce questionnement vise à alerter la population pour qu'elle obtienne l'assurance que malgré un mauvais concours de circonstances, la Ville ne se retrouvera jamais avec la responsabilité de cette décontamination. Elle estime cette opération à 95 millions de dollars, une évaluation qui provient d'une «source sûre», selon elle.
Claudine Gagnon, conseillère principale, relations médias chez RTA, ne veut confirmer aucun montant.
«Les coûts varient d'un site à un autre, en fonction des besoins de repreneur», indique-t-elle. «De plus, ils demeurent confidentiels en raison de leur aspect compétitif.»
Par contre, dans un courriel, Mme Gagnon assure que «Rio Tinto Alcan fera ses devoirs, dans le respect des réglementations applicables.»
Selon un répertoire du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, il existe une grande variété de contaminants sur diverses parties du site de l'aluminerie. Des fluoruresprès des anciens bassins de décantation, des biphényles polychlorés (BPC) dans le secteur du redresseur de courant, de l'aluminium et des hydrocarbures pétroliers à l'usine de pâtes et au bâtiment 161.
Stéphanie Lemieux, responsable des communications à la direction régionale du MDDEP, souligne que RTA possède un délai de six mois après la fin des activités industrielles pour soumettre son rapport de caractérisation des sols.
La compagnie devra donc remettre cette étude à la fin mai au plus tard.
«Lors de la cessation d'une activité industrielle, la Loi sur la qualité de l'environnement prévoit qu'une entreprise est tenue de caractériser son terrain», explique-t-elle.
«Quand des contaminants sont présents au-delà de nos normes, elle doit soumettre un plan de réhabilitation, qui inclut des travaux de décontamination.»
Mme Lemieux convient que selon les informations disponibles, certains secteurs de l'aluminerie affichent un niveau de contamination supérieur aux normes.
«Tout porte à croire que des travaux de décontamination seront nécessaires. La caractérisation viendra préciser tout cela.»
Le processus s'amorce donc à peine, mais Mme Borgia réitère que mieux vaut prévenir que guérir.
«On veut s'assurer que RTA prenne ses responsabilités en faisant le nécessaire pour décontaminer le site», résume-t-elle. «Nous alertons la populationdes possibilités qui existent, qui sont réelles. Il faut veiller au grain!»