Fini les soucis financiers pour la restauration de l’église Saint-Paul à la suite du dégât d’eau de décembre 2016, grâce à la persévérance de plusieurs bénévoles, dont Françoise St-Hilaire (responsable du comité de réparation), Yvon Perreault (président du conseil de la fabrique Sainte-Marie-de-l’Incarnation), Guy Maurais (chargé de travaux) et Michel Venne (président de l’ex-fabrique Saint-Paul).

Tout est bien qui finit bien à l'église Saint-Paul

Shawinigan — Une enviable sérénité s’est installée à l’intérieur de l’église Saint-Paul, au point où le visiteur ne remarquera aucune trace des dégâts causés par l’emballement des gicleurs, le 21 décembre 2016. Les sourires sont également revenus sur les visages des nombreux bénévoles qui ont travaillé sur ce complexe dossier de restauration, qui vient de connaître son aboutissement avec l’émission du dernier chèque de Mutuelle Assurance.

Des membres de la fabrique Sainte-Marie-de-l’Incarnation, du comité des affaires économiques et du comité de levée de fonds se sont réunis mercredi midi pour faire un bilan des efforts déployés au cours des trois dernières années pour permettre à l’église Saint-Paul de garder la tête hors de l’eau. Avec quelque 25 000 visiteurs par année en raison de la présence de nombreux organismes tels que la Tablée des nôtres, l’ouvroir des Dames charitables ou les bureaux de la nouvelle paroisse, la condamnation de l’église n’a jamais vraiment été envisagée.

Par contre, ces bénévoles ont vécu des mois de forte tension, surtout après que l’assureur eut avisé qu’il souhaitait récupérer un montant de 90 000 $ sur les 363 200 $ versés en 2017. Au centre du malentendu, la fresque de Saint-Paul qui surplombe la nef, dont la réparation n’était pas couverte, selon les premières prétentions de La Mutuelle.

Richard Gaudreault, attaché politique du député François-Philippe Champagne, a mis son expertise en art au profit de la paroisse. Son argumentaire a fait la différence, reconnaît Yvon Perreault, président du conseil de la fabrique de Sainte-Marie-de-l’Incarnation.

«Beaucoup de travail a été fait en 2018 et en 2019, même si les réparations étaient complétées», explique-t-il. «Des interprétations étaient faites sur la grande fresque. Comme elle avait été peinte, l’assureur prétendait que c’était un tableau et que ce n’était pas couvert.»

«Il fallait démontrer que ce n’était pas une œuvre d’art, mais une représentation religieuse comme on en retrouve dans toutes les églises et qui vise à favoriser le recueillement, à créer une atmosphère», explique M. Gaudreault. «L’assurance ne payait pas s’il s’agissait d’une œuvre d’art.»

À tout le moins, ce différend a favorisé une lecture plus attentive du contrat, de sorte que le comité s’est aperçu qu’il pouvait réclamer une perte de revenus pendant la période de transition où les cérémonies religieuses étaient présentées au sous-sol de l’église. À ce moment, les quêtes n’étaient plus les mêmes. De plus, il n’y avait plus de funérailles, de mariages ou de baptêmes. Des frais indirects pour tout ce dérangement ont également pu être réclamés.

La première estimation de ces travaux s’élevait à 700 000 $, mais ce montant incluait une valeur de 300 000 $ pour refaire la fresque au complet. Pour le reste, l’évaluation s’établissait à 456 900 $. À la fin des travaux en mars 2018, le compteur s’est finalement arrêté à 414 200 $.

Quelques mois auparavant, l’assureur avait fait parvenir 363 200 $ pour ce sinistre, avant de réclamer le fameux montant de 90 000 $. Finalement, non seulement La Mutuelle a reconnu que les œuvres de Saint-Paul représentaient une fresque, mais elle a ajouté 14 200 $ pour les frais indirects et 25 800 $ pour compenser la perte de revenus.

«On ne savait pas ce qui s’en venait», se remémore Françoise St-Hilaire, responsable du comité de réparation. «Mais chacun avait les qualités dont nous avions besoin pour régler le dossier. Nous sommes dans une église, alors peut-être que le Christ y a vu!»

La campagne de financement annoncée en septembre 2017 a permis d’amasser 91 700 $, assez loin de l’ambitieux objectif de 250 000 $. Néanmoins, il s’agit d’un montant nettement suffisant pour couvrir le solde de 11 000 $ entre le coût des travaux (414 200 $) et la contribution de l’assureur (403 200 $).

«Le solde nous aidera certainement pour d’autres travaux à compléter», fait remarquer M. Perreault. La Fondation Saint-Paul sera également sollicitée, afin d’abaisser un peu la pression sur le paroissiens.

Parmi les nombreux projets sur la table, notons la restauration du fameux orgue Casavant, dont les coûts atteindront plusieurs dizaines de milliers de dollars. Ses problèmes remontaient avant le dégât d’eau de décembre 2016, mais ils ont été aggravés en raison des longs mois durant lesquels l’église n’était plus chauffée.

«Il est fonctionnel, mais il manque une note», mentionne Denis Jutras, marguillier de la communauté Saint-Paul. «Quand nous l’avons reparti après le dégât d’eau, une note accrochait. Nous avons fait venir quelqu’un pour le faire réparer. Les tampons devraient tous être changés, en raison de l’humidité.»

La fresque nécessitera aussi quelques retouches, sans compter le changement des fenêtres, la réparation des clochetons et les toitures. La fabrique s’attend à obtenir des aides financières du gouvernement du Québec pour ces travaux.

Une antenne dans le clocher

Dans une ère où les fabriques cherchent de nouvelles sources de revenus, celle de Sainte-Marie-de-l’Incarnation a découvert que la hauteur du clocher de l’église Saint-Paul pouvait lui apporter des bénéfices insoupçonnés. Elle possède une entente de cinq ans avec la firme de communication Rogers pour la location d’un espace pour une antenne-relais afin de faciliter la transmission de signaux de téléphonie cellulaire.

Un revenu supplémentaire de 900 $ par mois qui tombe du ciel, sourit Denis Jutras, marguillier à la communauté Saint-Paul. L’entente est entrée en vigueur l’été dernier, après environ un an de négociation.

«Notre église est patrimoniale, nous avons donc dû demander des autorisations», précise M. Jutras. «Il fallait bien examiner la structure et Rogers a nettoyé l’intérieur (du clocher). C’est un contrat de cinq ans, renouvelable.»

Au départ, l’antenne était prévue dans le secteur du club de golf Grand-Mère. Mais en voyant le clocher de l’église qui dominait ce secteur, Rogers a estimé qu’il s’agissait d’une tour tout aussi convenable, se réjouit M. Jutras.