Geneviève Boivin, directrice générale de Tourisme Mauricie.

Tourisme Mauricie convaincu du succès

Shawinigan — La directrice générale de Tourisme Mauricie, Geneviève Boivin, rappelle que cinq des six territoires de la région feront partie de la Route des brasseurs et qu’en ce sens, il s’agit d’une initiative qui peut être qualifiée de rassembleuse. À long terme, elle demeure convaincue que Shawinigan trouvera sa place dans ce circuit, qui ne sera pas exclusivement composé de microbrasseries, glisse-t-elle.

La colère du maire Michel Angers a résonné vendredi, à la suite de la décision du comité du Fonds d’aide au rayonnement des régions d’accorder une aide financière de 53 000 $ pour ce projet, même si le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie refuse d’intégrer le Trou du diable sur ce parcours. Il justifie cette décision par le fait que Molson Coors ait fait l’acquisition de l’entreprise shawiniganaise à pareille date l’an dernier, ce qui la disqualifie maintenant comme entité indépendante.

Mme Boivin explique qu’elle a tenté une approche auprès du Trou du diable, la semaine dernière, pour trouver une solution possible. Comme le responsable du développement des affaires, Isaac Tremblay, l’exprimait dans Le Nouvelliste vendredi, son équipe veut maintenant passer à autre chose.

«Nous avons une approche différente, qui est celle d’inclure Shawinigan sur la route et pas nécessairement Le Trou du diable», nuance Mme Boivin. «Ce qui importe, c’est que l’ensemble des territoires soient représentés. Au-delà de cela, ça deviendrait de l’ingérence. J’ai donc tenté une approche pour inclure Shawinigan, mais ça n’a pas été fructueux.»

La Route des brasseurs de la Mauricie sera donc bel et bien lancée en l’absence du Trou du diable et du Broadway Pub qui, par solidarité, refuse de faire partie de ce circuit promotionnel touristique même si cette microbrasserie répond aux critères. On peut évidemment se désoler de ces absences, mais Mme Boivin préfère voir le verre à moitié plein.

«D’emblée, je suis très optimiste et positive!», fait-elle remarquer. «Dans trois ou cinq ans, ce projet sera un vrai beau produit d’appel pour la région, j’en suis convaincue. Cet épisode sera derrière nous.»

«Des projets qui réunissent cinq territoires sur six en Mauricie, il n’y en a pas d’autres», souligne la directrice générale. «La Route des brasseurs, c’est probablement le projet touristique le plus régional que nous avons. La Route des rivières touche quatre territoires, le Chemin du Roy en touche trois... À cinq sur six, c’est le premier et le seul. Dans un monde idéal, on aurait voulu tout le monde, mais c’est quand même bon.»

De plus, Mme Boivin assure que Tourisme Mauricie ne mettra pas Le Trou du diable de côté parce qu’il est exclu de la Route des brasseurs, fait-elle remarquer. Ces installations demeurent tout aussi attractives pour les touristes.

«Quand nous rédigerons un blogue ou que nous ferons la promotion de cette route, on ne se gênera pas pour dire que la Route des brasseurs, c’est un beau projet avec de belles entreprises, mais si ça vous tente de faire un détour par Shawinigan, il existe deux autres belles entreprises. Nous sommes là pour mettre en valeur nos membres et la région.»

Un jour, Mme Boivin croit que tous les territoires seront représentés sur la Route des brasseurs.

«Je suis assez convaincue qu’on va arriver à inclure des entreprises de Shawinigan dans ce projet à moyen terme», prédit-elle. «Au départ, on veut mettre en valeur des microbrasseries de la région, mais pour en faire un projet touristique, ça va prendre d’autres attraits qui vont s’y joindre, de l’hébergement. Pour avoir un produit complet et structuré, ça ne prend pas seulement des places où on va boire! Shawinigan va être sur la route, mais ce ne sera pas avec le Trou du diable, de toute évidence. Nous allons toutefois travailler pour que l’ensemble des territoires soient présents, d’une façon ou d’une autre.»

Elle ne perd pas espoir non plus qu’un jour, le Broadway Pub se ravise et décide de joindre la Route des brasseurs de la Mauricie.

«Ils sont pris entre leur communauté locale, leurs élus, leurs partenaires, leurs gens d’affaires d’un côté et un projet régional de l’autre», observe-t-elle. «Ils viennent d’acheter cette microbrasserie, alors ce n’est pas le temps pour eux de faire de mauvais gestes politiques. Je ne veux pas leur mettre de pression.»