Depuis l'an dernier, la SPA Mauricie est hébergée sans frais dans des locaux de la Société de développement de Shawinigan situés dans le parc industriel Albert-Thibeault.

SPA Mauricie à Shawinigan: un modèle unique

La Ville de Shawinigan se sent parfaitement à l'aise avec le modèle de gestion consenti à la Société protectrice des animaux, mais il s'agit visiblement d'un cas rare à travers le Québec.
À Trois-Rivières, le conseil municipal accorde un montant de 400 000 $ pour la gestion de l'organisme, qui perçoit aussi des revenus pour divers services comme la vente de licences pour les animaux. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, martèle que ce modèle a fortement inspiré son administration.
«La Société protectrice des animaux nous a sollicités pour avoir ces conditions dès le départ», confie-t-il. «Certains besoins ont été établis, des évaluations ont été faites et nous sommes partis avec ça.»
«Auparavant, nous n'avions pas de revenus», ajoute-t-il. «Nous donnions le contrat et nous avions un service couci-couça. Maintenant, nous avons un service professionnel et on s'attend à ce que les revenus suivent. On va se retrouver dans la même situation qu'à Trois-Rivières. On veut bien faire les affaires, parce que c'est une responsabilité de la Municipalité. Nous sommes maintenant dans une dynamique complètement différente du simple contrôle animalier. Nous allons vers une approche d'adoption, de soins. Il y aura évidemment des euthanasies, mais ce sera fait par un vétérinaire, au prix que ça vaut.»
Va pour l'orientation du service, mais il reste que Shawinigan donne beaucoup à la SPAM pour qu'elle s'installe sur son territoire. Rappelons qu'à Trois-Rivières, l'organisme paye son hypothèque et ses taxes municipales pendant qu'à Shawinigan, il est logé sans frais par la SDS.
«Nous n'avons rien à voir par rapport au bâtiment», confirme Yvan Toutant, porte-parole à la Ville de Trois-Rivières. «S'ils étaient en manque de liquidité, ils devraient s'asseoir avec nous, au même titre que n'importe quel organisme en difficulté. Nous avons une entente avec eux et tant qu'ils la respectent, ça va.»
La SPA de Drummondville a implanté un local satellite à Saint-Hyacinthe, qui lui appartient. Elle ne bénéficie d'aucune gratuité et elle paie ses taxes à la Municipalité. Les deux parties sont liées par une entente de cinq ans, qui se terminera le 31 mars 2016.
La SPA s'occupe du contrôle animalier, de la fourrière, de l'application du règlement municipal. Les revenus de vente de licences appartiennent à la SPA, qui s'occupe aussi de l'euthanasie des animaux. En retour, la Ville de Saint-Hyacinthe accorde une aide financière de 92 925 $, plus taxes, à chaque année.
«L'aide est fixée en fonction de la population», émet Caroline Nadeau, du service des communications à Saint-Hyacinthe. «Nous jugeons que nous ne pouvons pas gérer ce service à même notre personnel.»
À Victoriaville également, le conseil municipal accorde un montant de 70 000 $ à la Société protectrice des animaux d'Arthabaska pour leurs opérations à chaque année. Il s'agit d'un contrat annuel, renouvelé depuis 2007. «Les revenus pour la vente de licences de chiens lui sont aussi accordés», précise Charles Verville, coordonnateur des communications à la Ville de Victoriaville. «La SPA s'occupe aussi de la capture d'animaux errants, des abandons, des adoptions d'animaux, des interventions avec les policiers, de l'application de nos règlements.»
Il existe donc des ressemblances avec l'entente de Shawinigan, sauf qu'encore une fois, la SPA d'Arthabaska possède ses propres locaux. Elle surveille aussi les activités du parc canin.
À Blainville, la Municipalité fonctionne présentement comme Shawinigan procédait avant l'entrée en scène de la SPA Mauricie. Patrouille canine GL a remporté le dernier appel d'offres et cette entreprise s'occupe du contrôle animalier sur le territoire, en collaboration avec les policiers.
Yves Meunier, directeur des communications à Blainville, mentionne que la possibilité que la Municipalité prenne ce service en charge n'a jamais vraiment alimenté les discussions.
«Ce n'est pas dans notre culture d'en prendre plus pour les services de cette nature!», lance M. Meunier. «Depuis dix ans, la croissance de la couronne nord de Montréal fait en sorte que beaucoup de services se développent. Même pour nos parcs canins, nous avons une entreprise privée qui s'occupe de l'entretien.»
Shawinigan a aussi choisi cette avenue. L'entreprise D-Pom-Li-Ouf s'occupe de la gestion et de l'exploitation des aires d'exercice situées au parc Frank-Gauthier du secteur Grand-Mère et au parc Multi-sports de Shawinigan-Sud.
Du côté de Rimouski, le contrôle animalier est assumé par une entreprise privée, Services aux petits animaux. La Ville procède simplement par appel d'offres, résume Monique Sénéchal, greffière à la Ville.