SPA Mauricie à Shawinigan: l'extension d'un service municipal

Même si la Société protectrice des animaux de la Mauricie profite de conditions généreuses à Shawinigan, l'administration municipale assure que l'objectif visé consiste à vendre le bâtiment à l'organisme lorsqu'il sera bien implanté.
En attendant, François St-Onge, directeur des communications, suggère que le contrôle animalier doit être considéré comme un service aux citoyens.
«C'est un peu le même genre d'entente qu'au centre de curling», explique M. St-Onge. «Nous avons une responsabilité sur la vie animale. Nous avons délégué à une organisation à but non lucratif, la SPAM, la gestion de cette responsabilité dans des locaux qui nous appartiennent. Un peu comme au club de curling, où on ne demande pas de payer des locaux pour la gestion d'un service dans un bâtiment qui nous appartient. C'est une entente de gestion pour un aspect de notre réglementation.»
Fort bien, mais le service était assumé par une entreprise privée pendant 28 ans avant ce nouveau partenariat. «Effectivement, c'était fait d'une façon pendant longtemps», convient M. St-Onge. «Mais nous avons standardisé le modèle qu'on applique déjà. Il fallait qu'il existe un organisme sans but lucratif capable de remplir ce mandat. Avec le temps, les choses évoluent et c'est pourquoi on se retrouve avec la SPAM.»
Le porte-parole ne croit pas que ce «modèle d'affaires» entre en compétition avec l'entreprise privée. «Ça remplit mieux nos critères et nos besoins selon la qualité que nous voulions obtenir», souligne-t-il. «Nous avions un problème à régler et nous l'avons fait avec un modèle qui existe déjà chez nous et qui a fait ses preuves.»
M. St-Onge précise que le montant de 375 000 $ versé annuellement représente une évaluation des frais de gestion, un montant qui pourrait être révisé après le dépôt des états financiers de l'organisme, tel que prévu dans l'entente. Cette dernière prévoit que la SPAM conserve la totalité des revenus générés, par exemple avec la vente de licences.
Propriétaire du bâtiment, la Société de développement de Shawinigan a dû procéder à des travaux pour modifier la configuration des locaux pour accommoder la SPAM. L'été dernier, un cautionnement de 600 000 $ avait été obtenu du conseil municipal à cette fin, un montant qui comprenait toutefois d'autres travaux prévus sur un immeuble de l'avenue de la Transmission. La Ville a aussi contracté un emprunt de 202 000 $ à son fonds de roulement pour l'acquisition de divers équipements pour la SPAM.
«Pour tout de suite, on s'est donné un service correct, à la hauteur des attentes des gens», souligne le maire, Michel Angers. «Ça équivaut à ce qui se fait à Trois-Rivières et à plusieurs autres endroits.»
Vérification faite, la SPA Mauricie est propriétaire de ses locaux à son siège social. Son compte de taxes en 2013 s'élevait à 43 906,93 $, payé rubis sur l'ongle, confirme Yvan Toutant, porte-parole à la Ville de Trois-Rivières.
Ce dernier assure que jamais la Ville n'a loué de locaux à la SPAM, encore moins gracieusement. Ni au nouvel emplacement du boulevard Saint-Jean, ni dans les vétustes installations sur Notre-Dame.
Euthanasie
La Ville de Shawinigan n'endossait pas les techniques d'euthanasie de l'Escouade canine mauricienne. En 2009, l'entreprise a abandonné le choc électrique pour se concentrer uniquement au monoxyde de carbone.
De son côté, la SPAM engage un vétérinaire à temps plein, qui dessert évidemment la place d'affaires de Shawinigan. Les euthanasies se font aussi dans un petit cabinet, au monoxyde de carbone ou par injection de barbituriques.
Cédric Paré, coordonnateur aux opérations de saisies au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, sursaute en prenant connaissance de la méthode d'euthanasie par choc électrique. Du même souffle, il précise toutefois que le Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens n'interdit formellement aucune pratique, en autant que la bête soit respectée.
«Par exemple, noyer des chatons cause de l'anxiété et de la douleur», illustre M. Paré. «Donc, ça ne respecte pas l'essence de l'article 43 du règlement.»
Pour le moment, il n'existe aucune technique vraiment proscrite, mais M. Paré s'attend à ce que Québec légifère sur les méthodes d'euthanasie acceptables chez les animaux.
«Présentement, il ne faut pas que ce soit cruel, ni douloureux, ça ne doit pas causer d'anxiété chez l'animal et ça doit provoquer une mort prompte», explique-t-il. «Si la méthode choisie respecte cela, ça respecte l'article 43. Mais un comité sur l'euthanasie vient de remettre des recommandations au ministre (François Gendron).»
Selon son expérience, M. Paré indique que la visite chez un médecin vétérinaire demeure la décision la plus sûre.
«Par injection de barbituriques, l'animal s'endort et décède par arrêt cardiaque», résume-t-il.
Extraits du règlement:
Art. 43: Lorsqu'un animal est euthanasié, son propriétaire ou son gardien doit s'assurer que les circonstances entourant l'euthanasie ainsi que la méthode employée ne sont pas cruelles et qu'elles minimisent la douleur et l'anxiété chez l'animal. La méthode d'euthanasie doit produire une perte de conscience rapide et irréversible, suivie d'une mort prompte. Le propriétaire ou le gardien doit également s'assurer que l'absence de signes vitaux est constatée immédiatement après l'euthanasie de l'animal.
Art. 44: L'euthanasie d'un animal doit se faire dans un endroit situé à l'écart des autres animaux.