Le maire de Shawinigan, Michel Angers, veut négocier une nouvelle entente avec la SPA Mauricie pour ses locaux du parc industriel Albert-Thibeault.

SPA Mauricie à Shawinigan: le conseil municipal veut changer de modèle

Shawinigan — Le bureau de Shawinigan de la Société protectrice des animaux de la Mauricie se retrouvera au centre de négociations avec la Ville au cours des prochains mois et s’il n’en tient qu’au maire, les conditions s’annoncent moins généreuses que lors de l’entente de service initiale dans le parc industriel Albert-Thibeault.

Lors de la dernière assemblée publique régulière, le conseil municipal a mandaté le directeur du Service de la sécurité incendie, François Lelièvre, à transmettre un préavis de non-renouvellement à la SPA au sujet de ce contrat. Il devra également «proposer une nouvelle entente entre la SPAM et la Ville».

En 2013, le conseil municipal de Shawinigan avait déroulé le tapis rouge pour attirer cet organisme. La Ville estimait alors que le service de protection et de contrôle animalier, assumé par l’Escouade canine mauricienne jusque-là, devait être amélioré.

La Société de développement de Shawinigan avait mis à la disposition de la SPA Mauricie des locaux dans le parc industriel du secteur Grand-Mère. La Ville lui prêtait aussi son système de répartition des appels, assumé par Communications Le Rocher. Elle s’occupait des principales dépenses d’entretien, des frais d’éclairage, d’électricité et de chauffage. En vertu de cette entente, la Ville accordait également un montant annuel de 375 000 $ pour la gestion du service à Shawinigan, sur présentation de factures.

Cette entente couvrait la période du 1er juillet 2013 au 31 mai 2018. Le contrat prévoyait qu’à son terme, il se renouvelait automatiquement aux mêmes conditions, à moins que l’une ou l’autre des parties transmette un avis écrit avant le 31 décembre 2017 pour manifester l’intention d’y mettre fin. Le conseil municipal s’est donc empressé de mandater M. Lelièvre pour procéder le 21 novembre.

Dès décembre 2014, Michel Angers confiait qu’il trouvait «que ça coûte très cher, cette aventure-là». L’année suivante, la Ville avait dû allonger 29 000 $ supplémentaires. Le maire déplorait vivement que ce service ne parvienne pas à s’autofinancer tel que prévu.

Compte tenu de ce que la Ville a observé au cours des cinq dernières années, il faut s’attendre à ce qu’elle négocie une entente un peu plus conventionnelle avec la SPA Mauricie.

«Ils ont comme dessein d’acheter le bâtiment et de donner un service plus large aux municipalités autour», avance M. Angers. «C’est la mission de la SDS, de passer éventuellement les immeubles (qu’elle loue). La SPA deviendra autonome. Nous prendrons une entente de service, comme avec les autres municipalités.»

La SPA Mauricie dessert actuellement Trois-Rivières, Shawinigan, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Boniface et Saint-Édouard-de-Maskinongé. M. Angers rappelle que la transition vers cet organisme sans but lucratif s’est effectuée dans un contexte particulier.

«Il y avait des coûts associés à ça», reconnaît-il. «Il y avait des enjeux et je souhaitais qu’on arrive à faire nos frais, comme on nous l’avait promis. Ça a tardé un peu. Il reste encore du travail à faire, mais en élargissant leur territoire, ce sera intéressant pour eux et ce sera intéressant financièrement pour nous aussi. Nous n’aurons plus à supporter le bâtiment et le reste, qui finissait par être assez onéreux.»

Le directeur général de la SPA Mauricie, Marco Champagne, rappelle que son organisation avait voulu faire preuve de prudence dans le cadre de sa première entente officielle avec la Ville de Shawinigan.

«On ne voulait pas prendre les bouchées trop grosses», illustre-t-il. «Nous sommes un OSBL. On voulait assurer notre intégration. Mais aux dernières nouvelles, on fait un excellent travail. Les élus semblent satisfaits de nos services.»

M. Champagne ne veut encore rien présumer sur l’issue de ces négociations. 

«Ça a toujours été dans les cartons que la SPA devienne, un jour, propriétaire de l’immeuble», convient-il. «Est-ce que ce sera l’an prochain ou dans les années qui vont suivre? Je n’en ai aucune idée.»

«Ça reste un dossier administratif», ajoute-t-il. «Nous n’avons pas encore eu de rencontre avec la Ville de Shawinigan là-dessus. Bien sûr, si j’étais dans la chaise de la SDS, je privilégierais la vente si j’avais cette option. Mais de notre côté, il faut assurer la pérennité de l’organisation. Tout dépend des chiffres!»