Les automobilistes ne respectent pas toujours la vitesse pendant les travaux sur le pont Marc-Trudel, ce qui incite la Ville de Shawinigan à demander l’installation d’un photo radar sur le chantier.

Shawinigan veut un radar photo

Shawinigan — Le conseil municipal de Shawinigan demande au ministère des Transports d’utiliser des moyens pour rendre plus sécuritaire le passage des véhicules sur le pont Marc-Trudel, où se déroulent d’importants travaux jusqu’à la fin 2020. Les élus suggèrent l’installation d’un radar photo sur ce chantier et une surveillance accrue de la Sûreté du Québec dans ce secteur.

Une résolution en ce sens a été adoptée lors de la dernière séance publique, le 12 février. Elle vient des observations du conseiller du district Val-Mauricie, Guy Arseneault, qui emprunte ce lien chaque jour dans le cadre de son travail. De plus, il préside le comité de sécurité publique, où le sujet a été abordé au cours des dernières semaines.

«Les élus ont demandé à la Sûreté du Québec si c’était une bonne idée d’installer un radar photo et nous avons eu une réponse affirmative», raconte M. Arseneault. «Depuis le début des travaux, on observe de la vitesse et ce n’est pas ce qu’on souhaite. Des contraventions ont été données.»

«Chaque fois que je passe, c’est hasardeux», ajoute le conseiller. «Quand le pont est enneigé, c’est un peu moins pire parce que les gens font attention. Mais quand on est sur l’asphalte, j’ai peur et je ne suis pas le seul.»

Aucun radar photo n’est installé actuellement en Mauricie. Émilie Lord, porte-parole du ministère des Transports, explique que la mise en place d’un cinémomètre photographique sur un chantier est soumise à un processus d’approbation moins lourd que sur des routes normales.

«L’installation de radars photos, fixes ou mobiles, doit être décrétée par le conseil des ministres», explique-t-elle. «Par contre, pour les zones scolaires et les chantiers routiers, c’est la prérogative de la Sûreté du Québec de décider où elle veut les mettre.»

À la SQ, la sergente Éloïse Cossette confirme que les forces de l’ordre ont été avisées de cette demande. Depuis le début des travaux, les policiers s’installent régulièrement aux abords du pont pour surveiller le comportement des automobilistes.

«Nous effectuons des opérations en sécurité routière plusieurs fois par semaine à cet endroit», commente-t-elle. «Les articles du Code de la sécurité routière qui sont appliqués portent particulièrement sur la vitesse et le fait de ne pas s’immobiliser aux feux de circulation.»

Rappelons qu’à certaines périodes, les véhicules roulent en alternance sur le pont dans chaque direction, notamment pour permettre à ceux d’une largeur supérieure à trois mètres de pouvoir traverser en toute sécurité. À ce moment, des feux de circulation sont activés et les automobilistes doivent évidemment les respecter. Quant à la limite de vitesse, elle est passée de 50 à 40 km/h depuis le début des travaux.

Au cours des derniers jours, le ministère des Transports a modifié sa stratégie pour assurer une meilleure fluidité. Lorsqu’il neige, des signaleurs travaillent à chaque extrémité du chantier entre 7 h et 19 h. Par la suite, les feux de circulation entrent en fonction, si nécessaire.

Mme Cossette rappelle qu’en cas d’infraction dans une zone de construction, les amendes et les points d’inaptitudes sont doublés.

Le conseil municipal de Shawinigan souhaite, à tout le moins, que le ministère des Transports libère «un budget permettant une surveillance accrue de la part de la Sûreté du Québec, et ce, pour toute la durée des travaux.»

Ce chantier a débuté à la fin novembre. La direction régionale du MTQ estime à 21 700 le nombre de passages sur ce pont chaque jour. La circulation demeure assez fluide, bien que des ralentissements se produisent occasionnellement aux heures de pointe.

Les usagers de la route ont connu quelques épisodes mémorables depuis le début des travaux, notamment à la fin janvier lorsque des nids-de-poule ont dû être réparés directement sur le pont. La circulation s’effectuait alors en alternance, provoquant ainsi un bouchon qui s’étendait sur plusieurs kilomètres.