Le prolongement de la rue des Bâtisseurs demeure la première étape à franchir avant l’aménagement d’un nouveau développement commercial et industriel sur l’ancienne piste de karting, dans le secteur Grand-Mère.

Shawinigan toujours en attente

Shawinigan — Malgré la compétition qui s’installe et le temps qui passe, le projet d’investissement annoncé en 2015 sur le site de l’ancienne piste de karting du secteur Grand-Mère respire toujours. Le promoteur, Développements GRD, s’attend à du mouvement au printemps.

La Ville de Shawinigan doit prendre son mal en patience dans ce dossier, car elle n’a pas encore pu livrer la partie de son engagement pour que s’amorce enfin la première phase de ce développement commercial et industriel. En effet, selon l’acte de vente signé le 4 janvier 2017, elle devait «entreprendre les travaux nécessaires au prolongement de la 28e Avenue (maintenant la rue des Bâtisseurs), et ce, afin de permettre un accès au projet de l’acquéreur». Pour remplir cette condition, la Ville doit obtenir l’approbation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques... qui se fait toujours attendre.

«Les certificats d’autorisation du ministère ne sont pas encore émis», mentionne Gaétan Béchard, directeur général de la Ville. «Nous en avons besoin pour l’ouverture de la rue et le prolongement des réseaux d’aqueduc et d’égout.»

Lors de cette transaction, une clause prévoyait que le promoteur devait commencer, dans les douze mois suivant la signature, la première phase de son projet. Faute de quoi, la Ville pouvait demander la résolution de la vente. Dans les circonstances, le maire, Michel Angers, mentionne que la patience demeure de mise. La Ville ne se prévaudra donc pas de cette option un an plus tard, puisqu’elle demeure dans l’incapacité, pour le moment, de remplir sa partie du contrat.

Ce projet suscitait bien des interrogations à l’automne 2015 parce que l’acquisition de l’ancienne piste de karting par la Ville, deux ans auparavant, avait étonné le milieu. Elle avait payé 437 000 $ pour mettre la main sur cette propriété appartenant à une compagnie à numéro présidée par Gabriel Genest.

Le 2 novembre 2015, la Ville dévoilait les grandes lignes du projet, lors d’une assemblée publique de consultation qui devait être organisée en raison de l’intégration d’une station d’essence dans ce nouveau développement, ce qui nécessitait une modification au zonage du secteur. Une certaine opposition s’était manifestée, mais finalement, la population locale avait approuvé le changement en janvier 2016.

Néanmoins, l’acte de vente entre la Ville et les Développements GRD n’a été signée que le 4 janvier 2017. Entre-temps, la propriété de l’ancien karting avait été divisée en cinq lots. La vente prévoyait que Développements GRD mettait la main sur deux de ces lots, pour un prix de 216 920 $.

Sur ces terrains, l’entreprise doit aménager une station d’essence, un dépanneur et un restaurant, de même qu’un immeuble de condos pour utilisation commerciale ou industrielle. La valeur de l’investissement doit s’établir à au moins 2,5 millions $.

Si le nouveau propriétaire rencontre ses obligations, il pourra se prévaloir d’une option d’achat à l’intérieur d’un délai de 24 mois sur les trois autres lots pour compléter son projet. La deuxième phase comprend un autre immeuble condo commercial ou industriel de même qu’un immeuble commercial, totalisant un investissement d’au moins deux millions $ sur deux lots, qui seraient acquis pour la somme de 179 000 $.

Sur le dernier terrain, le promoteur devrait construire un immeuble à bureaux professionnels et commerciaux, d’une valeur de deux millions $ également. Pour cette partie, le prix d’acquisition a été fixé à 224 280 $.

Toujours pertinent
La firme Développements GRD est présidée par Michel Constantin, un homme d’affaires de Saint-Lambert.

«C’est un investisseur dans le monde immobilier qui possède une expertise dans le domaine des pétrolières», précise Michel Dorval, qui agit comme consultant pour le promoteur.

Il confirme que le dossier ne peut pas bouger tant que le MDDELCC ne donnera pas son aval pour le prolongement de la rue des Bâtisseurs.

«On s’attend à une confirmation au début de l’année», précise M. Dorval.

Le consultant ne semble pas trop échaudé par l’inauguration d’un poste d’essence Petro Canada de l’autre côté de l’autoroute de l’Énergie, en décembre 2016, ni par un projet semblable qui doit prendre forme à l’intersection de la route 155 et du chemin des Navigateurs, dans le cadre de la première phase du Carrefour de la Saint-Maurice.

«Je pense qu’il y a de la place, avec l’étude de marché que nous avons faite», estime M. Dorval. «Tous les plans sont faits. J’espère bien qu’il y aura du mouvement au printemps.»

Une autre marina?

Michel Dorval agit aussi comme consultant pour le projet des Quais du Saint-Maurice, annoncé en grande pompe par un autre groupe d’investisseurs à l’automne 2013. 

Ce développement résidentiel et récréotouristique comprenait une marina avec 60 quais en location et quatre immeubles de condos-hôtels de 24 unités chacun.

Ce projet a très peu bougé depuis l’annonce, outre l’essentielle acquisition de terrains sur le bord de l’eau, au croisement de l’autoroute de l’Énergie et de la rivière Saint-Maurice. 

Par ailleurs, la Ville a décidé de miser sur le site de l’ancienne papeterie Laurentide pour aménager sa marina, avec l’aide des gouvernements fédéral et provincial. 

Pour le moment, M. Dorval assure que le plan initial est conservé, avec quelques nuances.

«Nous attendons toujours l’adoption du schéma d’aménagement de la Ville», confie-t-il. «Ce qui est prévu, c’est une marina privée. C’est sûr qu’il n’y aura pas une descente publique, vu que ce sera fait ailleurs. Mais on veut une marina privée pour ceux qui seront en location dans les condos-hôtels. Le projet est toujours sur la table, le financement est en place.»

Si les deux projets se réalisent, Shawinigan se retrouverait ainsi avec deux marinas, l’une publique et l’autre privée, totalisant près de 160 quais. À ce nombre s’ajouteraient les 70 emplacements déjà exploités au pied du pont de Grand-Mère. 

Au total, Shawinigan pourrait donc offrir 230 quais sur moins de deux kilomètres!

Le prolongement de la rue des Bâtisseurs doit également servir pour l’éventuel développement des Quais du Saint-Maurice, reconnaît M. Dorval. Sans cet accès essentiel, difficile d’entreprendre des travaux d’aménagement.

Lors de l’annonce, les promoteurs anticipaient des investissements de 32 millions $ pour les Quais du Saint-Maurice.

«Je crois toujours au projet», martèle M. Dorval. «Il y a une demande. Entre Montréal et Québec, on peut aller chercher des touristes.»