Pour le moment, la rivière Saint-Maurice se prélasse sous les doux rayons du printemps, mais les autorités suivent de près l’évolution de la crue.
Pour le moment, la rivière Saint-Maurice se prélasse sous les doux rayons du printemps, mais les autorités suivent de près l’évolution de la crue.

Shawinigan se prépare pour la crue

Shawinigan — En cette période de pandémie qui impose une distanciation physique entre les individus, la Ville de Shawinigan annonce qu’elle a ajusté ses méthodes pour se préparer à la crue printanière.

Par exemple, aucune séance d’information publique ne pourra être organisée pour les résidents des zones à risque. La Ville se gardera également d’offrir des centres d’hébergement pour permettre aux sinistrés de se rassembler, une pratique prohibée dans le contexte actuel.

Les riverains à risque sont donc invités à prendre immédiatement des mesures de prévention, par exemple en trouvant un endroit où s’héberger en cas de déveine. Le Service de sécurité incendie peut aussi fournir des conseils pour préparer des terrains ou des propriétés à d’éventuelles inondations.

Pour le moment, la Ville accorde une attention particulière au quartier Beau-Rivage, qui longe le Saint-Maurice, ainsi qu’aux rues Jarvis et Graham, en bordure du lac à la Tortue. Les citoyens de ces secteurs recevront une lettre ces jours-ci qui porte sur les mesures mises en place et quelques conseils préparatoires. La Ville possède également un inventaire de pompes et de sacs de sable pour intervenir rapidement.

Chez Hydro-Québec, Annie Beaudoin, conseillère aux communications, mentionne que les derniers relevés de neige, à la suite de mesures prises le 1er avril, démontrent un couvert supérieur à la moyenne pour cette période de l’année dans la majorité des secteurs du bassin versant de la rivière Saint-Maurice.

Comme toujours, les précipitations et la chaleur dicteront le rythme de la crue au cours des prochaines semaines.

«Il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’allure que pourrait prendre la crue printanière 2020», indique Mme Beaudoin. «C’est beaucoup plus les conditions météo au moment de la crue qui auront un gros impact sur le débit de la rivière.»

La porte-parole précise que les réservoirs du territoire ont atteint leur niveau minimal pour absorber la montée des eaux.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, précise être en contact avec le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Actuellement, le dégel lent et progressif rend la situation stable.

«Ça risque de bien aller, mais avec le contexte du coronavirus, il fallait annoncer à l’avance certaines mesures étant donné que nous ne pouvons plus faire de rassemblement», commente le maire.

«Nous sommes aussi en lien avec Hydro-Québec et pour le moment, tout semble sous contrôle. Le couvert de neige est élevé, mais compte tenu des prévisions de température, on ne s’attend à rien de particulier au cours des deux prochaines semaines. Par contre, on sait qu’à la fonte des neiges, la pluie est un facteur important. On suit ça de près.»

Pont Marc-Trudel

Le chantier pour la réfection du pont Marc-Trudel a été libéré le 31 mars en prévision de l’ouverture des vannes du barrage Almaville.

Le ministère des Transports avait obtenu une dérogation pour prolonger les travaux au-delà du 24 mars, malgré l'arrêt des chantiers décrété par le premier ministre François Legault. Le MTQ a donc bénéficié d'une semaine de plus.

«Il fallait sécuriser le chantier», explique Roxanne Pellerin, conseillère en communication à la direction régionale du MTQ.

«Il fallait retirer les équipements, la machinerie et tous les matériaux qui se trouvaient au niveau du lit du cours d’eau. Nous devions également mettre en place un empierrement de protection. Nous avons aussi pris le temps de stabiliser la charpente métallique. Nous étions en plein milieu de cette construction; il a donc fallu assurer la sécurité et la pérennité de ce que nous avions fait.»

En principe, la réfection du pont Marc-Trudel doit être terminée en décembre.

«En ce moment, autant pour l’échéancier qu’en termes de coûts, nous sommes dans l’inconnu en raison de la situation», fait remarquer la porte-parole. «Comme l’ensemble de la province, on suit la situation au jour le jour.»