Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se réjouit de la contribution de son personnel pendant la crise du coronavirus.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se réjouit de la contribution de son personnel pendant la crise du coronavirus.

Shawinigan salue la contribution de ses employés

Shawinigan — En plein cœur d’une crise sanitaire sans précédent, la Ville de Shawinigan a jugé nécessaire de prendre le temps de remercier ses employés syndiqués pour leur dévouement et leur collaboration par voie de communiqué, jeudi. Sans surprise, l’administration municipale a également confirmé que les mises à pied temporaires annoncées à la fin mars seraient maintenues au moins jusqu’au 4 mai.

La pause du congé pascal a visiblement inspiré l’administration municipale à prendre un moment de réflexion sur les bouleversements du dernier mois. Les 124 mises à pied annoncées le 26 mars ont beaucoup retenu l’attention, mais le maire, Michel Angers, préfère mettre en évidence la collaboration exemplaire de tous les syndiqués qui a rendu cette réorganisation possible.

«Nous avons souligné le travail du personnel soignant, de ceux qui nous alimentent, le courage des commerçants, mais nous sommes aussi à la tête d’une équipe qui donne des services essentiels à la communauté», explique-t-il. «La population continue à nous demander des choses.»

M. Angers cite spontanément l’exemple de la nouvelle usine d’eau potable du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, un équipement d’une complexité technique inouïe qui repose entre les mains d’une poignée de spécialistes. L’organisation du travail a dû être repensée pour éviter tout risque de contamination du coronavirus.

«Si l’eau potable faisait défaut, ce serait une crise majeure», rappelle le maire. «Ça prend donc une énorme discipline à ces gens pour être certain que personne ne contracte le virus. Nous avons séparé des équipes.»

«Nous venons de mettre cette usine en marche, alors il y a toutes sortes d’ajustements qui doivent être faits. C’est une surveillance constante. Il y a très peu de spécialistes du genre au Québec et notre procédé est unique.»

Au garage municipal, des employés ont été dispersés dans les secteurs Shawinigan-Sud et Grand-Mère pour favoriser la distanciation physique. Rappelons également qu’une cinquantaine de fonctionnaires municipaux apprivoisent le télétravail pendant cette période trouble.

Dans son communiqué, la Ville insiste particulièrement sur la contribution des syndicats qui représentent les cols bleus, les cols blancs et les pompiers. Le 26 mars, l’administration municipale avait relevé qu’elle n’était pas parvenue à s’entendre avec ses employés manuels pour des coupes supplémentaires, mais le maire assure qu’il ne s’en offusque guère.

«Ils ont tout à fait le droit de nous demander d’appliquer la convention collective», tempère M. Angers. «Les cols blancs ont décidé d’ouvrir leur convention collective, les cols bleus ont préféré garder leurs emplois réguliers. C’est correct et on respecte ça. Nos employés sont tous au travail.»

Il faut dire aussi que la notion de services essentiels a évolué depuis deux semaines à travers le Québec.

«Nous aurions probablement pu offrir moins de services utiles, mais nous avons décidé de nous réorganiser», mentionne M. Angers. «Nous allons balayer nos rues, réparer nos trous. Dans la question à savoir si c’est un service essentiel, le gouvernement nous dit que ça doit être essentiel, utile, important... Il laisse beaucoup de marges de manœuvre aux municipalités.»

«On peut réduire notre organisation pour les services vraiment essentiels», ajoute le maire. «Mais si partout, à travers le Québec, les Municipalités continuent à faire le travail qu’elles faisaient avant la crise, on n’est pas pires que les autres. Il y a du travail pour tout le monde chez les cols bleus, mais chez les cols blancs, quand la cour municipale ferme, quand il n’y a pas de loisirs au printemps, il faut faire des ajustements. On a quand même hâte de rapatrier tout notre monde.»

Quant aux pompiers, les négociations orageuses pour le renouvellement de la convention collective n’ont pas empêché le syndicat d’accepter des quarts de travail de 24 heures tous les jours pour limiter les changements de relève des équipes et ainsi, réduire les risques de contamination.

«Les pompiers ne changeront pas de caserne», indique M. Angers. «Ils respectent les règles strictes pour s’assurer de ne pas emmener de contamination à une caserne. Nous avons eu une parfaite collaboration de leur part.»

Étant donné que l’interruption de plusieurs sphères de l’activité économique est prolongée jusqu’au 4 mai, la Ville de Shawinigan confirme que les mesures déjà communiquées suivront le même calendrier. La réduction des effectifs municipaux est donc maintenue, mais aucune mise à pied temporaire ne s’ajoute à celles annoncées le 26 mars.

Les édifices municipaux demeurent fermés, mais le service aux citoyens est maintenu. Les modules de jeux dans les parcs sont interdits jusqu’à nouvel ordre, de même que les diverses installations de sports et loisirs.