Photo: Francois Gervais 25/08/15. Shawinigan, Digihub. Lancement de TAG Media Yves-Francois Blanchet

Shawinigan refuse la demande d'examen des biens invendus de TAG.Média

Shawinigan — La nouvelle tentative du regroupement Shawinigan citoyens avertis pour procéder à l’examen de l’inventaire des biens invendus de l’ancienne entreprise TAG.Média a rencontré un mur une fois de plus. Cette fois, c’est le greffier et responsable de l’accès à l’information à la Ville, Me Yves Vincent, qui a signifié, par écrit, que la requête «ne sera pas autorisée», dans une réponse acheminée le 12 janvier.

En décembre, Diane Borgia, dans sa dernière sortie publique à titre de porte-parole, avait demandé au maire la permission de visiter ces équipements de bureau, qui seraient entreposés au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins. Michel Angers lui avait suggéré de formuler sa requête par écrit, ce qui a été fait rapidement. Mais la réponse demeure la même.

«Vous comprendrez que la présente ne préjuge en rien du bien-fondé ou non de votre demande, mais sachez que le locateur, à savoir le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan, se doit d’agir raisonnablement dans le respect du libre usage des lieux occupés par ses locataires», écrit Me Vincent.

Rappelons que TAG.Média, un site d’information ligne qui a duré l’équivalent d’une saison, s’était entendu avec la Ville de Shawinigan en février 2016 pour une dation en paiement de 12 000 $ en échange d’articles de bureau, d’ordinateurs et autres. Cette valeur était comptabilisée pour aider les propriétaires de l’entreprise, Yves-François Blanchet et Marcel Ayotte, à rembourser une partie du prêt de 35 000 $ accordé par l’ex-Centre local de développement de Shawinigan pour la réalisation de ce projet éphémère.

Une demande d’accès à l’information a permis à SCA de savoir qu’une valeur de 4000 $ de ces biens avaient été vendus. Le regroupement cherche donc à savoir où se trouvent les équipements qui composent le solde de 8000 $. Mme Borgia avait même déposé une plainte pour vol de biens publics à la Sûreté du Québec en octobre, mais les policiers n’ont décelé aucun élément criminel dans ce dossier. Toujours pas rassurée, la porte-parole souhaitait que la Ville fasse preuve de transparence en autorisant l’examen des articles, sans succès.

L’histoire a rebondi une fois plus à la séance publique du conseil municipal mardi soir. Cette fois, c’est la nouvelle porte-parole, Catherine Durocher, qui s’est adressée au maire. Elle est particulièrement éberluée par la réponse fournie par Me Vincent pour expliquer ce nouveau refus.

«Ne trouvez-vous pas inconcevable, inadmissible, contradictoire et loufoque que le locateur, c’est-à-dire le Centre d’entrepreneuriat et la SDS (Société de développement de Shawinigan, propriétaire de l’immeuble) refusent à la Ville, qui occupe un local où sont entreposés des biens publics, la possibilité de faire visiter son local, sous prétexte qu’il doit agir raisonnablement dans le respect du libre usage des lieux occupés par ses locataires?», questionne Mme Durocher.

«Vous êtes supposés récupérer l’argent de la vente de cet équipement!», rappelle-t-elle. «Comment la Ville peut prétendre avoir agi avec rigueur et professionnalisme dans ce dossier? Pourquoi l’administration municipale, les fonctionnaires ou les élus ne font rien pour éclaircir la situation et dissiper tout doute quant à l’existence du reste des biens cédés en quittance au prêt consenti?»

Une fois de plus, M. Angers est resté de marbre sur cette question. «Tout a été dit sur ce dossier», avance-t-il. «Vous avez eu une réponse du greffier. Je n’ai rien à ajouter. Nous en avons discuté de long en large, de haut en bas. Tout a été fait dans les règles de l’art. À partir de là, vous pouvez m’en parler à chaque rencontre du conseil municipal, vous aurez toujours la même réponse. Tout a été dit sur le sujet. Des gens compétents s’occupent de ces choses. Ce qui avait été à vendre est vendu et si autre chose doit être vendu, ce sera vendu. Ce n’est pas aux membres du conseil municipal, au maire ou au directeur général de s’occuper de ce genre de choses.»