Me Yves Vincent, directeur général de la Ville de Shawinigan, se penche sur les mesures à prendre pour améliorer la traçabilité des sommes qui sont payées par les citoyens à l’hôtel de ville.

Shawinigan réévalue sa procédure: aucune trace d’un montant de 2660 $ payé par un citoyen

Shawinigan — La Ville de Shawinigan doit revoir certains processus administratifs pour les paiements effectués par les citoyens, plus précisément en ce qui concerne la traçabilité des montants versés au comptoir à l’hôtel de ville. Une employée temporaire a perdu son emploi au début de l’automne à la suite de la disparition d’une enveloppe de dépôt contenant un chèque de 1160 $ et 1500 $ en argent comptant.

Yvan Desaulniers s’est présenté au Service de l’aménagement, le 25 juillet, pour payer deux factures pour un dossier de lotissement sur sa propriété située sur le chemin des Chalands, dans le secteur Saint-Georges. Il paye d’abord un montant de 90 $ pour acquitter les frais de subdivision de son terrain. La Ville lui refile également une facture de 2660 $, une taxe pour les parcs et espaces verts appliquée selon la superficie de la propriété.

Vu l’ampleur du deuxième montant, M. Desaulniers retire 1500 $ en argent comptant, avec sa carte de crédit, et signe un chèque de 1160 $ pour honorer le solde. La préposée confirme la transaction en apposant le sceau du Service de l’aménagement du territoire sur la facture et en précisant les deux modes de paiement à la main. L’homme a évidemment conservé une copie de ce document.

En septembre, M. Desaulniers se prépare à partir pour la France avec sa conjointe, d’où elle est originaire. Il s’explique mal pourquoi son chèque de 1160 $ n’est toujours pas encaissé par la Ville de Shawinigan. Juste avant son départ, il se rend donc à l’hôtel de ville pour obtenir des explications.

Il est éberlué de constater qu’aucune copie de sa facture payée n’existe dans les registres. Il questionne des employés, qui ne semblent pas davantage pouvoir expliquer ce qui s’est produit.

M. Desaulniers et sa conjointe s’envolent finalement pour la France le 10 septembre et depuis ce temps, il tente d’éclaircir cette mystérieuse histoire à distance, sans succès. Son chèque n’a toujours pas été encaissé et il se demande où sont rendus les 1500 $ en argent comptant.

«À la Ville, on m’a confirmé qu’on n’avait plus la facture, ni l’argent, ni le chèque», témoigne le citoyen. «Quand je suis retourné au Service de l’aménagement, on m’a sorti la première facture de 90 $, mais l’autre n’était plus dans l’ordinateur. Une autre employée a sorti cette facture, mais ce n’était pas indiqué qu’elle avait été payée. La dame avait la face rouge comme une tomate!»

Inacceptable

Le directeur général de la Ville, Me Yves Vincent, reconnaît qu’il n’existe aucune trace du chèque en question ni de l’argent. Pour lui, il s’agit d’une situation inacceptable qui s’est soldée par le départ d’une employée temporaire en probation.

«Ce qui est clair, c’est que le dépôt n’a pas été retrouvé», commente-t-il. «Est-ce qu’il s’est retrouvé dans un dossier fermé, dans un classeur à quelque part? Va-t-on le retrouver dans deux mois et demi?»

Toutes les spéculations sont permises pour le moment, au grand dam de M. Vincent.

«Je suis incapable de faire la démonstration qu’il y a eu un vol, c’est clair», prévient-il. «On cherche une enveloppe de dépôt. Chose certaine, il y a eu un bris de confiance avec une employée en raison d’un manquement administratif dans la procédure. Si la procédure avait été appliquée parfaitement, on trouverait cette enveloppe!»

Styve Morand, président du Syndicat des cols blancs, a entendu la même explication.

«J’ai dit au directeur général qu’il fallait s’assurer que l’argent qui entre à la Ville aille dans les coffres de la Ville», déplore-t-il. «Ils ont fouillé partout et ils n’ont pas trouvé le chèque. Je ne peux pas comprendre ce qui s’est passé. A-t-il été déchiqueté? Il faut prendre les moyens pour ne pas que ça se répète.»

Le directeur général confie qu’il révise actuellement la manipulation des montants déposés.

«Nous avons une procédure de dépôt et de traçabilité des sommes qui circulent à l’hôtel de ville jusqu’au département des finances», résume-t-il. «Dans ce cas, il y a un trou noir. Un rapport de dépôt n’a pas été fait selon les normes et ça, c’est tolérance zéro. Nous devons réévaluer nos processus et nous allons les resserrer d’un cran.»

Autant Me Vincent que M. Morand assurent que c’est la première fois qu’une histoire du genre est portée à leur attention à Shawinigan.