La circulation à double sens reprendra-t-elle un jour sur l’avenue de Grand-Mère? Il s’agit de la position privilégiée par le conseil municipal de Shawinigan, mais les commerçants et les citoyens devront se mobiliser s’ils souhaitent l’abandon du sens unique.

Shawinigan n’imposera rien

SHAWINIGAN — Déçu de la participation des commerçants lors d’une assemblée d’information le 9 mai dernier, le maire de Shawinigan, Michel Angers, croit qu’il ne vaut plus la peine de discuter de la circulation à double sens sur l’avenue de Grand-Mère, à moins que le milieu réclame une nouvelle rencontre.

Au printemps, les élus avaient invité les gens d’affaires locaux à une réunion pour échanger sur le projet de marina, qui prendra forme sur les terrains de l’ancienne papeterie Laurentide au cours de la prochaine année, de même que sur la pertinence de transformer l’avenue de Grand-Mère et la 5e Avenue en voies à double sens. Or, une vingtaine de personnes s’étaient déplacées à cette occasion, alors que 170 avaient été invitées.

À ce moment, un vote avait été pris parmi les participants. Neuf représentants accueillaient favorablement le retour à la circulation à double sens sur ces deux artères, alors que quatre s’étaient prononcés contre cette idée.

Lors de l’assemblée publique régulière du conseil municipal le 21 août, André Grosleau a voulu savoir ce que la Ville entendait faire à la suite de cette consultation peu représentative. Le maire, Michel Angers, laisse entendre que jusqu’à preuve d’avis contraire, ce dossier était classé dans la filière 13.

«L’objectif poursuivi était de revitaliser l’avenue de Grand-Mère», rappelle-t-il. «Nous voulions consulter les commerçants dans un premier temps, pour voir s’ils étaient ouverts ou non à la possibilité de remettre la circulation comme c’était avant.»

«La tendance, à travers le Québec, fait en sorte que si on veut revitaliser les avenues commerciales, on les met à double sens. On ralentit la circulation et on permet aux visiteurs qui sortent de l’autoroute de passer devant les commerces.»

M. Angers reconnaît que personnellement, il privilégiait cette voie. L’aménagement de la marina et du parc riverain changeront le profil du secteur, croit-il.

«Je prédis un achalandage monstre!», avance-t-il. «Simplement pour venir voir, venir manger. Un hôtel sera là éventuellement, un grand parc, la tour avec peut-être des projections et un mur d’escalade, toutes sortes d’activités. Ce sera un endroit fabuleux! Il viendra du monde de partout et je souhaitais simplement faire passer les gens par l’avenue de Grand-Mère pour que les commerçants puissent en profiter.»

La faible participation à l’assemblée d’information lui indique toutefois que chez les principaux concernés, il ne s’agit pas d’une priorité.

«On s’était dit que si les commerçants voulaient le retour du double sens, tant mieux et s’ils n’en voulaient pas, tant mieux également», résume le maire. «On ne fera pas de bataille là-dessus.»

Avec 13 représentants de commerce sur une possibilité de 170, le maire estime que le message ne laisse place à aucune ambiguïté.

«À la rencontre d’information, il y avait plus de gens de la Ville que de commerçants!», illustre-t-il. «J’avais des employés des travaux publics, pour la réglementation, les élus... Plein de monde pour rencontrer les gens, mais ils ne sont pas venus.»

«Le conseil a jugé que c’était nettement insuffisant comme nombre de participants», conclut-il. «Possiblement qu’on aurait rencontré les citoyens également, mais dans le contexte actuel, compte tenu du peu d’intérêt démontré lors de cette soirée, pour tout de suite, nous allons laisser ça comme ça. Si des commerçants ou des citoyens souhaitent reprendre ce débat, ils pourront toujours nous interpeller. Nous sommes toujours à l’écoute.»