À Shawinigan, le maire Angers croit que la valse-hésitation du gouvernement du Québec dans le dossier de la fluoration de l'eau potable parle d'elle-même.

Shawinigan dit non à la fluoration

Pendant que le débat sur la fluoration de l'eau potable divise le conseil municipal de Trois-Rivières, la question n'a pas ébranlé les colonnes du temple à l'hôtel de ville de Shawinigan. Le maire, Michel Angers, mentionne que le dossier a été effleuré au cours des derniers mois et qu'à la lumière de ces brèves discussions, le conseil municipal ne voyait pas la pertinence de se lancer dans ce processus.
La question méritait d'être soulevée, puisque la Ville s'apprête à investir autour de 70 millions $ pour se conformer au Règlement sur la qualité de l'eau potable. Ce dernier demande aux administrations municipales de traiter les eaux de surface. Rappelons que les lacs à la Pêche et des Piles constituent les deux principales sources d'approvisionnement à Shawinigan.
Dans le contexte où deux usines de traitement devront être construites, le conseil municipal aurait pu profiter de l'occasion pour procéder à la fluoration de son eau potable. Surtout que le gouvernement du Québec encourage cette voie, en raison des retombées positives pour la santé dentaire.
En 2005, le ministère de la Santé et des Services sociaux souhaitait faire passer la proportion de la population ayant accès à une eau fluorée de 8 % à 50 % en 2012. Elle se situe maintenant à 3 %.
Malgré tout, dans le cadre de la commission parlementaire organisée l'an dernier sur la fluoration de l'eau potable, le ministre Réjean Hébert se déclarait favorable à cette mesure, principalement pour la prévention de la carie dentaire. Le Parti québécois prévoyait pourtant l'interdire dans son dernier programme électoral.
Au terme de cette commission parlementaire, le rapport recommandait notamment de laisser aux Municipalités le soin de prendre la décision d'ajouter ou non du fluor à leur eau potable. Le directeur national de la santé publique réitérait son objectif de permettre l'accès à une eau fluorée pour la moitié de la population dans un horizon de cinq ans.
À Shawinigan, le maire croit que la valse-hésitation du gouvernement du Québec parle d'elle-même.
«À première vue, on ne voit pas beaucoup d'avantages à la fluoration de notre eau», commente M. Angers. «Si le gouvernement du Québec était vraiment sérieux dans ses dires comme quoi c'est vraiment une bonne chose, s'il était convaincu que c'est une nécessité, il l'obligerait. Ça ne le gêne pas de nous imposer des réglementations, des lois. Or, dans la fluoration de l'eau, il nous dit de faire ce qu'on veut.»
Le maire ajoute que de toute manière, à quoi bon investir autant d'énergie et d'argent pour des motifs de santé publique quand une très infime partie de l'utilisation de l'eau potable sert à la consommation humaine.
«Dans ce contexte, est-ce que ça vaut la peine d'investir des montants pour la fluoration?», questionne-t-il. «Ça représenterait une perte pour 97 % de notre utilisation.»
Municipalités qui participent au Programme québécois de fluoration de l'eau
- Richmond
- Dorval
- Pointe-Claire
- Montmagny
- Lévis: quartier Saint-Romuald
- Saint-Georges
- Châteauguay
- La Prairie
- Trois-Rivières (programme actuellement en suspens)