Jacques St-Louis a témoigné des pénibles conséquences des inondations.

Shawinigan: des sinistrés veulent des réponses

SHAWINIGAN — Une semaine après avoir été victimes de débordements d’eau, les résidents des rues Philibert-Dumas et Cyprien-Ducharme à Shawinigan veulent des réponses de la Ville. Ils se sont présentés en très grand nombre mardi à l’assemblée publique du conseil municipal avec l’espoir d’enfin connaître la source du problème.

Les résidents concernés étaient si nombreux que des chaises supplémentaires ont été installées. Si normalement une quinzaine de personnes assistent à l’assemblée publique du conseil municipal de Shawinigan, on dénombrait près de 70 citoyens mardi soir. La grande majorité des personnes présentes y étaient pour les inondations des sous-sols des rues Philibert-Dumas et Cyprien-Ducharme.

Les 29 et 30 avril de même que le 1er mai dans certains cas, les sous-sols d’une quarantaine de maisons de ces rues du secteur Shawinigan-Sud ont été inondés. Certains résidents ont même été réveillés en pleine nuit par l’eau qui s’infiltrait dans les sous-sols.

Pour ces résidents, dont certains habitent le quartier depuis une vingtaine d’années, il s’agissait d’une première mésaventure avec des inondations. Ceux-ci résident après tout dans un quartier en hauteur loin des cours d’eau.

«Chaque année, on a de la pluie et des neiges abondantes. Mais c’est la première fois que ça arrive», a affirmé mardi soir devant le conseil municipal Jacques St-Louis, un résident de la rue Cyprien-Ducharme.

«Ça fait une semaine que les sinistrés sont dans les travaux. On doit enlever les bas des murs, sécher les sous-sols et faire le grand ménage. Il s’agit d’une situation très pénible.»

Sylvie Lefebvre est une des dernières résidentes du secteur à avoir subi les inconvénients des inondations. Elle a vivement dénoncé la réponse qu’elle a eue de la Ville lorsqu’elle a téléphoné le 1er mai en soirée pour indiquer qu’elle avait de l’eau dans son sous-sol. «Je me suis fait dire que le réseau était plein et de rappeler le lendemain», a-t-elle mentionné aux élus en disant aussi craindre désormais pour sa sécurité.

«Pour la première fois depuis que j’habite à cet endroit, je mets en doute ma sécurité.»

Par ailleurs, un des résidents du secteur se disait inquiet des conséquences des dégâts d’eau sur l’évaluation de sa maison. D’autant plus que certaines affiches annonçant des maisons à vendre ont été retirées depuis les inondations. Les derniers événements ne sont pas propices aux transactions immobilières dans ce secteur de Shawinigan-Sud, s’est-on fait dire par quelques sinistrés.

Jean-Francois Nault, un des nombreux sinistrés qui a pris la parole.

«Ma maison vient de prendre un coup. Il va falloir que je dise aux acheteurs si je vends qu’il y a eu de l’eau. Ça va faire baisser sa valeur», s’inquiète Robert Poirier, un résident de 71 ans de la rue Cyprien-Ducharme.

Très nombreux à l’hôtel de ville mardi soir, les sinistrés souhaitent obtenir des réponses. Ils veulent connaître les causes des inondations, mais aussi ce que la Ville va faire pour corriger la situation.

D’emblée, le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’est montré empathique. «Le conseil municipal est très sensible à votre situation», a-t-il déclaré en réponse à une question du public.

Le maire affirme que les travaux publics ont réagi rapidement en construisant une digue dès le lendemain du début des débordements. «Assez rapidement, des mesures ont été prises pour endiguer le problème», a noté Michel Angers.

Une semaine après les inondations des sous-sols, la cause du problème demeure toutefois inconnue. La Ville a d’ailleurs embauché un hydrologue pour déterminer sa source. Ce dernier a déjà commencé ses analyses.

«Personne ne s’attendait à ce que ça vous arrive. Lorsque ça n’arrive pas durant 20 ans, on ne s’attend pas à ce que ça se produise», a précisé le maire.

Plusieurs résidents estiment par contre connaître l’origine du problème. Un nouvel ensemble résidentiel situé à proximité aurait, selon plusieurs, causé une surcharge du réseau d’évacuation des eaux de pluie. «On est allé aviser la Ville l’automne dernier des risques que cette situation entraînerait», a confié Dany-Lyne Monfette, une résidente du secteur. «Et bien, on a bien vu ce que ça fait au printemps.»

Une fois la source du problème identifiée, le maire assure que la Ville ira de l’avant avec les travaux nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a assuré aux sinistrés que la Ville allait déterminer la cause du problème et le corriger.

Une première captation télévisée
Par ailleurs, l’assemblée du conseil municipal a été captée par des caméras pour la première fois. À l’instar de la Ville de Trois-Rivières, Shawinigan met de l’avant la diffusion en direct des séances du conseil. Cogeco est responsable de cette captation vidéo. Mardi soir, il s’agissait toutefois d’une captation dans le but de faire des tests. «Si tout va bien, nous allons procéder à la diffusion des assemblées du conseil municipal dès le mois prochain», a précisé le maire de Shawinigan, Michel Angers. «Nous voulons informer ainsi mieux les citoyens.» Une modification des règles du fonctionnement des séances publiques du conseil municipal a dû être adoptée afin de permettre cette télédiffusion. Les assemblées publiques seront diffusées en direct sur la chaîne NousTV.